Dossier Laméca
Arts visuels en Caraïbe.
Un parcours découverte de 1943 à nos jours
OUVERTURE CUBAINE - WIFREDO LAM (1943)

"La Jungla" par Wifredo Lam, gouache sur papier marouflé sur toile, 239,4 × 229,9 cm, 1943, collection du Museum of Modern Art (MoMA), New York (USA).
1960 est une année importante dans l’histoire de la littérature, des arts et pour la Guadeloupe avec l’attribution du prix Nobel de littérature à Alexis Leger, dit Saint-John Perse, né à Pointe-à-Pitre en 1887. Le motif de cette distinction est justifié par « l’envolée altière et la richesse imaginative de sa création poétique, qui donne un reflet visionnaire de l’heure présente ». Il ouvre ce dossier comme une invitation au voyage et à la découverte des arts visuels de la Caraïbe à compter du début des années 1960 et jusqu’à nos jours ; c’est aussi un aperçu non exhaustif des esthétiques du divers sur nos mémoires et nos identités dont il sera question dans ce partage. Ici, je pratiquerai peu la critique d’art plutôt la contextualisation et l’évocation des grands axes de création de tous ces artistes pour vous donner envie d’aller voir, visiter des expositions, lire des catalogues ou des publications en ligne en fonction de ce qui aura retenu votre attention, regard et votre cœur d’amateur d’art.
Il faut commencer par la période où le plus grand artiste de la Caraïbe, le cubain d’origine chinoise Wifredo Lam (1902-1982), déjà présent dans la collection du MoMA (Museum of Modern Art) à New York depuis 1945 avec « La jungla » (1943), réalise des gravures pour illustrer les albums de poésie de ses amis Aimé Césaire, Edouard Glissant, André Breton, René Char et bien d’autres surréalistes. La Jungla, huile sur papier marouflé sur toile aux dimensions impressionnantes de 239,4 x 229,9 cm est sans conteste l’œuvre phare des arts visuels de la Caraïbe, réalisée sur du Kraft d’emballage recyclé après son retour à Cuba en 1941, papier qui a traversé les mers de Marseille à La Havane en passant par la Martinique. Les références au cubisme, aux plantations sucrières de son île et aux conséquences de l’esclavage sur les populations déplacées ont fait de cette œuvre majeure un exemple de polysémie qui va irriguer toute la création caribéenne de Manuel Mendive Hoyo, à Jean-Michel Basquiat jusqu’à des artistes contemporains comme Ronald Cyrille et d’autres. Les longs bras et longues jambes des coupeurs de canne rentrent dans le vocabulaire plastique de toute la Caraïbe et n’ont pas fini de rendre visibles les invisibles de cette économie coloniale.
Si vous pouvez voir La Jungle (1943) au Museum of Modern Art, vous verrez, c’est une expérience inoubliable face à une œuvre fondatrice de la peinture en Caraïbe.
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SOMMAIRE
Ouverture cubaine - Wifredo Lam (1943)
BARBADE - Ras Ishi Butcher (2003)
BARBADE - Ras Akyem Ramsey (2004)
BARBADE - Alberta Whittle (2022)
CUBA - Manuel Mendive Hoyo (2009)
GUADELOUPE - Michel Rovélas (2013)
GUADELOUPE - Richard-Viktor Sainsily Cayol (2002)
HAÏTI - Hervé Télémaque (1993)
HAÏTI - Edouard Duval-Carrié (2013)
JAMAÏQUE - Ebony Grace Patterson (2009)
MARTINIQUE - Ernest Breleur (2008)
TRINIDAD & TOBAGO - Leroy Clarke (1970)
Clôture ouverte...
Bibliographie
Conférences audio
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par Nathalie Hainaut
© Médiathèque Caraïbe / Conseil Départemental de la Guadeloupe, avril 2026

