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par
Daniel VERBA, Maître de
conférences de sociologie, Université Paris XIII,
avec son aimable autorisation.
Les dessins sont l'oeuvre d'ELKIA.
Cet article a été publié dans
Interseçoes, Revista de estudos interdisciplinares, Université
de Rio de Janeiro, juillet-décembre 2000, p.111-131.
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©
Elkia
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Avant
d'être un objet d'étude qui pendant plusieurs années mobilisa
toute mon énergie, les steelbands de Trinidad constituèrent
d'abord une expérience esthétique sans égale qui fut pour
moi une source d'émotions durables et un voyage passionnant
dans l'univers de la musique caraibéenne. Ainsi au risque
de déroger aux rituels académiques, je souhaitais faire partager
au lecteur, de manière anecdotique, cette première expérience
des steelbands que je fis en février 1981 : |
Port
of Spain, la nuit. Après une longue et éprouvante montée en voiture
sur la colline du Laventhill où des mansardes de tôle ondulée
s'accrochent en grappes de misère le long d'une route chaotique
et dangereuse, nous parvenons à un vaste terrain vague qui domine
toute la ville. La Savannah, le grand parc public de Port of Spain
où se déroulent les compétitions du carnaval ressemble, vue du
haut, à une immense citerne noire ceinturée de lumière. Lorsque
l'on s'approche du terrain vague où répète le steelband, on est
d'abord saisi par le martèlement des basses que l'on prend pour
la pulsation d'une sono. Puis très vite surgissent des petits
lampions multicolores, posées en guirlandes sur d'étranges chariots
d'acier, sentinelles chromées devant lesquels des badauds ondulent
en rythme, comme aimantés par les reflets argentés des bidons.

©
Elkia
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La
musique se fait plus claire, plus distincte. On perçoit
alors mieux toute la richesse harmonique qui s'échappe
de cette cohorte métallique exclusivement constituée de
bidons de pétrole, plus de quatre cents pour les plus
grands orchestres, derrière lesquels s'affaire une centaine
de musiciens emmenés par une puissante section rythmique.
Cent musiciens qui semblent prolongés par leurs baguettes
et bercés par les vagues d'un même courant, celui de la
soca et du calypso. En première ligne du steelband, on
trouve les solistes appelés ténors, qui portent la mélodie.
Ils ont les yeux perdus dans leur instrument comme dans
un puits de lumière, envoûtés par la chorégraphie virutose
de leurs baguettes avec lesquels ils brodent d'inextricables
dessins sur les bosses argentées.
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Juste
derrière on trouve les "double-seconds". Ceux-ci jouent sur deux
bidons. L'instrument est plus grave, mais il peut soit venir en
appui aux ténors, soit assurer l'accompagnement rythmique par
des "strummings"(2)
. A leur côté, cellos et guitars constitués de trois ou quatre
bidons chacun, jouent les contre-chants et parfois des chorus
que les arrangeurs écrivent. Enfin les basses qui peuvent compter
jusqu'à douze bidons différents par joueur, marquent les temps,
ponctuant les lignes mélodiques de leurs pulsations sautillantes.
La musique des steelbands est flamboyante et énergique comme est
brûlante et bruyante l'activité d'un haut-fourneau.Seules d'anciennes
divinités païennes, comme Ogun, Shango ou Dyonisos peuvent suggérer
d'aussi métallurgiques sonorités. L'auditeur est entraîné dans
une avalanche de sons incandescents qui le déstabilise et le soumet
à un feu nourri de notes dont l'ordonnancement est chaque fois
menacé de basculer dans un chaos dissonant.
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Brève
présentation de Trinidad
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"Pour
moi, explique le musicien de jazz Andy Narell, l'histoire du steelband
est une des histoires les plus intéressantes de ce siècle, musicalement
parlant." En comprendre l'évolution et le développement suppose
que l'on se penche sur le contexte socio-économique dans lequel
ont surgi les steelbands.
Trinidad
est une île des Antilles, la plus mériodionale des Caraïbes, au
seuil du continent sud-américain. Au moment de sa découverte en
1498 par Colomb, l'île est habitée par des groupes d'Indiens Caraïbes
ou Arawaks, qui vont être décimés par les maladies et les guerres
de colonisation.
Trois évènements majeurs structurent l'histoire de Trinidad :
la Cédule de colonisation de 1783, la colonisation britannique
à partir de 1797 et l'arrivée massive d'Indiens entre 1845 et
1917.
Bien
que possession espagnole, Trinidad va être jusqu'à la fin du XVIIIème
siècle une colonie à dominante française. En effet le 24 novembre
1783, Charles III, roi d'espagne, promulgue la cédule de colonisation
qui autorise tout catholique volontaire à s'installer à Trinidad
avec sa famille et ses esclaves sur des terres gratuitement consenties.
Ce sont surtout des planteurs français qui vont bénéficier de
cette mesure ce qui permet à l'historien et futur Premier Ministre
Eric Williams, de titrer ce chapitre de l'histoire de Trinidad
: "Spain reigns, but France governs" (3).
La cédule espagnole va permettre le développement soudain de l'île
devenue pour les grandes puissances militaires occidentales (France,
Angleterre, Espagne, Hollande) un enjeu de premier ordre, carrefour
des grandes routes commerciales et escale technique appréciée
aux portes du Vénézuela. Grâce aux planteurs français l'économie
sucrière de l'île connaît un essor considérable et attise suffisamment
de convoîtise pour que l'Angleterre en prenne le contrôle à partir
de 1797 et ce jusqu'à l'indépendance de Trinidad et Tobago en
1962.
Entretemps l'émancipation des esclaves en 1838 avait conduit l'Angleterre
à organiser, au sein du Commonwealth, une immigration massive
de travailleurs indiens afin de pallier le sous-peuplement massif
de main d'oeuvre agricole. Commencée en 1845, l'immigration indienne
s'achève en 1917 et porte sur environ 150 000 personnes.
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Races,
couleurs et luttes de classes
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Cette
brève histoire permet de mieux appréhender la composition multi-ethnique
de Trinidad qui compte aujourd'hui une proportion presque égale
de Noirs et d'Indiens (41%) (4),
une moitié de citoyens chrétien (1/3 de catholiques), un autre
quart hindu, 16% de métis et environ 1% de blancs qui détiennent
un pouvoir disproportionné si on le mesure à la population totale
bien que les Afro-trinidadiens et les Indiens occupent aussi des
fonctions prestigieuses. La distribution des pouvoirs s'est d'ailleurs
structurée selon des critères raciaux, les Noirs investissant
plutôt les activités politiques et culturelles, tandis que les
Indiens, voués à l'exploitation agricole, développaient plutôt
l'économie trinidadienne. Si bien que, malgrè la rhétorique fédératrice
et multiculturelle que les discours officiels tentent de faire
accroire, on constate que l'histoire récente de Trinidad est profondément
marquée par la recherche d'une identité sociale qui est aussi
un enjeu de lutte entre les différents groupes qui composent la
population (Brereton, 1979). L'historien Marc Ferro a pu ainsi
montrer que les manuels scolaires qu'utilisent les enfants de
Trinidad occultent la période de l'esclavage et surtout les luttes
raciales qui opposent les Noirs aux Indiens et qui se traduisent
par un faible métissage entre les deux communautés
(5).
| A
ces distinctions encore trop grossières pour pouvoir rendre
compte de la complexité des interactions entre les populations
représentées à Trinidad, il faut ajouter les luttes de classes
qui ont opposé une élite intellectuelle noire et militante
issue du mouvement "Black Power", la génération catholique
ou protestante éduquée dans le système de valeurs britanniques
et le prolétariat misérable qui a grossi avec l'industrialisation
et les inégalités sociales. De même il convient de rappeler
les luttes sourdes qui opposent parmi les Indiens les hindouistes
et les musulmans dont les traditions religieuses se sont très
peu décomposées dans l'immigration. |
©
Elkia
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Comme
le montrent bien les romans de Naipaul, les immigrés venus de
l'Inde avec leurs chefs spirituels avaient pu reconstituer la
communauté villageoise, son organisation, ses coutumes et jusqu'à
ces habitudes alimentaires.
Dans
un tel contexte, les origines de la musique et des instruments
propres à la culture trinidadienne, comme le steeldrum et le calypso,
ne pouvaient être qu'un enjeu social fort à travers lequel on
peut décrypter toutes les tensions et les tendances qui ordonnent
la société.
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Du
tambour au steeldrum
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Le
point de vue que nous adoptons dans l'approche que nous proposons
du phénomène des steelbands à Trinidad peut se résumer aux propos
que tenait déjà l'anthropologue américain Herskovits : "Finally,
as concerns the student of society, it is appearent that the music,
objectively recorded and competently analysed, can offer effective
guides to an understanding of the mechanisms of cultural change,
and of the historic relationship between cultures as they exist
over the earth at the present day" (6).
Nous pensons en effet que l'émergence et le développement des
steelbands à Trinidad doit être mis en étroite corrélation avec
d'une part la période de l'esclavage, les différentes phases de
la colonisation et bien entendu le tournant de la prise d'indépendance
à la fin des années cinquante, période pendant laquelle le People's
National Movement (P.N.M.), le parti fondateur de la toute nouvelle
République emmené par l'historien Eric Williams, s'appuiera stratégiquement
sur les steelbands pour faire valoir l'originalité culturelle
et identitaire d'un pays éclaté en deux îles très différentes
et dont la composition ethnique rendait complexe toute idée d'unité
nationale fondée sur l'égalité des communautés.
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©
Elkia
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C'est
en effet une sorte d'invariant de l'anthropologie culturelle
de constater que ce sont presque toujours les éléments
qui focalisent la répression du dominant qui vont par
la suite servir de support à la construction identitaire
des dominés, une fois ceux-ci libérés de l'oppression.
On observe ce phénomène en Guadeloupe avec le Gros Ka
(7), en Grèce avec
le bouzouki (8), à
Trinidad avec le steeldrum qui est devenu le symbole fondateur
de l'unité culturelle trinidadienne autour de laquelle
les autorités politiques ont cherché à rassembler les
communautés noires, indiennes, chinoises et occidentales
jusqu'à faire du steeldrum l'emblème national de Trinidad
(9).
Pourtant
rien ne laissait présager au départ une telle promotion.
Pendant longtemps l'appartenance aux steelbands fut le
fait d'une poignée d'Afro-antillais issus des quartiers
les plus pauvres de Port of Spain, qui se livraient à
des expériences musicales avec toutes sortes de matériaux
de récupération.
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Or
Trinidad est l'un des plus anciens pays pétroliers du monde. Les
industries pétrolières et dérivées constituent les trois quart
de son P.I.B.. Sans se lancer dans de longues digressions économiques,
on ne peut se passer de faire l'hypothèse d'une corrélation qui
réjouirait tout sociologue marxiste entre les infrastructures
industriellles et les superstructures culturelles. En effet, sans
la présence abondante de bidons d'huile et de pétrole dans les
décharges publiques et le proche environnement des Trinidadiens,
la musique des steelbands aurait-elle pu un jour jaillir des faubourgs
populaires de Port of Spain?
Car
les fils d'esclaves ou de paysans afro-antillais n'en étaient
pas à leurs premières expériences de récupération. A la suite
des émeutes dites des Camboulay en 1881, les autorités britanniques
avaient interdit aux Noirs l'usage du tambour à peau pendant les
fêtes et, malgré l'émancipation des esclaves en 1838, l'étau colonial
ne s'était pas pour autant desseré. Dès cette époque, alors que
les steelbands ne sont pas encore nés, les journaux s'en prennent
aux musiques des Antillais considérée comme "une répétition monotone
et ennuyeuse de sons, rendue encore plus désagréable par sa portée,
la vigueur musculaire du musicien et la très grande capacité de
réverbération de l'instrument" (10).
Alors faute de pouvoir utiliser le tambour pour scander les kalindas,
chansons qui préfigurent les calypsos, et accompagner les combats
de bâton (stickfights), les anciens esclaves vont se tourner vers
le bambou que l'on trouve à profusion dans les champs de canne
à sucre.
Les
orchestres de tamboo-bamboos qui apparaissent au début du siècle
battent ainsi en rythme de longs tuyaux de bambou sur le sol.
Une bouteille à moitié remplie d'eau et frappée avec une cuillère
ainsi qu'une rape grattée avec un morceau de métal viennent compléter
le tout. Les bambous étaient habituellement coupés les nuits de
pleine lune, puis on les laissait sécher pendant une semaine ou
plus, avant de les travailler. Chaque tige de bambou, selon qu'elle
était destinée à devenir basse, fuller ou cutter, avait une taille
différente.
Aussi
rudimentaires et éloignés des steelbands actuels que puissent
sembler les orchestres de tamboo-bamboos, ils n'en sont pas moins
une étape décisive de l'évolution de la musique à Trinidad. Et
bien qu'il soit difficile d'expliquer le passage du tambour au
bambou, puis au steeldrum, il faut sans cesse garder à l'esprit
que le principe qui gouverne les pratiques musicales des Trinidadiens
afro-antillais est bien celui de la récupération et que les changements
dans l'usage des différents instruments, loin d'être le produit
de ruptures brutales liées à des interdictions successives comme
semblent l'attester certains auteurs trinidadiens (Elder, 1964,
1969; Borde, 1973; Blake, 1995) ne se sont faites que progressivement
et en mêlant très souvent tambours, bambous et idiophones.
Dès la fin des années vingt on peut déjà lire, dans les journaux
de l'époque, les plaintes de la bourgeoisie anglaise qui déplore
"the terrific din", le boucan de tous les diables produit par
les orchestres lorsqu'ils défilent dans les rues de Port of Spain.
Déjà le son des orchestres de tamboo-bamboos s'est enrichi de
percussions métalliques telles que boîtes de biscuit en fer blanc,
réservoirs d'essence ou tout simplement couvercles de poubelle.
Le vieux calypsonian Raphael de Leon rapporte à ce propos que
"les concierges étaient obligés d'enchaîner les poubelles aux
réverbères afin d'empêcher de jeunes voyous de les dérober à des
fins musicales." (11)
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Les
mythes fondateurs ou les origines du steeldrum
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A Trinidad, on ne s'accorde guère sur les origines du steeldrum.
En l'absence de documents scientifiques ou historiquement fiables
et face à des témoignages souvent contradictoires, l'anthropologue
ne peut que recueillir un matériau douteux qui laisse une large
place, non seulement à l'imagination du témoin, mais aussi à la
place que celui-ci occupe ou occupait dans le champ de la musique
trinidadienne. Certains informateurs que j'ai pu personnellement
rencontrer comme Neville Jules, Georges Goddard, Scofield Pilgrim
ou Raphael de Leon ont été partie prenante de cette histoire qui
s'est bâtie autour d'innombrables petites anecdotes recueillies
ici ou là et qui, ensemble, constituent le mythe fondateur du
steelband.
| Melville
Herskovits considère à ce propos que les mythes sont d'abord
et avant tout des idées ou un ensemble systématisé d'idées
qui a pour fonction d'expliquer, et donc de confirmer et de
justifier, des comportements (12).
Car si le mythe est bien un "récit des origines", il a également
une fonction d'instauration voire d'institution au sens fort
d'instituer un héritier. Il ordonne un péhnomène lorsque celui-ci
échappe à l'objectivité évenementielle et s'égare dans une
réalité fuyante, chaotique. S'il présente presque toujours
une dimension fantastique qui le rend parfois peu crédible,
le mythe repose en fait sur de vraies expériences, sur de
véritables émotions et sentiments liés à des évènements qui
ont certes pris une connotation fictionnelle mais n'en constituent
pas moins la trace historique de faits marquants. "Les mythes,
nous expliquent Lévi-Strauss, sont le miroir grossissant de
la façon dont nous pensons toujours…Rien ne ressemble plus
à la pensée mythique que l'idéologie politique." (13) |
©
Elkia
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Ce
que montre l'histoire des steelbands, c'est qu'une découverte
musicale, aussi chargée socialement qu'elle soit, n'est pas seulement
l'invention d'hommes providentiels, mais bien le produit d'un
mouvement social qui converge vers un même but. Winston Spree
Simon lui-même, considéré comme l'un des principaux promoteurs
du steelband sous sa forme achevée, affirmait qu'il ne savait
pas qui " le premier décida de battre le bidon à la place du bambou,
mais que ce pourrait bien avoir été la nouvelle génération de
cette période (35-45) qui désirait un changement dans l'accompagnement
musical et réclamait un nouveau son"
(14). Même si les versions de cette découverte diffèrent
selon les protagonistes qui en furent aussi les instigateurs,
ce sont bien ces sonorités métalliques qui vont finalement s'imposer.
L'incongruité de l'instrument et le tapage qu'il provoquait, du
moins à l'oreille des colons blancs, allait significativement
donner au nouvel instrument son nom de baptême trinidadien : pan,
autrement dit la casserole.
La
fin de la seconde guerre mondiale constitua le détonateur d'une
révolution musicale qui couvait depuis une dizaine d'années. Durant
la guerre les Britanniques interdirent les fêtes de carnaval.
Les jeunes gens qui avaient commencé à expérimenter le pan déploraient
de ne pouvoir concrétiser leur découverte. "Si nous ne pouvons
jouer, disait un membre du Hell Yard, à cause de cette foutue
guerre, nous allons finir dans un asile." La police fit donc
de fréquentes descentes chez les plus obstinés, qui finirent par
renoncer à leurs prestations musicales.
S.
Stuempfle brosse dans sa thèse de doctorat un portrait social
de ces premiers panmen des années quarante. Beaucoup d'entre eux
vivaient chez leurs parents,n'avaient pas d'emploi stable, et
récoltaient les fruits d'une prostitution florissante en cette
période de présence américaine. Ils dépensaient leurs gains en
vêtements coûteux, jeux et réjouissances comme le cinéma américain
qui inspira de nombreux noms de steelband. Les panmen étaient
considérés comme des voyous par les autres catégories sociales
qui rejetaient leur musique. Leur fréquentation était immédiatement
associée à la pire débauche. "Pan was not an overt protest
music, however, but a symbolic expression of the discontent and
militancy of the times as experienced by unemployed youths."
(p.75)
A
l'annonce de la victoire de 45, toute l'île se retrouve dans la
rue pour une formidable fête improvisée. C'est à cette occasion
que les Trinidadiens découvrent, subjugués ce que quelques-uns
parmi les plus démunis de leurs concitoyens leur ont concocté
durant cinq années de privations. Mais l'apothéose de cette histoire
fondatrice fut probablement le concert que Winston Spree Simon
donne en 1946 devant le gouverneur de Trinidad. On rapporte à
ce propos que tous les Trinidadiens s'étaient déplacés pour l'occasion
et que, sur les gradins de la Savannah, les descendants d'esclaves
côtoyaient la bourgeoisie anglaise. Dans un silence respectueux,
le géant barbu déposa sur un trépied de métal son unique instrument
bosselé, et se mit à jouer un prélude de Bach puis le "God save
the queen". L'extraordinaire silence qui suivit cette performance
musicale fut sûrement la minute la plus longue de la vie de Spree
Simon; mais lorsqu'il sentit monter de la foule cette gigantesque
clameur qui aujourd'hui encore ne s'est pas éteinte, il sut alors
que les bidons d'acier, symboles actuels de l' "âme" trinidadienne,
avaient gagné leur titre de noblesse. Le pan, la casserole s'était
imposé comme un instrument de musique à part entière qui aurait
un jour les honneurs des plus grandes salles de concert du monde.
Mais pour cela, il avait fallu d'abord que quelques individus
influents des classes moyennes, relayés par des hommes politiques
qui se servaient des steelbands comme moteur de leur nationalisme,
contribuent à l'imposition symbolique des steelbands devenus aujourd'hui
une institution nationale.
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L'accordeur
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"Fait pour produire des sons, l'instrument de musique se situe
au point de rencontre de deux tendances qui existent chez l'homme,
à quelque civilisation qu'il appartienne : d'une part, une recherche
constante de solutions ingénieuses, voire subtiles, aux problèmes
de la vie pratique, qui l'amène à modifier sans cesse sa technologie
; d'autre part, un désir de s'exprimer grâce à des mouvements
rythmés et à des sons organisés. Les sons fournis par l'environnement
naturel et ceux qui sont émis par l'appareil vocal lui servent
à tour de rôle de modèle ou de référence. L'instrument de musique,
achevé, suppose que l'homme ait maîtrisé des problèmes d'ordre
acoustique et technologique, aussi sophistiqués soient-ils. Il
y aura toujours un compromis entre le but recherché, une échelle
sonore, un timbre, et le résultat obtenu. Ce n'est que dans les
mains du musicien-utilisateur que l'instrument manifestera toutes
ses possiblités ; il jouera alors son rôle et recevra sa véritable
signification." (15)
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Au
commencement d'un pan il y a d'abord un homme : le tuner
(c'est à dire l'accordeur ou le facteur de steeldrum). Le
métier d'accordeur présente à Trinidad tout le charisme
socialement attaché aux fonction spirituelles les plus sacrées.
Celui qui est en mesure de transmuter un vulgaire bidon
de feraille en un étincelant instrument de percussion mélodique
est comme le sorcier indien qui fait venir la pluie. La
preuve en est qu'en 1981 seul Eric Williams, premier Ministre
et fondateur de la République de Trinidad et Tobago, eut
droit à des funérailles aussi brillantes que celles que
l'on fit quatre ans plus tard à un modeste tuner
du Laventhill, Rudolph Charles qui est aujourd'hui encore
considéré comme un héros national, à la fois musicien, chef
d'orchestre, accordeur, mais surtout leader charismatique
et modèle social pour une jeunesse menacée d'exclusion.
Les facteurs de steelband ont d'ailleurs conscience de ce
pouvoir et aiment entourer leur activité d'un certain ésotérisme
qui renforce encore leur ascendant sur la micro-société
des musiciens et des aficionados.
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Le
facteur de pan en plein travail d'accordage. © Elkia
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Car
chaque tuner a "ses" trucs, sa manière de fabriquer le
pan et de l'amener à la sweetness (16),
cette perfection sonore qui fait la qualité de l'instrument et
donc de tout l'orchestre. En ce sens on peut dire de ces artisans
géniaux qu'ils sont des hommes de métier plus que des professionnels.
Car on s'initie à la fabrication et à l'accordage des bidons par
imitation gestuelle plus que par transmission d'un savoir technologique.
Il n'y a pas à proprement parler de théorie du processus de production
d'un steeldrum. Le seul ouvrage qui, à ma connaissance, ait tenté
de rationaliser la fabrication du pan est celui d'un Suedois,
Ulf Kronman, qui lui a consacré un manuel très complet (17).
A Trinidad, seul Anthony Williams, en essayant de penser la répartition
harmonique des notes sur le steeldrum, a ouvert la voie pour une
nouvelle approche de l'instrument, mais cette brèche dans la tradition
est loin d'avoir fait école et les pans, malgrè les projets officiels
de standardisation, restent l'oeuvre unique du génie individuel
des grands initiés.
Parmi
les différentes sortes de bidons utilisés par l'industrie pétrolière,
seuls certains d'entre eux pourront être recyclés. C'est la qualité
de l'acier qui détermine en effet la possibilité de transformation.
Car il faut que le métal puisse supporter les différentes opérations
de martelage et surtout de trempage final sans se percer.
L'accordeur
dispose pour tout outil d'une boule d'acier servant de masse,
d'un marteau spécial qui ressemble au maillet à calfat du charpentier
de marine, d'un compas à pointe sèche et d'un poinçon pour délimiter
les notes. Muni de la boule d'acier, le tuner s'efforce
en premier lieu de défoncer la partie supérieure du bidon afin
de la rendre concave. Après avoir repéré le centre de cet espace,
il trace à la règle et au crayon l'emplacement des notes qu'il
va ensuite ciseler avec le poinçon afin de les sculpter dans l'acier.
A l'aide de patrons découpés dans du carton, il en reproduit la
forme sur le haut du fût, dessinant dans l'acier des ovales de
différentes tailles.
Dès
le départ, l'accordeur doit savoir quel type de steeldrum il veut
produire. Car il existe six sortes de pan qui correspondent
chacun à un volet de la distribution harmonique d'un orchestre
symphonique, couvrant environ cinq octaves pleinement chromatiques.
A
l'exception des basses, la plupart des pans doivent être
découpés. Les instruments les plus courts produisent les notes
les plus aigues, ceux qui disposent de la jupe la plus longue
(les basses), les plus notes les plus graves.
L'accordage
constitue sûrement l'étape la plus importante du processus de
fabrication. Cette opération est en effet le produit d'une recherche
empirique qui n'a pas cessé depuis la découverte de l'instrument
à la fin des années trente. L'objectif est d'ajuster les différentes
notes à l'harmonie polyphonique occidentale. Pour cela, l'accordeur
peut se fier uniquement à son oreille, mais il a de plus en plus
tendance à utiliser un diapason électronique qui lui donne la
note juste. A l'écoute du signal sonore, il "corrige" à petits
coups de marteau précis le métal, en l'étirant de manière à obtenir
une fréquence fondamentale au centre. Ce travail de façonnage
est un procédé très élaboré qui réclame de l'artisan une dextérité
et un soin extrème. Pour fabriquer un bon pan , il faut
compter environ quarante à soixante heures de travail, sachant
qu'un accordeur peut passer un mois sur des instruments destinés
à des professionnels comme Othello Molineaux, Rudy Smith ou Andy
Narell.
L'accordage
n'est jamais définitif. Avant chaque grand concert, il convient
de vérifier les instruments. La période du carnaval constitue
donc pour les accordeurs un marathon qui ne leur laisse aucun
répit, surtout si leurs groupes parviennent en finale des compétitions.
Les
grands maîtres de l'accordage comme Ellie Mannette, Bertie Marshall,
Rudolph Charles, Dudley Dickson ou encore l'étonnant suisse Felix
Rohner, ne se contentent pas de fabriquer et d'entretenir le parc
de steeldrums. Dans les périodes plus calmes, ils continuent d'explorer
les potentialités de l'instrument en effectuant des recherches
acoustiques. Certains accordent des automobiles, des bassines
de blanchisseuse ; d'autres modifient les formes ou le métal afin
d'améliorer à la fois le son et la solidité de l'instrument.
Tous
les pans sont joués avec des baguettes ou des mailloches
qui ressemblent à celles utilisées pour les tambours ordinaires,
auxquelles on rajoute à l'extrémité du caoutchouc ou une moitié
de balle de mousse afin d'adoucir le son de la note. Les musiciens
les plus astucieux récupèrent l'extrémité des poignées de crosse
de hockey ou des battes de cricket ou encore des chambres à air
de vélo. Parce que le musicien de steelband est d'abord pauvre,
c'est un aspect essentiel de la tradition du pan que de jouer
sur la récupération afin de détourner des des objets de leur fonction
première pour en tirer d'insoupçonnées ressources musicales.
Toutes
ces innovations et le talent des hommes, mis à la disposition
de ces magnifiques instruments extirpés de la bourbe industrielle,
ont fini par leur conférer une place reconnue dans la famille
des idiophones (18) au point
que la rumeur rapporte qu'entendant un steelband interpréter une
fugue du fondateur de notre polyphonie, un musicien de renommée
internationale se serait écrié : "Jean-Sébastien Bach aurait aimé
pouvoir écouter cela."
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Steelband
et carnaval
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A Trinidad, le développement des steelbands est indissociable
du carnaval. Hérité du passage des Français à Trinidad, on peut
faire l'hypothèse que les Afro-antillais se sont saisis de cette
opportunité festive pour, à leur manière, singer les colons et
se réapproprier le paganisme d'une célébration qui faisait écho
à d'ancienne traditions aménagées au cours des années de transplantation.
On
a souvent dit que le carnaval abolissait les différences sociales
en bousculant les hiérarchies et en inversant les valeurs. "Le
carnaval, écrivait Goethe, est une fête qui, à vrai dire, n'est
pas donnée au peuple, mais que le peuple se donne à lui-même.
On donne seulement ici le signal que chacun peut être aussi déraisonnable
et fou qu'il le souhaite, et qu'en dehors des horions et des coups
de couteau, tout est permis. La différence entre les grands et
les petits semble abolie un instant…" (19)
Pendant
longtemps les folkloristes ou les sociologues virent dans le carnaval
l'expression d'un défoulement social, d'une revanche des dominés
sur le pouvoir qui les opprimait, une sorte de soupape de sécurité
qui permettait de calmer provisoirement les classes dangereuses.
Cette rhétorique marxisante, qui avait probablement toute sa pertinence
au Moyen Age ou sous l'ancien régime, n'a plus guère de sens dans
l'univers trinidadien où le carnaval ne mobilise pas seulement
les plus pauvres, mais toutes les couches sociales. Loin d'ébranler
la société et ses inégalités, le carnaval est entre les mains
de puissants groupes industriels ou financiers qui y investissent
des sommes importantes et en ont fait une entreprise rentable
et bien rôdée. Derrière la générosité incontestable de ses prestations,
la spontanéité affichée par ses acteurs et l'engouement populaire
qu'il suscite, le carnaval de Trinidad se présente comme une immense
machine festive, de plus en plus policée, contrôlée par la classe
dirigeante Afro-antillaise et quelques représentants des Blancs-créoles
comme Peter Minshall, l'un des plus célèbres concepteurs de mascarades
du monde qui trouve à Trinidad un territoire à la mesure de son
immense talent.
En
effet, si le carnaval a pu un temps instituer une sorte de désordre
subversif, il met surtout à jour l'arbitraire des convenances
sociales, renvoyant l'espace des relations humaines à ce grand
théatre social dont la sociologie a fait son objet, où telles
ces petites marionnettes qui font trois petits tours et puis s'en
vont, nous paraissons en ce monde et disparaissons, acteurs mortels
d'un jeu dont nous sommes à la fois le pion et le principe. En
ce sens le carnaval est indissociable du théatre, l'art le plus
social. Il est une parade outrancière de la société s'exhibant
elle-même en mettant en scène aussi bien les pouvoirs politiques
et religieux que les personnages de la mémoire collective (esclaves,
marins, Neg-marrons etc.), mais aussi la terrifiante absence de
raison d'être qui est au fondement de la condition humaine.
Reste
une sorte de mystique de l'apparence où, prenant modèle sur les
variations quasi infinies des spectacles de la nature, le carnaval
se mettrait au service de la pluralité des apparences, comme si
chaque roi, chaque reine ou chaque bande costumée devait réveiller
en nous le merveilleux pouvoir de s'étonner qui, selon Platon,
est au commencement de la philosophie. La pensée occidentale est,
depuis deux mille cinq cents ans, déchirée entre les couples d'opposition
fond/surface, être/apparence, vérité/illusion. De ces oppositions
on a tiré une certaine aversion pour ce qui paraît trop manifestement
: vulgarité, outrance, exhibition, mondanité etc., au point d'avoir
promu l'invisible au détriment du visible, joué l'esprit contre
le corps. Le carnaval rappelle que nous évoluons d'abord dans
un monde d'apparence et que même Dieu est mis en demeure de se
manifester comme phénomène. Ce qui ne se montre pas n'est pas.
Le carnaval redonne un sens au paraître. Il est l'apologie de
la surface.
Les
steelbands contribuent à faire du carnaval de Trinidad l'un des
plus étonnants du monde dans la mesure où nulle part ailleurs
on ne peut découvrir un phénomène musical aussi original. Les
nuits de février toute l'île résonne de la musique des steelbands,
et l'on ne peut guère se promener sans tomber sur un panyard de
quartier où garçons et filles de toutes générations préparent
les joutes musicales du carnaval. Durant la compétition qu'ils
se livrent, le Panorama (pan-orama), des centaines d'orchestres
venus de toute l'île mobilisent en effet des milliers de musiciens,
la plupart occasionnels, et autant de supporters qui chaque soir
viennent écouter les répétitions de leur steelband préféré.
Tout
en concernant d'autres classes et d'autres populations, les steelbands
ont gardé aujourd'hui leur enracinement dans les milieux populaires
d'origine africaine. Depuis les années 70, et malgré les réticences
sociales, les femmes ont investi le mouvement, en commençant par
créer des orchestres exclusivement féminins. Le P.N.M. a maintenu
ses relations clientélistes, mais une certaine lassitude a laissé
place à l'enthousiasme des débuts. L'entrée en scène des sponsors
qui instaurent de grandes inégalités entre les steelbands, la
professionnalisation d'un petit nombre de musiciens ainsi que
l'émergence d'une élite ont introduit un climat de compétition
qui enlève un peu de spontanéité au Panorama devenu une "grand-messe"
annuelle qui tend à se reproduire chaque année sur le même modèle.
De plus d'autres formes de musique comme le raggamuffin, la techno.
ou encore des dérivées du rap commencent à faire concurrence au
calypso traditionnel. J'ai pu ainsi observer durant le carnaval
99 des compétitions de steelband obligées de s'interrompre au
passage des "sound systems" dont la puissance sonore couvrait
celle du steelband.
Dans
le dernier chapitre de sa thèse, S. Stuempfle souligne la complexité
du concept national à Trinidad. Le pan comme symbole unitaire
est remis en cause par une fraction de la communauté indienne
qui le voit comme l'imposition symbolique de la culture afro-trinidadienne.
Paradoxalement, le steeldrum incarne l'objet créole au-dessus
des clivages ethniques et continue d'être pensé par une forte
majorité de Trinidadiens comme "one vital means by which the
nation creates, contemplates and celebrates itself" (p.236).
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Daniel, MREJEN Jean-Jacques, Pan in A minor, Iskra Film, 52
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|
|
(1)
Cet article doit beaucoup, notamment dans ses aspects les plus
récents, à la recherche menée actuellement par Aurélie Helmlinger
dans le cadre d'une maîtrise consacrée aux steelbands de Trinidad
(Université Paris X).
(2)
Battements réguliers qui ressemblent à un accompagnement de guitare.
(3)
Eric Williams, History of the people of Trinidad and Tobago, Londres,
A. Deutsh, 1962.
(4)
Il semble pourtant que d'après les dernières statistiques, la
fécondité des femmes indiennes étant supérieure à celle des Noirs,
l'équilibre démographique s'est modifié. Alors que les Noirs étaient
majoritaires au cours des années cinquante, il semble que les
Indiens soient aujourd'hui le groupe le plus nombreux.
(5)
Marc Ferro, Comment on raconte l'histoire aux enfants, Payot,
1983.
(6)
Melville Herskovits, Patterns of negro music, Northwestern University,
Eranston III.
(7)
Tambour depeau traditionnel.
(8)
Instrument à corde.
(9)
Trinidad est le seul pays au monde à avoir un instrument de musique
comme emblème national.
(10)
Fair Play and Trinidad News, 1883.
(11)
Entretien avec l'auteur, 1981, 1988. Voir aussi le film Pan
in A minor, Daniel Verba et Jean-Jacques Mrejen, Iskra film,
35 mm, dolby stéréo, 52mns, France,1987.
(12)
Melville Herskovits, L'Héritage du noir, Présence africaine, 1941-1958.
(13)
Entretien avec Didier Eribon, Le Nouvel Observateur, 1985.
(14)
Anthony Mark Jones, Steelband, Winston Spree Simon , Educo Press,
Trinidad et Tobago, 1982.
(15)
Josiane Bran-Ricci, Encyclopedia Universalis, 1995-96.
(16)
Intraduisible si l'on s'en tient à l'anglais. "Rondeur" pourrait
peut-être rendre le sens de sweetness.
(17)
Ulf Kronman, Steel Pan Tuning, Musikmuseets Skrift serie 20, Stockholm,
Sweden, 1991.
(18)
Instruments de musique qui vibrent quand on les percute.
(19)
Goethe, Le carnaval de Rome en 1788, Voyage en Italie.
(20)
La bibliographie des steelbands est composée d'ouvrages aux statuts
pour le moins contrastés. Les premières publications sont plus
le produit du militantisme nationaliste trinidadien qui visait
à fonder l'unité culturelle de la jeune République ou bien les
effets d'une curiosité exotique de la part de folkloristes occidentaux,
que le produit d'un travail de recherche scientifique. En fait
les études les plus fiables datent de la fin des années quatre
vingt et des années quatre vingt dix où l'on peut observer un
réel intérêt des chercheurs, notamment américains, pour la problématique
des steelbands. La bibliographie présentée ici a été établie avec
l'aide d'Aurélie Helmlinger qui a soutenu en novembre 99 un mémoire
de maîtrise d'ethnomusicologie sur les steelbands de Trinidad
(Université Paris X).
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