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par
Gustav Michaux-Vignes (Médiathèque Caraïbe)
musique@lameca.org |
| "Panorama
des musiques guadeloupéennes" est le texte d'une conférence
donnée par Gustav Michaux-Vignes en octobre 2003 à l'Université
de Puerto Rico - Río Piedras, dans le cadre d'un colloque organisé
par le Coreca, l'Alliance française et l'Université de Puerto
Rico à l'occasion de la venue du musicien guadeloupéen Dominik
Coco et de son groupe le Karibean Koumbeat. |
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Introduction |
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Cadre
historique général |
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Cette musique renvoie à un contexte musical appelé balakadri. Véritable complexe musico-chorégraphique, le balakadri exécute toute une série de musiques, le quadrille bien sûr, la biguine, le tango, la valse et la polka (considérée par les musiciens eux-mêmes comme proche de la mazurka martiniquaise). Il s'agit là d'un cas d'hybridation entre musiques européennes et africaines et où les musiques populaires européennes du 19ème siècle ont été l'inspirateur général.
Date, lieu, public Figures, styles musicaux, cycle Danse
Instruments Le tanbou di bass et le siyak en sont les plus caractéristiques. Le tanbou di bass est un tambourin de 40 cm de diamètre sur lequel est monté une peau de chèvre. Le siyak est un racleur fait dans un bambou d'environ 55 cm de long pour 6 cm de diamètre et sur la longueur duquel sont creusées des encoches transversales frottées à l'aide de baguettes. Pour en jouer le musicien appuie une extrémité du siyak contre un mur et l'autre extrémité contre lui. Ses mains ainsi libérées peuvent pleinement se livrer à l'exécution de formules rythmiques et de variations (rappel en cela le frottoir zydéco). Les autres instruments de l'orchestre, les malakash ou chacha (maracas), le triangle et les bwa (clave) ne sont pas spécifiques au balakadri. Fonction
sociale |
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Du point de vue de sa genèse, ce style musical semble s'inscrire dans un processus d'agencement, d'ajustement et de consensus inter-africain. Ce qui pour autant n'a pas exclu l'intégration d'éléments venant de l'Europe. Certains le pensent pour le rythme woulé dont le mouvement rythmique et chorégraphique fait penser à la valse. Traditionnellement le léwòz se déroulait le samedi autour des habitations-sucreries. Il était organisé par et pour les travailleurs agricoles après perception de leur salaire. Instruments
Déroulement Improvisation
Bènaden et mayolè Veillées mortuaires Pour ce qui est de la musique des veillées mortuaires,
une de ses particularités est l'absence de tambours. Des rythmes
sont bien joués mais exclusivement par la bouche des participants.
Véritables rythmes vocaux, il s'agit d'onomatopées que l'on
peut considérer comme des transpositions vocales de rythmes de
gwoka. Appelés bouladjel, ils s'accompagnent des frappements de
main du public. Bi-musicalité Pour en savoir plus sur le gwoka, voir notre dossier sur lameca.org. |
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Plus encore que les musiques que nous allons voir par la suite, balakadri et léwòz ont de nombreuses caractéristiques communes. Pourtant aux yeux des guadeloupéens, ces deux genres n'ont pas du tout la même importance et signification. Jusqu'à peu, le balakadri et la biguine ont été écartés, laissés à leurs seuls habitués au profit des musiques gwoka. Avant d'expliquer ce phénomène et d'évoquer les conséquences qu'il a eu sur l'évolution du gwoka, voyons ce qui rapproche ces deux styles. Public Fonction sociale Terminologie musicale Boula
won |
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On l'a vu, balakadri et léwòz sont étroitement liés à un mode de vie communautaire. Ce caractère, et cela est surtout vrai pour le léwòz, est lié à l’existence de grands domaines sucriers. Car c’est chez les travailleurs agricoles vivant pour la plupart sur et à la périphérie de ces domaines que se recrutent musiciens et public. Fin du léwòz Le gwoka dans l’œil du Blanc, racisme Le gwoka dans l’œil du Noir, aliénation
Renversement des termes de l’équation
Le
gwoka réinventé |
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Cette musique se démarque du léwòz et du balakadri et de leur caractère communautaire et traditionnel. C'est la musique populaire guadeloupéenne par excellence. Elle est exécutée dans des bals et dancings par des orchestres pour le bonheur de l'ensemble des guadeloupéens tous milieux confondus durant tout le 20ème siècle jusqu'à l'arrivée du zouk dans les années 80. Son histoire est marquée par des individus talentueux, compositeurs ou interprètes, qui n'ont cessé d'enrichir son répertoire.
Perméabilité musicale Paris
Biguine et jazz
Zandoli
pa tini pat |
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Expression musicale de masse caractérisée par la participation du plus grand nombre, la musique de carnaval en Guadeloupe se joue de l’Epiphanie au Mercredi des Cendres. Elle a été longtemps le laboratoire de création de nouvelles chansons enrichissant le répertoire de la biguine. Ces morceaux dit de biguine vidé se caractérisent souvent par l’absence de couplets car l’objectif est de chanter de courtes phrases mélodiques et rythmiques, faciles à retenir et reprises par un instrument soliste sous la forme question / réponse. Aujourd’hui, il est rare d’entendre des morceaux de biguine-vidé. Le chant de courtes phrases mélodiques sur fond d’orchestres de tambours s’est lui maintenu.
Primauté du rythme et de la percussion
Mouvement culturel Musique
de carnaval sans carnaval |
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Le zouk peut être considéré comme étant la résultante de 3 facteurs. La tendance du musicien guadeloupéen à une certaine perméabilité aux musiques extérieures, comme on l’a vu pour la biguine. Suite à la place de plus en plus grande prise par les musiques étrangères, la volonté de ce même musicien guadeloupéen au début des années 80 de créer sa propre musique. Et enfin un contexte idéologique dans ces mêmes années 80, marqué par les positions de la pensée nationaliste sur la culture. Le zouk naissant chante alors en créole plutôt qu’en français et puise dans le répertoire rythmique guadeloupéen (le menndé et ceux du carnaval et donc ainsi une fois de plus le boula won) et martiniquais (le chouval bwa, dont le tambour ka est en tout point similaire au gwoka guadeloupéen). Tout en cherchant à rompre avec le compas haïtien qui tient le haut du pavé en Guadeloupe depuis la fin des années 1960, le musicien des années 80 en est malgré tout fortement imprégné, de même que ce zouk en construction. Moins présents que le compas mais malgré tout à la mode à l’époque, on peut mentionner le calypso via le cadence-lypso dominicais, le funk américain ou encore le soukouss africain. On le voit, si le zouk naissant a bien les deux pieds sur sa terre natale, il a quand même les yeux tournés vers l’horizon.
Kassav
Rupture
dans la musique guadeloupéenne Boula
won Gustav
Michaux-Vignes (Médiathèque Caraïbe), 10/2003 * * * * * * * * * * * * * * * * * * * |
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Gabali,
Jocelyn The Garland Encyclopedia of World Music, volume 2 : South America, Mexico, Central America, and the Caribbean, 1998. Guilbault,
Jocelyne Lafontaine,
Marie-Céline (les 3 premiers articles sont en ligne sur
lameca.org) Uri,
Françoise et Alex |