Edwin Peddie, percussionniste Marron
Edwin Peddie, percussionniste Marron jouant à la célébration annuelle du patrimoine marron du 6 janvier (Accompong, 1991). Crédit photo : Kenneth Bilby.

 

A partir du 17ème siècle, un grand nombre d'esclaves africains s'échappèrent des plantations espagnoles puis des plantations anglaises pour se réunir en groupes organisés dans l'intérieur sauvage de la Jamaïque. Ces évadés furent ensuite connus sous le nom de "Marrons". Au début du 18ème siècle, deux principaux rassemblements de Marrons s'étaient formés, l'un dans l'Est de l'île, connu sous le nom de "Windwards" (fr.: "au-vent") et l'autre dans l'Ouest sous le nom de "Leewards" (fr.: "sous-le-vent"). Jusqu'à ce que les Britanniques demandent la paix dans les années 1730, les deux groupes menèrent une guérilla sans trêve contre la société coloniale de plantation. En 1739 les Britanniques arrivèrent à un traité avec les deux groupes, leur reconnaissant la liberté et le droit de se gouverner eux-mêmes.

Aujourd'hui les descendants des Marrons se composent de quatre principales communautés en Jamaïque : Accompong, un des villages Leeward d'origine, dans la région accidentée de Cockpit ; et Moore Town, Charles Town et Scott's Hall dans les Blue Mountains, habités à l'origine par les Marrons Windward.

George Huggins, fabricant de tambour Gumbe
George Huggins, fabricant de tambour Gumbe dans son atelier (Accompong, 1991). Crédit photo : Kenneth Bilby.

 

Peu de choses distinguent aujourd'hui les Marrons de ces communautés des autres Jamaïcains. Mais une sphère culturelle dans laquelle ils ont gardé une tradition clairement distincte est celle de la musique et de la danse. Chacune des communautés a ses propres genres musicaux.

Les communautés Windward ont le répertoire musical traditionnel le plus varié. Leurs plus anciens genres musicaux sont pratiqués dans la tradition religieuse d'origine africaine appelé Kromanti (nom venant de Cormantin, une ville et un fort sur la côte de l’actuel Ghana). Les cérémonies Kromanti, qui traitent en premier lieu de guérison spirituelle et à l’aide de plantes médicinales, incluent plusieurs genres de musique, de percussion et de danse dont les noms proviennent de peuples ou de régions d'Afrique de l'Ouest qui ont contribué aux groupes Marrons originels.

Parmi ceux-là les Papa (apparentés aux Ewe et aux autre peuples de langue Fongbe), les Mandinga (apparentés aux peuples Mande), les Ibo (apparentés aux Igbo) et les Mongala (originaires de la région du Congo-Angola). La plupart des chants de cette catégorie sont chantés dans une langue ésotérique dérivée des langues africaines. Ces chants sont un moyen d’invoquer les esprits des ancêtres qui utilisent le corps des danseurs Kromanti pour communiquer avec les vivants.
Il y a également divers types de chansons et styles de percussions plus "légers" utilisés en premier lieu pour la fête (dont le Jawbone, le Tambu, le Sa Leone et le John Thomas), bien que ceux-ci puissent aussi parfois appeler les esprits.

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