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Article
de TV Magazine (France-Antilles), n° 119, du 4 au 10 janvier
1992, pp 8-13.

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Les
« Blancs-Matignon » dans les guides touristiques, quelques
exemples.
Les
guides Fodor, Antilles. 1982.
« A noter que les Grands-Fonds abritent une communauté
de « Blancs-Matignon », créoles blancs dont les
ancêtres survécurent à la Terreur, pratiquant
le mariage consanguin avec les conséquences que l’on
devine... », page 347.
Guide
Bleu, Antilles. 1992.
« On traverse alors plusieurs hameaux constituant le domaine
des Blancs-Matignon. Certains habitent Matignon, ou Kerloury, des
toponymes qui sonnent bien breton; d’autres à Rousseau,
Dubisquet et surtout à Jabrun et dans les hameaux environnants;
paysans à la peau claire et aux cheveux longs, blonds ou
bruns, vivant en marge d’une société guadeloupéenne
qui les méprise en retour, ils sont trois ou quatre cents,
groupés en tribus familiales. Repliés sur eux-mêmes
dans une volonté farouche de ne pas se mélanger aux
autres ethnies (d’où quelques accidents génétiques
dus à la consanguinité), ils ont longtemps constitué
une communauté quasi autarcique dont l’origine reste
assez mystérieuse.
Descendants d’aristocrates ?
A coté de groupes familiaux aux patronymes roturiers de Boucher,
Bourgeois, Romade, Roux et Berlet, ils sont en effet nombreux à
s’appeler Matignon et pourraient selon certaines thèses
être apparentés aux comtes du même nom,vieille
famille originaire du bourg de Matignon, dans les Côtes-d’Armor.
Peut-être, à l’origine, furent-ils envoyés
dans lesîles pour quelque raison familiale ? Toujours est-il
qu’avec la Révolution arriva l’époque
sanglante de Victor Hugues. Les têtes nobles tombèrent,
quatre mille a-t-on dit.
Pour échapper au massacre les « Matignon » se
réfugient alors dans les Grands-Fonds. Ils défrichent
quelques arpents de terre, achètent quelques esclaves et
survivent ainsi, ignorés de tous. Mais survient l’abolition
de l’esclavage (1848); pour eux c’est la ruine. Trop
pauvres pour prélever sur leurs petites propriétés
le salaire d’ouvriers libres, ils entreprennent d’en
assurer la mise en valeur par leurs propres moyens et vivent seuls
terrés dans le fouillis inextricable des collines des Grands-Fonds
», page 167.
Guide
du routard, Antilles. 1993.
« Cet endroit complétement à l’écart
du flux touristique, est peuplé par les Blancs-Matignon.
Ces paysans à la peau claire, semblent issus d’aristocrates
venus se cacher lors de la Révolution. Ils furent ruinés
à cause de l’abolition de l’esclavage (1848)
et durent cultiver eux-mêmes leurs petits lopins de terre.
Evitant le contact avec l’extérieur, ça fait
bientôt trois siècles qu’ils se marient entre
eux. Cependant, en dehors de moments très particuliers (messes,
festivités locales, etc.), il est assez difficile de les
rencontrer. Ce sont des cousins éloignés de Caroline
de Monaco (elle ne s’en vante pas) », page 114.
Les
Antilles aujourd’hui par Louis Doucet. 1977.
« C’est dans ce dédale où les chasseurs
d’aristocrates du révolutionnaire Victor Hughes n’osèrent
jamais s’aventurer, que les Blancs dit « Matignon »,
fuyant la guillotine, vinrent se réfugier. On trouve encore
nombre de leurs descendants dans les quartiers de Jabrun Sud et
Levallois, où ils vivent strictement entre eux, enfermés
dans l’inflexible volonté de ne jamais commettre, malgré
leur pauvreté, une « déshonorante » mésalliance
», page 64.
Guide
Arthaud, Antilles. 1990.
« C’est ici que vivent les descendants des Blancs-Matignon,
minorité d’origine européenne venur se fixer
dans ces campagnes après l’abolition de l’esclavage.
La population est relativement pauvre, les cases en bois traditionnelles
sont encore très nombreuses. Les Blancs-Matignon encore appelés
« petits-blancs », cultivent dans de minuscules propriétés
des plantes vivrières: choux-pays, patates douces, ignames,
aubergines, carottes, etc. dont ils alimentent les marchés
de Pointe-à-Pitre », page 133.
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