www.lameca.orgCouleur de peau et parenté
chez les "Blancs-Matignon" de la Guadeloupe :

entre réel et imaginaire

Par Gustav Michaux-Vignes

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BIBLIOGRAPHIE

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AMSELLE Jean-Loup, M’BOKOLO Elikia (dir.)
1985 Au coeur de l’ethnie (Maspéro).

ANDRE Jacques
1987 L’inceste focal dans la famille noire antillaise (PUF).

AUTREMENT (ed.)
1994 Guadeloupe 1875-1914. Les Soubresauts d’une société pluri-ethnique ou les ambiguités de l’assimilation (série Mémoires).

BASTIDE Roger
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GRACCHUS Fritz
1986 Les lieux de la mère dans les sociétés afro-américaines (Editions Caribéennes).

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1975 L’étude des isolats. Espoirs et limites (INED).

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1992 Consomption d’esclaves et production de « races »: l’expérience caraïbéenne, L’Homme, 122-124, pp. 209-234.
1995 Noir, c’est noir..., L’Homme, 133, pp. 123-133.

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1961 La Guadeloupe. Etude géographique (Union Française d’Impression).

LAWSON-BODY Georges
1988 Problématique d’une recherche sur l’espace vivrier des Grands-Fonds, CARE, 13, pp. 84-102.
1989 Processus du peuplement de l’espace vivrier des Grands-Fonds, Bulletin de la Société d’ Histoire de la Guadeloupe, 79-82, pp. 31-137.
1990 Stratégies paysannes dans la Guadeloupe en transition vers le salariat: des habitations marchandes-esclavagistes aux communautés paysannes libres dans l’espace des Grands-Fonds, Thèse de Doctorat, Paris.

LEIRIS Michel
1955 Contacts de civilisations en Martinique et en Guadeloupe (UNESCO).

LE MENESTREL Sarah
1993 « Laisser les bons temps rouler ». Festivals et identité chez les Cadjins du Sud-Ouest de la Louisiane, Mémoire de Maîtrise, Paris.

POUTIGNAT Philippe, STREIFF-FENART Jocelyne
1995 Théories de l’ethnicité (PUF).

SCHNAKENBOURG Christian
1980 La crise du système esclavagiste. 1835-1847 (L’harmattan).

SEGALEN Martine
1972 Nuptialité et alliance. Le choix du conjoint dans une commune de l’Eure (Maisonneuve et Larose).
1985 Quinze générations de Bas-Bretons (PUF).

SEMPAIRE Eliane
1984 La Guadeloupe en tan Sorin: 1940 à 1943 (Edouard Kolodziej).

SUTTER Jean, TABAH Léon
1951 Les notions d’isolat et de population minimum, Population, n° 3, pp.481-498.

ZONABEND Françoise
1980 La mémoire longue. Temps et histoires au village (PUF).

 

ANNEXES

Les « Blancs-Matignon » dans les guides touristiques, quelques exemples.

Les guides Fodor, Antilles. 1982.
« A noter que les Grands-Fonds abritent une communauté de « Blancs-Matignon », créoles blancs dont les ancêtres survécurent à la Terreur, pratiquant le mariage consanguin avec les conséquences que l’on devine... », page 347.

Guide Bleu, Antilles. 1992.
« On traverse alors plusieurs hameaux constituant le domaine des Blancs-Matignon. Certains habitent Matignon, ou Kerloury, des toponymes qui sonnent bien breton; d’autres à Rousseau, Dubisquet et surtout à Jabrun et dans les hameaux environnants; paysans à la peau claire et aux cheveux longs, blonds ou bruns, vivant en marge d’une société guadeloupéenne qui les méprise en retour, ils sont trois ou quatre cents, groupés en tribus familiales. Repliés sur eux-mêmes dans une volonté farouche de ne pas se mélanger aux autres ethnies (d’où quelques accidents génétiques dus à la consanguinité), ils ont longtemps constitué une communauté quasi autarcique dont l’origine reste assez mystérieuse.
Descendants d’aristocrates ?
A coté de groupes familiaux aux patronymes roturiers de Boucher, Bourgeois, Romade, Roux et Berlet, ils sont en effet nombreux à s’appeler Matignon et pourraient selon certaines thèses être apparentés aux comtes du même nom,vieille famille originaire du bourg de Matignon, dans les Côtes-d’Armor. Peut-être, à l’origine, furent-ils envoyés dans lesîles pour quelque raison familiale ? Toujours est-il qu’avec la Révolution arriva l’époque sanglante de Victor Hugues. Les têtes nobles tombèrent, quatre mille a-t-on dit.
Pour échapper au massacre les « Matignon » se réfugient alors dans les Grands-Fonds. Ils défrichent quelques arpents de terre, achètent quelques esclaves et survivent ainsi, ignorés de tous. Mais survient l’abolition de l’esclavage (1848); pour eux c’est la ruine. Trop pauvres pour prélever sur leurs petites propriétés le salaire d’ouvriers libres, ils entreprennent d’en assurer la mise en valeur par leurs propres moyens et vivent seuls terrés dans le fouillis inextricable des collines des Grands-Fonds », page 167.

Guide du routard, Antilles. 1993.
« Cet endroit complétement à l’écart du flux touristique, est peuplé par les Blancs-Matignon. Ces paysans à la peau claire, semblent issus d’aristocrates venus se cacher lors de la Révolution. Ils furent ruinés à cause de l’abolition de l’esclavage (1848) et durent cultiver eux-mêmes leurs petits lopins de terre. Evitant le contact avec l’extérieur, ça fait bientôt trois siècles qu’ils se marient entre eux. Cependant, en dehors de moments très particuliers (messes, festivités locales, etc.), il est assez difficile de les rencontrer. Ce sont des cousins éloignés de Caroline de Monaco (elle ne s’en vante pas) », page 114.

Les Antilles aujourd’hui par Louis Doucet. 1977.
« C’est dans ce dédale où les chasseurs d’aristocrates du révolutionnaire Victor Hughes n’osèrent jamais s’aventurer, que les Blancs dit « Matignon », fuyant la guillotine, vinrent se réfugier. On trouve encore nombre de leurs descendants dans les quartiers de Jabrun Sud et Levallois, où ils vivent strictement entre eux, enfermés dans l’inflexible volonté de ne jamais commettre, malgré leur pauvreté, une « déshonorante » mésalliance », page 64.

Guide Arthaud, Antilles. 1990.
« C’est ici que vivent les descendants des Blancs-Matignon, minorité d’origine européenne venur se fixer dans ces campagnes après l’abolition de l’esclavage. La population est relativement pauvre, les cases en bois traditionnelles sont encore très nombreuses. Les Blancs-Matignon encore appelés « petits-blancs », cultivent dans de minuscules propriétés des plantes vivrières: choux-pays, patates douces, ignames, aubergines, carottes, etc. dont ils alimentent les marchés de Pointe-à-Pitre », page 133.

 

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