www.lameca.orgCouleur de peau et parenté
chez les "Blancs-Matignon" de la Guadeloupe :

entre réel et imaginaire

Par Gustav Michaux-Vignes

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4. La troisième génération (1916-1943).

Distribution des individus selon le patronyme et le sexe (1916-1943)

Précisons avant tout que l’intégralité des mariés de la génération précédente sont présents ici en tant que parents.

Avec cette génération, on note un changement dans le choix du conjoint qui s’oriente vers l’exogamie pour 8 mariages sur les 49 recensés. On peut parler d’exogamie car le groupe s’est véritablement formé dans une endogamie encore largement majoritaire.

Les mariages exogames (1916-1943).

Ceux qui se marient ici, en dehors du groupe ont tous des germains dont les mariages s’inscrivent dans l’endogamie; il ne s’agit donc pas d’une fraction du groupe qui se serait désolidarisée. On note aussi que dans 5 cas sur 8, ces unions concernent des femmes « Blancs-Matignon » contrairement aux mariages équivalents de la génération fondatrice. Les 3 cas de mariages inverses sont faits avec 2 soeurs Euder, dont l’une se marie une deuxième fois avec le cousin germain de son mari défunt.
A l’inverse des alliances contractées en dehors de l’ensemble des 7 familles lors de la génération fondatrice, ici sur les 6 noms exogames, 2 sont étrangers à la région des Grands-Fonds: Euder domicilié au Moule mais originaire de l’île de la Désirade et Fabius domicilié à Basse-Terre et originaire de Pointe-à-Pitre. Aussi nous savons que les Capitolin domiciliés et nés au Moule sont des noirs ou des métisses. Nous n’avons pas pu en faire autant pour le patronyme Fabius.

On peut donc noter que les mariages exogames se font davantage avec des hommes blancs (homogamie, 5 cas) originaires et domiciliés au Grands-Fonds ( homochtonie, 4 cas) et par conséquent propriétaires dans la région. La profession des époux, quand elle est précisée, est plutôt favorable: habitant-propriétaire (Blein-Descormier), géreur d’habitation (Lapierre de Melinville), commis principal des contributions (Fabius).

Nous devrons vérifier à la génération suivante si les enfants des unions exogames se marient avec ceux des unions endogames comme on a pu l’observer pour les enfants de l’une des deux unions exogames de la génération fondatrice (Berlet-Sauvan).

Les mariages endogames (1916-1943).

Nous allons présenter maintenant les 41 unions endogames selon le ou les types de liens de parenté entre les époux: cousins germains et issus de germains, cousins germains, cousins issus de germains, mariage avec la ou le cousin(e) germain (e) de la mère et/ou du père, mariage avec la ou le cousin(e) issu(e) de germains de la mère et/ou du père, mariage entre parents par alliance.

Distribution selon le type de cousinage liant les mariés.

Sur les 12 cas de mariage entre cousins germains et issus de germains, 7 sont monolatéraux ( voir la figure précédente, 2 fois Bourgeois-Matignon, Matignon-Roux, Roux-Matignon Matignon-Matignon, Matignon-Ramade et Ramade-Bourgeois) et 5 sont bilatéraux (Matignon-Bourgeois, 3 fois Matignon-Ramade et Bourgeois-Ramade). Parmis les mariages du premier groupe, Matignon s’unit avec Ramade qui est une de nos interlocutrices sur le terrain.

Mariages entre cousins germains et issus de germains bilatéraux.

Il y a 6 cas de mariage entre cousins germains, dont 5 cas entre monolatéraux (Bourgeois-Matignon, Ramade-Berlet, Matignon-Ramade, Matignon-Bourgeois et Matignon-Boucher) et un cas entre bilatéraux( Roux-Matignon).

Avec les mariages entre cousins germains et issus de germains, les mariages entre cousins issus germains sont les cas les plus fréquents. On en compte 12: 3 fois Matignon-Ramade, 2 fois Ramade-Matignon, Bardeur-Ramade, Ramade-Roux, 2 fois Bardeur-Bourgeois, Bourgeois-Bardeur et 2 fois Boucher-Matignon. Ces derniers cas répétés d’unions entre les mêmes familles sont dus aux unions de 2 germains avec deux autres germains.

Il y a 4 cas de mariage avec la ou le cousin(e) germain(e) du père ou de la mère: Ramade-Bourgeois, Roux-Ramade et 2 fois Matignon-Matignon.

Parmi les 2 cas de mariage avec le cousin issu de germain des parents de la mariée, il y en a un où l’époux est le cousin issu de germain de la mère de la mariée (Bourgeois-Berlet) et un autre où l’époux est le cousin issu de germain de la mère et du père de la mariée (figure 1, Ramade-Bourgeois). Celle-ci, C. A. Bourgeois est aussi l’une des personnes âgées que nous avons longuement interviewée.

Figure 1

Enfin, on compte 5 cas de mariage entre parents par alliance d’une famille interposée: Boucher-Bourgeois, Matignon-Roux, Bourgeois-Berlet, Boucher-Ramade et Matignon Roux. Les deux derniers sont le fait d’enfants issus de mariages de la génération fondatrice. L’avant-dernier est composé d’un veuf et d’une veuve mariés chacun à la génération précédente, et le dernier unit une veuve, mariée elle aussi à la génération précédente, au cousin germain de son défunt mari.

5. La quatrième génération (1943-1982).

On compte 69 mariages sur cette période.
Cette génération la plus étendue de toute (elle couvre une quarantaine d’années), par l’importance de la progéniture des familles nucléaires et la longueur de leur période de fécondité, est aussi celle qui marque la fin de la tendance à l’endogamie. Cette rupture se produit au début des années 1970.
Nous avons vu que l’intégralité des individus mariés dans l’endogamie à la deuxième génération se retrouvaient comme parents des personnes mariées à la troisième génération. Sur les 41 unions endogames de la troisième génération, 30 se retrouvent ici comme parents des mariés. Cela signifie que les enfants des 11 familles nucléaires absentes, s’ils ont existé, se sont mariés en dehors de la commune du Moule. La perte importante d’individus à marier qui en découle est ce qui explique, à durée égale, un nombre de mariages inférieur à celui de la génération précédente.

La durée sur laquelle s’étale les mariages s’étendant à chaque génération ( 21 ans pour la première génération, 29 ans pour la deuxième génération, 27 ans pour la troisième génération et 40 ans pour la quatrième génération), a pour effet de produire sur la fin de chacune de ces périodes, des mariages entre enfants de la génération précédente et enfants des premières unions de la présente génération voire entre enfants des mariés de celle-ci. La multiplication des mariages de ce type commence au début des années 1970 mais ceux du dernier type ne deviennent exclusifs qu’à partir de 1982, début de la cinquiéme génération.

Nous allons subdiviser cette génération en deux périodes, de part et d’autre de l’année 1970, à partir de laquelle apparaissent les catégories de mariage évoquées précédemment et où se multiplient les unions exogames.

a) 1943-1970: les mariages des enfants de la troisième génération.

Cette période compte 39 mariages.

Tous les mariages de 1943 à 1970.

Les mariages exogames ( patronymiques) sont au nombre de 8.

Les mariages exogames (1943-1970).

(1) : voir note 46.

Les enfants des 8 unions exogames de la génération précédente sont faiblement intégrés au groupe des « Blancs-Matignon » par voie de mariage. Seuls deux de ces couples unis dans l’exogamie se retrouvent ici comme parents: Remblière-Ramade dont le fils figure dans le tableau précédent, et Ramade-Euder qui ont deux filles dont l’une se marie à Elias (présent dans le tableau). A cette génération, il y a donc 7 unions exogamiques strictes.

La première de ces unions, en 1947, est celle de Elias H.J. et de Ramade M.L., evoquée précédemment. Elias est un commerçant né en Syrie (47) domicilié au moule. Parmi les témoins, il y a un « Blanc-Matignon ».
En 1948, il y a un mariage entre Matignon M.B. et Louis C.G., donc à-priori un mariage exogame entre un « Blanc-Matignon » et une femme non- « Blanc-Matignon ». Nous avons appris auprès de l’un de nos informateurs « Blancs-Matignon » qu’en réalité le Matignon en question n’est pas « blanc » mais métis. Et, d’après son acte de mariage, il est désigné comme enfant légitime parmi d’autres frères et soeurs, d’un père et d’une mère « Blancs-Matignon » mais eux réellement « blancs », et nous avons été étonnés d’apprendre que son véritable père était « noir ». En rapprochant son acte de mariage de celui de ses parents « légitimes », on constate qu’il est né non pas avant le mariage de sa mère en 1905 mais bien après en 1926. Aussi, en plus d’être légitimé par son père adoptif il a été intégré à l’espace de la communauté « Blancs-Matignon » mais pas au point de se marier à une fille du groupe. Nous analyserons plus tard ce cas singulier et les propos qui nous ont été rapportés à son sujet.

En 1953, un autre mariage est contracté avec un homme étranger à la Guadeloupe: Henderson M.H. est un manoeuvre né à la Dominique ( île anglophone située au Sud-Ouest des côtes de la Guadeloupe) domicilié au Moule. Son épouse, Roux A. est l’enfant reconnue de Roux E. M. avant le mariage de celle-ci en 1928. Nos informateurs « Blancs-Matignon » nous ont précisé qu’elle est métis donc de père non-«blanc». Aucun des témoins n’est « Blanc-Matignon ».

En 1956, Alphonse G.D., cultivateur né à Morne-à-l’Eau et domicilié au Moule épouse Bardeur V.A.. Il n’y a pas de témoins « Blancs-Matignon ».

En 1962, Bourgeois C.Z. épouse Delalin E.P., employé de commerce née à Sainte-Anne et domicilié au Moule. Il n’y a pas de témoins « Blancs-Matignon ». La même année, Bourgeois B.F. épouse Bastide N.M., infirmière née sur l’île de Marie-Galante et domiciliée à Saint-Claude. Un des témoins est « Blanc-Matignon ».

Les Saint-Prix entrent dans le groupe par les mariages de deux soeurs en 1966 puis en 1970. Quatre autres Saint-Prix se marieront ultérieurement, dont une avec un « Blanc-Matignon ». Ce sont les enfants reconnus de Saint-Prix F.R., un métis (48), et de Matignon E.M., qui vivent maritalement au Moule.

Les mariages exogames se font plutôt avec des hommes étrangers au groupe (4 cas sur 7) qui sont tous nés en dehors du Moule ( dont un en Syrie et un à la Dominique) mais toujours domiciliés en cette même commune. Quand il y a mariage avec une femme non- « Blanc-Matignon » (3 cas sur 7), celle-ci est née et domiciliée au Moule.

Les mariages endogames (1943-1970).

Cette période comprend 31 mariages endogames.

Distribution selon le type de cousinage liant les mariés.

On compte 3 mariages entre cousins germains dont 1 entre cousins également issus de germains: Ramade-Ramade, Bardeur-Boucher et Berlet-Boucher.

C’est le mariage entre cousins issus de germains qui est le plus représenté ici. Il n’y a pas moins de 15 mariages de ce type dont 4 entre cousins issus de germains bilatéraux et 1 entre cousins issus de germains qui sont aussi issus issus de germains ( respectivement « a », « a’ », « a’’ » dans les tableau ci-dessus).

Il y a 4 mariages entre cousins issus issus de germains: Matignon-Boucher avec lesquels nous nous sommes entretenus, Boucher-Matignon, et deux fois Boucher-Ramade.

Cinq mariages ont été contractés avec un(e) cousin(e) du père ou de la mère de l’époux ou de l’épouse. Dans 2 cas, c’est un(e) cousin(e) germain de l’un des parents: Roux-Matignon et Matignon-Bardeur dont la fille, comme dans le cas de M.B. Matignon, nous a été dite métisse alors que de père et de mère « blancs ». Dans 3 autres cas, ce ou cette cousine est issu(e) de germains: Berlet-Ramade, Ramade-Matignon et Matignon-Matignon.

Enfin, 4 unions impliquent des « Blancs-Matignon » parents par alliance: Roux-Ramade, Berlet-Bourgeois, Roux-Matignon et Ramade-Matignon.

b) 1972-1982: les mariages des enfants de la troisième et de la quatrième génération.

Sur les 60 mariés des 30 alliances de cette période, 45 sont « Blancs-Matignon » alors que les 15 autres sont des étrangers qui apparaissent dans les 15 mariages exogames. Ces 45 « Blancs-Matignon » sont pour 24 d’entre eux des enfants de la troisième génération et pour 21 d’entre eux des enfants de la quatrième génération décrite précédemment.

Six des quinze mariages exogames concernent des enfants de la troisième génération (trois d’entre eux font rentrer dans le groupe le patronyme Saint-Prix) et les neuf autres impliquent des enfants de la quatrième génération. Ces derniers se marient avec des individus inconnus jusqu’alors. Les enfants des personnes mariées dans l’exogamie aux générations trois et quatre n’apparaissent pas ici.
Le patronyme Saint-Prix fait son entrée dans le groupe des « Blancs-Matignon » par le mariage de trois soeurs avec trois « Blancs-Matignon »: Bourgeois-Saint-Prix en 1966, bourgeois-Saint-Prix en 1970 et ici Matignon-Saint-Prix en 1978. Trois autres Saint-Prix germains de ceux-ci se marient en dehors du groupe. On peut considérer ce patronyme comme déjà intégré au groupe par le concubinage de la mère de ceux-ci, une « Blanc-Matignon » avec leur père, un Saint-Prix.

Le conjoint exogame prend ici une autre figure. Il est toujours plutôt de sexe masculin (9 cas sur 15) mais très largement né et domicilié en dehors du Moule (12 cas sur 15 dont un né en France dans le Pas-de-Calais, une née et domiciliée en Martinique, un né à Marie-Galante et un né et domicilié en Guyane). Sur les 10 cas de conjoints exogames domiciliés en Guadeloupe, 6 le sont en Grande-Terre et 4 en Basse-Terre.

Pour cette période intermédiaire il n’y pas plus de 15 mariages endogames.

Les mariages endogames (1972-1982).

Distribution selon le type de cousinage liant les mariés.

On ne compte qu’un cas de mariage entre cousins germains ( Ramade-Matignon) mais où l’épouse est aussi la cousine issue de germain de la mère de son époux.

Les mariages entre cousins issus de germains sont de loin les plus nombreux avec 8 cas (« a » dans le tableau). D’autres liens de parenté entre les époux peuvent s’ajouter. Dans deux cas les époux sont aussi cousins issus issus de germains (Ramade-Matignon et Matignon-Ramade). Pour le couple Ramade-Boucher, l’époux est aussi le cousin issu de germain de la mère de l’épouse. Matignon qui épouse Ramade, épouse également la cousine issue issue de germain de son père.

Sur les 3 mariages entre cousins issus issus de germains, il y a 1 cas où ils le sont bilatéralement: Matignon-Saint-Prix, Bourgeois-Ramade et Matignon-Ramade.

Dans un cas, une femme se marie avec le cousin issu de germains de sa mère et de son père (Ramade-Boucher).

Enfin, deux mariages endogames unissent des individus parents par alliance (Bourgeois-Bardeur et Bourgeois-Boucher).

6. La cinquième génération (1982-1994).

Cette génération n’est pas complète puisqu’elle s’arrête en 1994. Les enfants de la quatrième génération ne sont pas encore tous mariés. Si on soustrait la période 1972-1982 de la quatrième génération, il existe 31 couples mariés dans l’endogamie capables de donner des enfants en âge de se marier de 1982 à 1994. On en comptera en fait 17. On note encore ici une très forte proportion de non-mariages au Moule.

Ici, aucun enfant des unions exogames de la génération précédente n’apparait dans les mariages.
Sur les 42 mariages enregistrés entre 1982 et 1994, on note 37 cas d’exogamie. Cependant au sein de ces mariages exogames, il y a 5 mariages que nous pouvons appeler homogamiques, c’est-à-dire contractés avec des « blancs » non- « Blancs-Matignon » qui sont ici originaires de l’île de Marie-Galante et de celle de Saint-Barthélémy. Deux soeurs Boucher se marient à des Marie-Galantais en 1984 et 1989. Leur autre soeur se marie à un Ramade en 1985 et leurs deux frères se marient en 1993 à des « noires ». Les trois autres mariages homogamiques sont contractés avec des Saint-Barth: un garçon Ramade en 1984, une fille Matignon en 1990 et un garçon Bardeur en 1994. A cette génération ou à la génération précédente, les germains de ces personnes peuvent se marier à des « noirs » ou des « indiens » et à d’autres « Blancs-Matignon ». Seuls les germains de Bardeur sont mariés exclusivement à des « Blancs-Matignon ».

Les 32 autres mariages exogames se subdivisent en deux groupes, l’un composé de 9 mariages faits avec des « indiens » ( dont six hommes et 3 femmes ) et l’autre de 23 mariages avec des « noirs » (10 hommes et 13 femmes). Ces conjoints exogames sont originaires indistinctement du Moule ou des autres communes de l’ensemble de la Guadeloupe, voire de la Martinique. Les proportions de femmes et d’hommes sont équilibrées chez le groupe des conjoints « noirs » ( 10 hommes et 13 femmes) tandis que celles-ci sont déséquilibrées au détriment des femmes chez le groupe des conjoints « indiens » ( 6 hommes et 3 femmes).

Les cinq mariages endogames se déclinent de la façon suivante: un mariage entre cousins issus de germains et issus issus de germains ( Ramade-Boucher), un mariage entre cousins issus de germains ( Bardeur-Ramade), deux mariages entre cousins issus issus de germains mais aussi avec le cousin issu de germains du père ou de la mère ( Roux-Ramade et Matignon-Ramade) et un mariage avec le cousin issu de germain du père de l’épouse ( Ramade-Boucher).

Six « Blancs-Matignon » de cette génération sont nés en dehors du Moule. Cinq d’entre eux sont de la commune de Saint-Claude (sur la Basse-Terre) et un Matignon est né à Paris en 1963 mais se trouve domicilié au Moule lors de son mariage en 1994. Les premiers sont des Ramade et des Boucher dont les parents sont nés et mariés au Moule, respectivement en 1955 et en 1962. Ceux-ci ont eu des enfants nés à Saint-Claude peu de temps après leur mariage, en 1958 pour l’aîné des germains Boucher et en 1963 pour le patronyme Ramade. On peut donc supposer que la migration de ces deux familles vers Saint-Claude remonte à la fin des années cinquante pour l’une et le début des années soixante pour l’autre. Ce phénomène de migration de certaines familles nucléaires peut être une des raisons qui explique l’absence, à la génération suivante, de leurs enfants dans les mariages contractés au Moule, bien qu’ici, ces Saint-Claudiens reviennent au Moule pour se marier ou aussi pour y habiter.

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