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| Chapitre
1.
HISTOIRE ECONOMIQUE ET SOCIALE DES « BLANCS
» DES GRANDS-FONDS. |
Pour
la période comprise entre la deuxième moitié
du XVIIème siècle et la fin du XVIIIème nous
avons utilisé les travaux de George Lawson-Body sur l’histoire
socio-économique des Grands-Fonds qui firent l’objet
d’un article paru dans le Bulletin de la Société
d’Histoire de la Guadeloupe en 1989 et d’une thèse
de doctorat en 1990. Nous utiliserons aussi deux recensements qui
figurent intégralement dans ces travaux, l’un fait
en 1671 et l’autre de 1796 à 1797.
Pour le XIXème siècle, les informations contenues
dans des ouvrages d'histoire sociale, politique et économique
de la Guadeloupe, notamment les travaux de Christian Schnakenbourg
sur le système esclavagiste et l’étude géographique
de Guy Lasserre, seront ajoutées aux données contenues
dans les 210 actes de mariages consultés aux archives municipales
de la ville du Moule puis aux archives nationales à Paris.
La question de l'origine sociale des ancêtres des «
Blancs-Matignon » n'intéresse pas directement notre
propos mais la force avec laquelle elle est investie par les intéressés
eux-mêmes mais aussi et sous une autre forme par les autres
guadeloupéens, ne nous autorise pas à en faire l'économie.
C'est d'ailleurs essentiellement ce point spécifique de l'origine
qui est privilégié. Nous tenterons plus tard de comprendre
une telle crispation sur un thème qui est aussi mythique
et brumeux que les thèses avancées, nombreuses.
Pour le XXème siècle, en plus des données de
l’état-civil, nous avons puisé dans les témoignages
recueillis auprès de quelques anciens de la communauté
« Blancs-Matignon ».
|
I.
Présentation de l’histoire de l’île
et de son de relief. |
A.
Dates marquantes de l’histoire de la Guadeloupe.
- 1493 - Christophe Colomb découvre la Guadeloupe lors de
son deuxième voyage.
- 1635 - L’île devient française.
- 1674 - Colbert institue le « Pacte colonial », on
entre alors dans la période prospère de l’histoire
sucrière fondée sur la traite des « noirs »
et sur leur mise en esclavage.
- 1685 - Avec le « Code noir » ( ensemble d’articles
légiférant sur l’esclave ), les esclaves conçus
comme des propriétés mobilières sont cependant
ménagés par un certain nombre de droits. Sur les plantations,
leur application est exceptionnelle.
- 1774 - Un arrêt du conseil d’Etat abolit officiellement
le statut d’ « engagé » ( le voyage pour
les Antilles offert aux plus indigents des français nourissant
l’espoir de faire fortune dans ces nouvelles terres contre
trois ans de travail sur une plantation ) établit bien avant
l’esclavage des « noirs » considéré
comme plus rentable.
- 1794 - La Convention abolit l’esclavage et délègue
Victor Hughes en Guadeloupe pour veiller à son application.
Celui-ci instaure un véritable régime de terreur qui
coûtera la vie à de nombreux planteurs. Beaucoup d’entre
eux vont réussir à s’enfuir, notamment vers
la Martinique, occupée par les anglais. Il est intéressant
de noter pour notre étude que les propriétaires
d’habitation-secondaires, « petits-blancs » et
« gens de couleur » ont pris le parti de la République
... et se sont, dans leur majorité, mobilisés aux
côtés des esclaves et des soldats contre les planteurs
fédérés ... Ils ont permis le débarquement
de l’émissaire de la Constituante et en patriotes intéressés
au renversement de la classe des « Grands-Habitants »,
ont regulièrement apporté leur soutien à l’action
de Victor Hughes (6).
- 1802 - Sous la pression des planteurs, Bonaparte annule la loi
d’abolition de l’esclavage. Pour cela, c’est le
même Victor Hughes qui sera dépéché aux
Antilles.
- 1848 - Seconde abolition de l’esclavage qui fait de 87 000
esclaves des citoyens à part entière.
- De 1854 à 1885, 45 000 immigrants indiens font le voyage
pour la Guadeloupe, plus rentables que les anciens esclaves et surtout
beaucoup moins réticents au travail dans les plantations.
- 1884 - Débuts de la crise de l’industrie sucrière.
-
19 mars 1946 - Vote de la loi de départementalisation à
l’Assemblée nationale.
B.
Présentation géographique de la Guadeloupe.

La
superficie de l’archipel de la Guadeloupe ( l’archipel
des Saintes, Marie-Galante, la Désirade, Saint-Barthélémy
et Saint-Martin) est de 1705 km².
Il est située au milieu de l’arc des Petites Antilles.
La
Guadeloupe, la plus importante en superficie, est formée
de deux îles, la Grande-Terre (590 km²) et la Basse-Terre
(848 km²) séparées par un étroit chenal
marin, la Rivière Salée. Les neuf dixièmes
de la population( 387 000 personnes) occupent les deux îles.
La Grande-Terre faite de plaines et de plateaux, est de formation
géologique calcaire. Les mornes, petites collines qui lui
sont spécifiques, atteignent au mieux 135 mètres.
La Basse-Terre, beaucoup plus montagneuse, est de constitution volcanique
avec la Soufrière, le plus élevé des volcans
de l’arc antillais (1467 mètres). L’île
dont la ville de Basse-Terre est la capitale administrative, abrite
la grande forêt tropicale, le parc naturel national ( 300
km²). C’est aussi la terre d’election de nombreuses
bananeraies.
La
Grande-Terre, supérieurement urbanisée, avec Pointe-à-Pitre,
la capitale économique, est propice à la culture de
la canne-à-sucre le long de ses grands plateaux.
Le climat, adouci par les alizés, est de type tropical humide,
la température moyenne étant de 26° C. L’année
se subdivise en une saison chaude et sèche, de janvier à
mai (carême), et une saison douce et humide, de juin à
décembre ( hivernage).
C.
Présentation géographique des Grands-Fonds.
Cette partie serait incomplète si le cas singulier du relief
des Grands-Fonds n’était pas présenté.
L’histoire de la région est aussi conditionnée
par son relief. Les Grands-Fonds ne se définissent d’ailleurs
que par l’originalité de leur relief.
Situation
des « Blancs-Matignon » dans les Grands-Fonds du Moule
(carte approximative).

Les
limites de cette région se confondent avec les lignes de
passage à un autre relief : au Sud le rivage du petit Cul-de-Sac,
à l’Ouest la plaine des Abymes, au Nord celle de Grippon,
et à l’Est les plateaux de Sainte-Anne et du moule.
C’est
aux Grands-Fonds que la Grande-Terre atteint son altitude maximale
avec des mornes pouvants atteindre 135 mètres. La multiplicité
de ces mornes élevés aux pentes vives, séparés
par de profondes et nombreuses ravines au fond plat ( d’une
hauteur moyenne de 50 mètres) est ce qui fait la singularité
de cette unité géographique. Le profil particulièrement
accidenté de cette masse calcaire soulevée est le
produit d’une érosion fluvio-karstique.
Le
type de cultures pratiquées dans cette région a été
imposé par son relief et celui-ci en a rendu l’accés
longtemps difficile. Son actuel réseau routier date de la
fin des années 50. Le refuge que la région a pu constituer
pour les « nègres-marrons » s’explique
aussi par sa géographie.
La topographie des Grands-Fonds
(cartes tirées dela thèse de Guy Lasserre)

II.
La migration des ancêtres des « Blancs-Matignon
» vers l’espace géographique des Grands-Fonds
puis leur concentration au Moule. |
A.
L'arrivée des ancêtres des « Blancs-Matignon
» aux Grands-Fonds.
Selon
G. Lawson-Body, les ancêtres supposés des « Blancs-Matignon
» font partie d'un vaste « groupe ethnico-social »
celui des « petits-blancs ». Ceux-ci sont les premiers
à avoir mis en valeur l'île de la Grande-Terre sous
la forme de petites-habitations (7)
installées d'abord sur « la ceinture périphérique
de la zone des Grands-Fonds, c'est-à-dire les premiers «
estages » (8) concédés
dans le quartier du Gosier (tous bornés d'un côté
par la mer) et les terres qui prolongent immédiatement les
concessions des plateaux de Sainte-Anne et de la plaine des Abymes
» (9).
Dans
l'histoire de ce groupe une subdivision en deux catégories
est opérée, les colons de la première génération
et ceux de la deuxième génération.
La
première génération de petits-blancs est composée
des tous premiers colons arrivés à la Guadeloupe,
à l'époque où il était encore question
de faire de l'île une colonie de peuplement, donc bien avant
la période de mise en valeur de la Grande-Terre qui date
quant à elle du milieu du XVIIème siècle. La
Basse-Terre étant la seule île encore occupée.
C'est avec l'avènement du sucre et de l'ère de l'exploitation
agricole de la colonie dans un but purement mercantiliste que va
s'opérer une rupture au sein de ces premiers colons; d'un
coté, ceux qui auront les moyens financiers de répondre
aux coûts, forts élevés, que demandent l'installation
et l'exploitation d'une habitation-sucrerie; de l'autre, ceux, pas
assez possédants, qui devront dès lors se tourner
vers les cultures qui deviennent ainsi secondaires: le cacao, le
café, l'indigo et le coton. Ceux-là seront acculés
à vendre leurs propriétés foncières
et devront se contenter des terres considérées sans
valeur à l'époque et boudées par les habitants-sucriers,
en l'occurence celles des Grands-Fonds.
Les
« Blancs-Matignon » actuels trouvent 50% de leurs ancêtres
chez ces colons malchanceux, comme le montre l’analyse des
deux recensements qui figurent dans l’article de G. Lawson-Body,
l'un de 1671, le « desnombrement des terres de l'isle Guadeloupe,
Grande-terre et Saintes », l'autre de 1796-1797, l’
« Etat Nominatif des Citoyens... ». Ceux-ci fournissent,
entre autres informations, les noms des propriétaires de
petites-habitations et notamment les patronymes aujourd'hui considérés
comme étant ceux des « Blancs-Matignon » (Ramade,
Matignon, Boucher, Bardeur, Bourgeois, Berlet, Roux et Saint-Prix).
Dans
le recensement de 1671, on trouve un certain Claude Boucher, «
maistre de caze » (10)
de deux petites habitations, l'une de 20 hectares, dans le premier
étage de Sainte-Anne et l'autre, s'étendant sur 10
hectares, plus à l'intérieur des terres, au deuxième
étage de Sainte-Anne. De tous les patronymes qui nous intéressent,
c'est le seul que l'on trouve à cette date sur l'île
de la Grande-Terre.
C'est en Basse-Terre qu'apparait un autre Boucher, de son prénom,
François, propriétaire d'une habitation de 27,5 hectares
sur la montagne Saint-Charles; puis sur la même île
Noël Bourgeois et son habitation de 15 hectares à Vieux-Fort;
Léonard Matignon « maistre de caze » d'une toute
petite habitation de 0,37 hectares dans la région du Petit
Cul-de-Sac; et enfin Charles Le Roux de Lamarre propriétaire,
au même endroit, d'une habitation de 20 hectares. Nous faisons
l'hypothèse d'un lien généalogique entre ce
dernier patronyme et celui de Roux car nous avons quelques fois
constaté, en consultant les registres de mariage, l'adjonction
d'autres noms à nos patronymes souches (par exemple Matignon-Carrère
et Matignon-Delor pour le patronyme Matignon).
La
présence de ces colons à la Basse-Terre ne durera
pas très longtemps. Ils font vraisemblablement partie de
ces derniers récalcitrants, peu fortunés, qui auront
tôt fait de caresser un autre rêve que celui onéreux
de l'activité agricole cannière, particulièrement
avec la crise de ce secteur dans le dernier quart du XVIIème
siècle. C'est dans un tel contexte qu'ils se seraient déplacés
vers les Grands-Fonds où, d'après le recensement de
1796-1797, se trouveront leurs vraisemblables descendants.
La
deuxième catégorie de « petits-blancs »
se distingue de la première par l'arrivée plus tardive
de ses membres dans la colonie et ce, directement à la Grande-Terre.
Ils ont cependant en commun la particularité d'être
exclus des terres-à-canne. Leur période d'installation
dans la colonie s'étend de la fin du XVIIème siècle
au XIXème siècle. Les ancêtres des patronymes
« Blancs-Matignon » tels que Berlet, Bardeur, Ramade
et peut-être Saint-Prix appartiennent à cette catégorie.
Dans
le deuxième recensement (1797), on peut trouver deux habitations
situées à Sainte-Anne, l'une appartenant à
Valory Berlet et l'autre à Ainé Berlet. Si, dans le
recensement, il est dit que le premier est un « blanc »,
pour le second il n'en est rien. Comme il figurait dans la liste
des habitations secondaires placées sous séquestre
(11) et donc absent, il n'a
pas été possible lors du recensement de constater
si Ainé Berlet appartenait à la catégorie des
« blancs », des « gens de couleur » ou des
« noirs affranchis » car, selon G. Lawson-Body, des
alliances se seraient contractées entre blancs et noirs.
On est donc en mesure d'affirmer que l'apparition du patronyme Berlet
dans les Grands-Fonds est antérieure à la fin du XVIIIème
siècle.
Aussi,
les patronymes restants, non présents dans l'« Etat
Nominatif des Citoyens... » de 1797, sont apparus dans la
région après cette année, à moins que
les personnes qui les portaient n'aient pas été des
habitant-propriétaires (12).
Pour les retrouver après cette date, il faut se baser sur
les données de l'état civil de la commune du Moule.
Le premier registre que nous ayons consulté date de 1806
soit dix ans après le recensement. Nous devons préciser
cependant, que la présence des patronymes Ramade, Bardeur
et Saint-Prix a pu être observée dans les registres
des communes voisines: Sainte-Anne, Morne-à-l'Eau et le Gosier.
Ainsi ces mariages combinés aux premiers actes recueillis
au Moule peuvent nous indiquer approximativement la période
d’installation, par conséquent peuvent fournir pour
chacun de ces trois derniers patronymes, une approximation de la
période à laquelle ils ont pu apparaître aux
Grands-Fonds.
Dans
nos données, Auguste Ramade et Antoine Bardeur sont les représentants
les plus anciens des généalogies de ces deux patronymes.
Ils figurent tous deux dans les actes de mariage de leurs enfants
respectifs avec des conjoints « blancs » et dans lesquels
ils sont dit propriétaires residant dans la commune de Morne-à-l'Eau.
A la vue de l’année de naissance du fils Bardeur (1804)
et de celle du père Ramade (1790), calculée à
partir de son âge indiqué dans l'acte de mariage d'une
de ses filles, on peut arrêter la période d'arrivée
dans les Grands-Fonds, à 1790 pour les Ramade et à
1804 pour les Bardeur. Enfin, le patronyme Saint-Prix est certainement
apparu au Grands-Fonds du Moule avant la deuxième moitié
du XIXème siècle car le premier mariage conclu date
de 1841. C'est seulement à partir de 1964 que des alliances,
au demeurant fort peu nombreuses (13),
se contractent entre des « Blancs-Matignon » et ce patronyme
étrangement considéré de nos jours comme appartenant
au groupe.
A
défaut de proposer les dates précises de l'arrivée
des ancêtres des « Blancs-Matignon » dans les
Grands-Fonds, on est néanmoins en mesure de dire que la période
de cette installation commence dès la deuxième moitié
du XVIIème siècle et se termine au début du
XIXème siècle soit durant un siècle et demi.
B.
Concentration dans les Grands-Fonds du Moule.
La
source la plus ancienne que nous utilisons est évidemment
l'« Etat Nominatif des Citoyens... » qui précise
le quartier (commune) d'habitation de chaque propriétaire
recensé. On peut, à ce titre, établir trois
catégories: les patronymes localisés au Moule dès
1796-1797 dans le recensement, les patronymes trouvés en
ces mêmes années dans les autres quartiers et enfin
les patronymes complètement absents de ce recensement. On
peut aussi subdiviser les deux premières catégories
selon que les porteurs des patronymes présents dans le recensement,
se retrouvent ou pas dans nos registres de mariage.
Dans
le recensement de 1797, les deux patronymes que l'on trouve déjà
présents au Moule sont ceux de Boucher et de Bourgeois. Sur
les trois Boucher et les deux Bourgeois signalés, on trouve
les sujets fondateurs des généalogies patronymiques
correspondantes que nous avons constituées à partir
des actes de mariage: Guillaume Boucher, Louis Alexandre Boucher
et Félix Bourgeois. L'installation au Moule de ces deux patronymes
remonte par conséquent bien avant la fin du XVIIIème
siècle.
Quant
au patronyme Matignon, son premier représentant dans la généalogie
du même nom est aussi présent dans le recensement.
Il est signalé à la commune de Morne-à-l' Eau
en la personne de Francois Matignon-Delor. La date de son installation
au Moule se situe donc entre 1797 et 1816, année où
il est domicilié en cette même commune d'après
l'acte de mariage de son fils.
Dans
le recensement, Berlet apparaît uniquement dans la commune
de Sainte-Anne. Le premier dans l'arbre généalogique,
Louis Arthur Berlet, passera de cette commune à celle du
Moule dans la période qui recouvre la naissance de deux de
ses enfants, c’est-à-dire entre 1844 et 1847.
En
1796-1797, on trouve un Leroux « petit-blanc » au Gosier
mais aussi un autre au Moule dans la catégorie « gens
de couleur » ensuite ce nom se réduit à Roux
en la personne de Baptiste Myrtil né à Pointe-à-Pitre
en 1836 et domicilié au Moule lors de l'enregistrement de
son mariage en 1861. Année qui clôture donc la période
d'installation des Roux au Moule.
A
l'instar des Berlet, les Ramade quittent leur domicile initial,
sis en la commune de Morne-à-l'Eau, pour celle du Moule,
entre la naissances (1841 et 1843) de deux de leurs enfants.
Enfin,
le patronyme Bardeur passera de la commune de Morne-à-l'Eau
à celle du Moule entre 1871 et 1885, dates de naissance de
deux de ses représentants.
On
constate que la période d'installation définitive
de tous ces patronymes dans les Grands-Fonds du Moule, s'étend
jusqu'en 1885 et ce, de façon très irrégulière.
Aussi, c'est surtout la commune de Morne-à-l'Eau qui concentre
le plus de familles: Matignon, Ramade et Bardeur. Sainte-Anne est
la deuxième et dernière commune de provenance des
ancêtres des « Blancs-Matignon » avec la famille
Berlet.
TABLEAU
RECAPITULATIF.
(1) : voir note 14.
(2) : voir note 15. (3) :
voir note 16.
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