Etude de la poésie gwoka
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La notion de Nèg-mawon

 

Etude de la poésie gwoka : La notion de Nèg-mawon
par Marie-Line Dahomay
Mission de Collecte des Traditions Musicales et Dansées de la Guadeloupe - Médiathèque Caraïbe
Texte écrit à l’occasion de la commémoration de l’Abolition de l’Esclavage organisée par le CORECA et AKIYO le 24 mai 2007 au centre culturel Sonis (Pointe-à-Pitre).

 

La pratique du marronnage, qu’elle soit individuelle ou collective jalonne l’histoire de la Guadeloupe durant l’esclavage. Cependant, il n’y a pas - comme à la Jamaïque ou en Guyane, de vastes communautés de marrons repérées pour une transmission forte de pratiques et de croyances ancestrales à nos jours. L’image du Nèg-mawon demeure tout de même très présente dans les mémoires et la musique, terrain propice à l’imaginaire collectif, abonde de représentations multiples, sans cesse renouvelées, de ce personnage de l’histoire.

La musique traditionnelle gwoka porte plus que toutes autres, l’empreinte de la vision des guadeloupéens du Nèg-mawon. Elle a quelque chose à dire des rapports de ce dernier avec son histoire...

La langue française désigne l’esclave fugitif ayant quitté la plantation ou la maison du maître par le terme «marron». Celui-ci provient du terme espagnol «cimarron» relatif aux animaux domestiques qui retrouvent l’état sauvage. Ce terme péjoratif était encore utilisé au cours de la première moitié du 20ème siècle pour désigner les repris de justice ou autres personnes vivant dans le bois. Certaines mères de familles effrayaient leurs enfants en leur disant «Nèg-mawon ké manjé'w!» ou «èg-mawon ké pwan'w!». Mais, à partir des années 50/60 ce mot connaîtra une toute autre histoire: le Nèg-mawon deviendra le symbole de résistance voire de libération et dès les années 80 apparaîtra une profusion de compositions musicales sur ce thème.

Plusieurs facteurs concourent à un tel changement:

La remise en question de l’histoire de la Guadeloupe enseignée dans les écoles.
Les études socio anthropologiques des populations Noires de la Caraïbe et des Etats-Unis (M. Herskovits, Roger Bastide…) parleront des luttes marronnes durant la période esclavagiste dans la Caraïbes et aux Etats Unis. La notion des «ancêtres gaulois» disparaîtra des cours. Il sera porté à la connaissance de tous, le rôle fondamental joué par les insurrections d’esclaves dans le choix du gouvernement français d’abolir l’esclavage. Des Noirs anti-esclavagistes locaux seront érigé en héros et Victor Schœlcher relayé au second plan. Une image positive du Nèg-Mawon cheminera dans les consciences…

Un long processus de quête et d’affirmation d’une identité guadeloupéenne.
Il s’opère dans les milieux intellectuels, estudiantins, lycéens, ouvriers dès les années 50 à travers divers mouvements politico culturels nationalistes, indépendantistes rejetant le système colonialiste français et de sa culture. Durant cette période, la musique gwoka sera reconnue comme musique nationale spécifique de la sphère guadeloupéenne et comme flambeau de la lutte pour la libération.

Le renforcement de l’image du Nèg-mawon
Tout d’abord au cours des évènements des années 67 et 80, où les emprisonnés politiques arrêtés seront qualifiés avec fierté par la population de Nèg-mawon. Puis, lors des différentes commémorations organisées dans toute l’île par de nombreuses associations, les mairies, les écoles, les instances publiques (07 juin 1794, 28 mai 1802, 27 mai 1848, le cent cinquantenaire de l’Abolition…) où les groupes artistiques sollicités expriment une grande créativité autour de l’histoire et du Nèg-mawon. Citons aussi les actions menées pour la reconnaissance de l’esclavage comme crime contre l’humanité comme amplificateur de la notion de marronnage en Guadeloupe.


Ces différents facteurs conduisent tant à une revalorisation du Nèg-mawon qu’à une redéfinition du terme. Aujourd’hui, le Nèg-Mawon se reconnaît dans l’acte du «pété-chenn» ou du «kasé-kod» et dans celui d’une rupture avec le système colonial ou de toute résistance même individuelle. De l’esclave en fuite, il s’étend à Ignace, Delgrès, Massoto, Solitude, jusqu’à Vélo, voire même à certains politiciens, syndicalistes ou à certains marginaux. Dans le monde du gwoka en particulier, le Nèg-Mawon devient une manière d’être de l’artiste dans la société dans le sens de la résistance culturelle. L'histoire du Nèg-Mawon et du gwoka sont indissociablement liés dans les mémoires, par la croyance fortement enracinée et non prouvée historiquement, de la conception, la préservation, la transmission de cette musique par des communautés marronne tout au long de l'esclavage à nos jours. Cette croyance populaire définit le tambour ka comme l'instrument de lutte pour la liberté.

Cette étude porte sur 28 textes de musique gwoka ou de gwoka moderne choisis parmi le fond de la Médiathèque Caraïbe et parlant directement ou indirectement du Nèg-Mawon:

7 titres spécialement dédiés au Nèg-Mawon (ayant pour titre Nèg-Mawon)
11 mentionnant ce terme
10 évoquant des métaphores, des symboles du Nèg-Mawon

Antérieurement aux années 80 seuls deux titres ont été trouvés: «Nèg-mawon, Balata Bèl Bwa» n’a pu être identifié dans le temps mais reconnu comme très ancien et d’origine non définie. «Tanmaren tini dé gad-mobil» enregistré dans les années 60 parle de: «dé gad-mobil sé dé fanm mawon ki baré mwen» se référant à des femmes amies de Robert Loyson qui vivant dans les bois et de «mœurs légères» (Confirmé par Yvon Anzala). A cette époque, le terme était encore péjoratif.

Puis, en 1985 le «Nèg-mawon» de Maryse Mouliet apparaît sur un vinyle dédié aux emprisonnés politiques de l'ARC, 1982 Jean-Claude Antoinette écrit «Nèg-mawon mwen ka mandé’w padon pou ki rézon» qu'il enregistrera plus tard avec VAN LEVE, 1986 Fred Azède sort «Evè on pwen an ké pété chenn la» avec le groupe FOUBAP, 1990 Christian Lavizo «Nèg-Mawon» avec HORIZON. Il s'en suivra chaque année une production abondante de morceaux sur le marronnage et l'esclavage en général.

A la lecture de ces textes se dégage une ferme volonté des compositeurs de ressusciter le Nèg-mawon, de le faire revivre, voire d'incarner son histoire. Ils passent facilement du yo à nou à an, du temps passé au présent, d'hier à aujourd'hui, comme s'il existait une solution de continuité entre l'ancêtre et lui, l'histoire et le présent:

Yo kriyé mwen Nèg-Mawon Yo kriyé mwen Nèg a la lwa Yo kriyé mwen Nèg anraj éAn Afrik yo ay chèché yo Abo bato yo travèsé Nou lité pou libèté An Nèg-Mawon yo vin touné Nou vin touvé la libèté Mé malgré sa fo nou lité…
(Atouka Ka)

Le portrait du Nèg-mawon à travers les compositions gwoka décritun Nègre qui se bat pour la liberté ou qui a fait le choix de vivre libre. Un Nègre le plus souvent venu d’Afrique, emmené par bateau, échappé de la plantation (Nèg Chapé) pour aller vivre dans les bois ou en «savann». Il s'est libéré de ses chaînes lui-même. Il exprime sa liberté par un cri comme un enfant naît à la vie. Il peut se battre pour la liberté jusqu'à en mourir et son combat est toujours victorieux. Il demeure gagnant, car ce combat a permis que nous soyons aujourd'hui des hommes libres. Il s'est battu pour nous, il est mort pour nous. Le Nèg Mawon serait donc un sacrifié sur l'autel de la liberté pour le bien de ses descendants et le sang rédempteur versé signe leur histoire.

Wi sé mwen ki nèg mawon pété chenn a lesklavaj Nèg mwen rentré an bwa pou gannyé la libèté
(C. Polyphème)

Yo pété chenn a kolon é yo pati at goumé
(A. Archeron)

Yo ka kriyé la libèté
(Atouka)

Davwa la libèté, davwa la dinyité Davwa tout nonm sé nonm, Nèg èsklav révolté yo Davwa la libèté, davwa la dinyité Davwa tout nonm sé nonm, Nèg mawon libéré yo
(A. Broussillon)

Yo lité yo goumé tou sa pou nou Libèté yo té vlé tousa pou nou Dinyité yo té vlé tousa pou nou
(C. Lavizo)

Avè san a-yo nou signé libération
(Zagalo)

Selon certains textes, on ne naît pas Nèg-mawon, on le devient, on «tourne en Nèg Mawon». Tout comme il est dit en créole «touné an chyen», cette expression utilisée souvent dans les textes signifie le changement radical de vie, d'espace, de manière d'être qui s'opère lorsque que l'on fait le choix du marronnage. Combattant aussi pour la liberté dans le sens de la résistance identitaire, le Nèg-mawon est digne et fier de son patrimoine culturel et il se bat pour garder sa dignité.

Olyé an pèd dinyité an-mwen olyé an pèd fyèwté an-mwen olyé an vann nam an-mwen pisimé mont’an filao.
(C. Polyphème)

Les chants gwoka soulignent la ferme détermination du Nèg-mawon, sa rage nourrie d’une conscience ancrée dans ce qu’il est: un kumba, un wana ou un songo. Cette conscience profonde qu’il possède de sa propre valeur, lui donne la force de refuser de se soumettre ou de considérer quelqu’un d’autre supérieur à lui.

Ni èsklav ki touvé fos, yo pété chenn Yo rètouné an bwa, yo libéré yo, sa ki té kumba rété kumba Sa ki té wana rété wana Sa ki té songo rété songo Onè é res pé pou nèg mawon
(Luc Hubert Séjor)

Mèt ka di-mwen an sé Boby manman Mé mwen sav an sé Kounta Kinté manman An vlé rété Kounta Kinté manman Jiska lanmo an sé Kounta Kinté
(Eric Cosaque)

Les paroles de ces chants expriment aussi une grande admiration pour l’ancêtre Nèg Mawon, doublée d’une volonté proche du devoir de lui rendre hommage par des actes spirituels: la prière, des litanies, des rituels, la transmission de lumière par la pensée afin d’apaiser leurs souffrances, leurs tourments. Kamite demande la «charité pou yo».

An limé bouji Tout biten chanjé Lajénès ké konpwann ki jan dè moun zot té yé
(Van Lévé)

Hommage aussi par l’exaltation de leur combat et de leur victoire et le souci de reconnaissance. Certains demandent même pardon de n’avoir pas su plus tôt leur histoire, la réalité de leur vécu, la dimension de leur combat.

Ou vwè listwa dè Frans non a zot pa ékri Adan ansiklopédi a yo non a zot pa ékri Mé adan tèt a tout nèg sé la ki’y dwètèt enskri Nèg mawon mwen madé’w padon pou ki rézonyo di mwen sé vou ki pabon
(Van Lévé)

Woulo woulo woulo bravo Nèg Mawon Yo pa ba zot la libèté Zot-menm ki libéré zot
(C. Polyphème)

Le Nèg Mawon est un «Nèg a tanbou» Il joue du tambour et communique par le tambour avec les autres. Le tambour est à la fois sa force spirituelle et sa force de combat. Il porte la lumière et soulage de la douleur. Il conduit vers la victoire. Le tambour appelle au combat, rassemble, c’est une arme, un moyen de lutte, de libération, de stimulation. C’est aussi un objet rituel, spirituel qui nourrit l’âme et qui est l’âme même du Nèg Mawon. Luc Hubert Sejor a créé la Prière du Nèg Mawon où la répétition des noms des 7 rythmes de gwoka permet d’invoquer les ancêtres marrons: «toumblak ka léwoz ka menndé kalaja ka graj ka grajanbel ka woulé».
Il dit:

Gras a son a tanbou a-yo ki téka nouri lèspwi a-yo Mi èsklav ki touvé fos, yo pété chenn Yo rétouné an bwa, yo libéré yo
(Luc Hubert Séjor)

Le Nèg Mawon et le tambour ont donc en partage le même combat: «Sé Nèg Mawon ki libéré nou, Son a ka la ki libéré nou.» La musique gwoka est la musique des Nèg Mawon. Le guadeloupéen peut en être fier car elle n’a rien à envier à la musique occidentale:

Apa mizik a yo ki là mizik an nou mizik a Nèg Mawon
(Lékouz)

Selon certains auteurs, tous les Guadeloupéens sont les héritiers du Nèg-mawon. Ils héritent certes de la musique gwoka, mais aussi de la personnalité du Nèg-mawon (sa force, son courage, son orgueil, sa volonté) habitant parfois le son du tambour ka.

Sé son a gwo tanbou la Ki mété limyè ki an nou Ki fè nou gannyé on konba Fos é kouwaj owgeuy é volonté…Yo lésé on konsolasyon Yo kréyé on konsolasyon Sé té gwo tanbou la
(Zagalo)

Sé gras a nèg mawon si nou ni on pèsonnalité Sé gras a nèg mawon si jodi jou nou pé palé Sé gras a nèg mawon si ou vouè yo ka rèspèté nou Sé fos a nèg mawon ka kenbé nou a si lé pié
(A. Broussillon)

Enfin les guadeloupéens héritent non seulement du caractère combatif des Nèg Mawon, mais aussi de son combat lui-même contre le même système dominant. «Kenbé rèd sitou pa moli douvan misyé la ka kenbé fwèt la» nous dit aujourd’hui Guy Conquet: même tableau, même combat...

Wi nou ja goumé pou la libèté! Jodijou nou libéré Men kanmenm kolonizé Fo nou kontinyé lité Pou nou pé touvé Sa yo kriyé libèté
(Jocelyn Virapin)

Le combat des Nèg Mawon est devenu celui des guadeloupéens: on s’approprie un combat émergé de l’histoire en le poursuivant dans le présent. De ce fait, la notion de Nèg Mawon est omniprésente. Nèg mawon toujou la Cimarron toujou la Lévé nèg ki lévé Sé vérité nou ka kriyé
(Akiyo)

La notion évolue avec le temps et les évènements de la société guadeloupéenne. Elle englobe aujourd’hui ceux qui s'insurgent contre le système colonialiste français, ceux qui se mobilisent pour un changement radical dans le pays, ceux qui se battent pour l'indépendance de la Guadeloupe. Les luttes syndicales sont comparées aux luttes pour la liberté:

Nou vin touvé la libèté Mé malgré sa fon ou lité Lé sendika yo ka lité Pou nou mété la libèté
(Atou Ka)

La notion de Nèg-mawon inclut aussi ceux qui cherchent à se libérer de l’enchaînement mental: la religion, le système éducatif, le système de consommation, le système de classe sociale, la science, … Héritage d’un enchaînement... Apparition de chaînes nouvelles.

An pyé an men an-nou yo ja pété chenn Men fon ou kontinyé lité Pou yo pa vin anchenné lespri an-nou
(J. Virapin)

Evè on dwèt an ké mannyé chennla Evè dé dwèt an ké soukwé chenn la Evè twa dwèt an ké bandé chenn la Mé évé on pwen an ké pété chenn la
(Azède)

Nou kalé aboli yo Nou kay pété chenn a papa Nou kay libéré manman ô
(Dominique Tauliaut)

Déséré nou dé may!
(Eric Cosaque)

Si jodi jou nou pété chennla Sé fos a tanbou la é kaladja
(Héritage)

Cette étude réalisée par la Mission de Collecte des Traditions Musicales et Dansées de la Médiathèque Caraïbe, se veut demeurer un simple miroir en restituant le plus fidèlement possible, l’image du Nèg-mawon révélée par les chansons de la musique gwoka. Il donne quelques pistes sur la manière dont l’artiste porteur de l’imaginaire collectif, appréhende à la fois l’histoire et le présent à travers le personnage Nèg-mawon. La liste des textes étudiés est bien sur non exhaustive, (elle provient du fond discographique de la médiathèque) mais la richesse de ces textes permettra d’ouvrir une réflexion, un débat sur le sujet traité.

Marie-Line Dahomay

 

 

Corpus et Références discographiques

titre de l'album interprète titre du morceau auteur
Anba sann   Nèg Mawon Maryse MOULIET
Van lévé VAN LEVE Nèg Mawon Jean-Claude ANTOINETTE
Van lévé VAN LEVE An Ki Fasson Marcel MAGNAT
Bouva nwèla - Musique culturelle guadeloupéenne VOLTAGE 8 Nèg Mawon Eric COSAQUE
Chenn a Kounta Kinté Eric COSAQUE et VOLTAGE 8 Chenn a Kounta Kinté Eric COSAQUE
Evè on pwen FOUBAP Evè on pwen F. AZEDE
Gwoka HORIZON Nèg Mawon Christian LAVISO
Gèl a yo POUKOUTAN Woulo pou yo Armand ARCHERON
150 ans SOLEY NWE Nou pa africain Nelson H. POULET
150 ans SOLEY NWE Joué tambou NELSON
150 ans SOLEY NWE 150 ans Jean-Claude NELSON
Eureu èvè l’Euro ??!! SOLEY NWE A Gorée  
Eureu èvè l’Euro ??!! SOLEY NWE Honnè  
Du premier voyage au retour au Ka LUKUBER SEJOR La foule Lukuber SEJOR
Du premier voyage au retour au Ka LUKUBER SEJOR Prèmyé vwayaj (1980) Lukuber SEJOR
Pawol e mizik kon tilili LUKUBER SEJOR La Foule (1993) (priyè a Nèg Mawon) Lukuber SEJOR
Pawol e mizik kon tilili LUKUBER SEJOR 1802 a 2002 Lukuber SEJOR
1998-1848 :150ème Anniversaire - Hommage aux Marrons LUKUBER SEJOR - VWA POU LOUE KA Im a Gwadloup 90 Lukuber SEJOR
René PERRIN KONCEPT KABANN Penn é mizè René PERRIN
Chaltouné «è à neg mawon» CHRISTIAN LAVISO Nèg Mawon Christian LAVISO
Génération Balkouta BALKOUTA Ban Nou Lè Patrick RILCI & Dominique TAULIAUT
Génération Balkouta BALKOUTA Mandé Yo Alain CASTAING
Musique voix percussion ERICK COSAQUE Nou Rivé O bo menm batola Erick COSAQUE
Musique voix percussion ERICK COSAQUE Memorial Erick COSAQUE
Kalpata GAOULE MIZIK Di yo Michel LAURENT
Jouwaka FOS 3 Nèg kongo Patrick TULIPE
Atou Ka ATOU KA Nèg Mawon J.P. Dhemmin & D. LOSIO
Radikal BWA BANDE Frè d’Afrik  
    Libèté Jocelyn VIRAPIN

Tous ces titres sont disponibles à la Médiathèque Caraïbe

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