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SOMMAIRE

Les consonnes au sein des mots créoles
Konsònn andidan sé mo kréyòl-la



Considération attentive des consonnes:
Consonnes simples, unités de sons et consonnes complexes, unités de sons

On distinguera les consonnes simples symbolisées par une seule lettre. Il y en a 18 :

p, b, m, t, d, n, k, g, f, v, s, z, j, l, r, w, y, h

On notera des consonnes simples symbolisées par deux lettres. Il y en a 2 :

ng, ch

Attention: On notera que la prononciation de ces consonnes n’est pas une addition des 2 lettres par lesquelles elles sont symbolisées.
Zing ‘menu morceau’ , zong ‘petite quantité’, konggré ‘congre’.
Chi ‘oust’, maché ‘marcher’, kouch ‘lit’.

On identifiera des consonnes qui ne sont pas simples, dont la prononciation est d’une certaine complexité.
Ces dernières sont symbolisées par deux lettres formant un son complexe. Il y en a 3 :

gn, ky, gy

Attention: Une consonne complexe est une unité de son comme les consonnes simples. Par exemple gn dans gnak ‘infime quantité’ est une unité de son. Ce n’est pas l’addition de g+n.

L’observation attentive des consonnes montre les consonnes comme suit :

au début du mot,
au sein du mot
en position finale du mot

Attention: En créole, en position finale du mot, toutes les consonnes sont prononcées. Il n’y a pas de ‘e’ muet. Il n’y a pas de consonne muette :
Chat, lachas, rat, ras, plat, plas, kout, kous, planch, plant

W et Y : deux consonnes importantes de la graphie du créole

En début du mot devant voyelle
Entre deux voyelles
Entre voyelle et consonne : CCV
En position finale du mot
W

Woté
‘ôter, enlever’

Awa
‘non’

Mwen
‘je, me, moi’

ne s’emploie pas dans cette positon

Y

‘hier’
Mayé
‘(se) marier'
Pyé
'Pied’
Nèy
‘Nul, nulle’

Les 2 consonnes w et y, que l’on a également tendance à traiter comme des semi-voyelles, jouent le même rôle que les consonnes l et r. Comparons leur position respective au sein des mots ; elle est identique :
Fyè -frè- fwé- flè
C’est cette identité de position qui conduit à assimiler w et y comme des consonnes. .

Les consonnes complexes ‘KY’ et ‘GY

En début du mot
Au sein du mot
En position finale du mot
KY
Kyouyé
‘tuer’
Kyakya
‘variété de poisson’
En créole guadeloupéen, les 2 consonnes n’existent pas en position finale du mot
GY
Gyaka
‘alerte(adjectif)’
Kalagya
‘danse et rythme’

Attention: Ces deux consonnes sont des unités de sons. Ce ne sont pas l’amalgame respectif de k+y et de g+y.
Plusieurs graphies : Des variétés de prononciation en Guadeloupe, ont entraîné des variétés de graphies:
Tch : tchouyé – ty: tyouyé – tj : tjouyé – et enfin celle qui est popularisée dans l’enseignement en Guadeloupe: kyouyé et que nous adoptons, parce que plus populaire.
Djaka – dyaka – et enfin celle qui est popularisée dans l’enseignement en Guadeloupe : gyaka et adoptée ici
.

Les consonnes simples P, B, T, D, K, G, F, V

Au début du mot
Au sein du mot
En position finale du mot
P
Palé
‘parler’
Pap
‘papier’
Fap
‘rapidement’
B
Balé
‘balaie’
Bab
‘se disputer’
Tab
‘table’
T
Tayé
‘tailler’
Lanti
‘lentilles’
Kat
‘quatre; carte’
D
Dèwò
‘dehors’
Madè
‘madère’
d
‘rouge’
K
Kas
‘casque’
Kako
’marron’
Zikak
‘icaque’
G
Gòlèt
‘perche’
Mango
‘mangue’
Bag
‘bague
F
Fèlè
‘corps, carcasse’
Zafè
‘affaire’
Chif
‘chiffre’
V
Vètè
‘ver de terre’
Ankavé
‘encavé’
Bav
‘bave’

A propos de la consonne K du créole: Un son, une lettre et toujours la même lettre

Français
Créole
-qu- du français est égal à k du créole
Marque, qui, embarquer
Mak, ki, baké
-c- du français devant a, o, ou, an, équivaut à k du créole :
Café, coco, couture, cancan
Kafé, koko, kouti, kankan
-k- du français se rend par k du créole
Kaki
kaki

A propos de la consonne K
Un son dont la prononciation peut varier devant les voyelles i, é, è,en

Kiré
‘récurer’
Kyiré
Maké
‘écrire, marquer’
Mak
Kè
‘cœur’
K
Ken
‘soyons sérieux’’
kyen

Attention à la différence entre k et ky
-Tansyon ! Lè ou ka fè dèyè, ou ka KYOULÉ
-Si ou débat an dlo, ou pé rivé –OULÉ
Attention la différence entre k et ky existe au sein de certains mots :
Une maman qui a beaucoup d’enfants, on dit d’elle qu’elle a :
On KYOLÉ TIMOUN
Èvè lakòl, ou ka - OLÉ .

A propos des consonnes KY et K

OBSERVATION 1 : Devant une voyelle arrondie (o, ò, ou, on), il n’y a jamais de compétition entre k et ky. Selon que l’on emploie l’une ou l’autre voyelle, le sens du mot est différent :
Kyoulé
‘reculer’
Koulé
‘couler’
Kyou
‘cul’
Kou
‘cou; coup’
Kyolé
‘ribambelle’
Kolé
‘coller’
OBSERVATION 2 : Devant les voyelles non arrondies i, é, è, les 2 consonnes peuvent entrer en compétition : Les mots ont toujours le même sens, que l’on emploie ky ou k:
Kyiré = Kiré
‘récurer’
Ké = Kyé
‘queue'
Kè = Kè
'quai’

A propos de la consonne G

En créole, le son g n’est jamais comme en français sous la forme suivante gu-

Français
Créole
guitare
bague
gita
lagé bag

Il existe en créole différentes prononciations du son représenté par la consonne g

Lagyè = lagè
‘guerre’
Lagyé = lagé
‘lâcher’

Attention : A propos de la lettre G en position finale devant voyelle nasale :
La plupart des locuteurs guadeloupéens la prononcent ng, comme dans lanng. Le découpage de la graphie est alors la suivante : lan-ng
.

Exercices

Niveau 1 : compléter en mettant la consonne qui convient, à la place du tiret :
Un autre nom pour misyé. Il commence par b.
On BOU-
On ne confondra pas ce mot avec celui de l’animal à cornes :
On BOU-

Niveau 1 : compléter en mettant la consonne qui convient, à la place du tiret :
J’ai dit : Nou ké -ANGNÉ !
Ci-dessus, il ne s’agit pas de ce mot créole selon lequel une personne a les jambes arquées :
-ANGNÉ

Niveau 2 : Mété bon konsonn-la an plas a tiré-la:
‘Manjé-lasa pa ni bon –OU
Ce mot, je ne le confondrai pas avec :
An mal dòmi yè swa; -OU an mwen ka fè mwen mal

Niveau 2 : Mété bon konsonn-la, la ou vwè tiré-la yé la :
Si yo ba on moun on bon kou, yo ka di : yo ba’y -- AYAK
Mo-lasa pa menm biten ki lè ou ka désann kouran a on rivyè adan on kannòt : - AYAK

Les consonnes, S, Z, CH, J, au début du mot, au sein du mot et en position finale du mot

au début du mot
au sein du mot
En position finale du mot
S
sizé
‘s’asseoir ; assis’

bisé
‘reprendre un morceau que le public apprécie’
dis
‘dix, disque’
Z
zòfi
‘orphie’
kozé
‘faire la causette’
kaz
‘maison’
CH
chak
‘chaque’
kouché
‘(se) coucher ’
kouch
‘lit, couche’
J
jouk
'joug, jusqu’à ce que, même'
jijé
‘a plus forte raison si, même, juger'
j
‘gorge, pression’

Ch est une consonne simple qui utilise 2 lettres.

NB1 : ‘s’ entre deux voyelles en créole, n’est jamais prononcé [z]. C’est différent en français :
1. (Créole) : kousen – (Français) : ‘coussin’.
2. (Créole) : lésé -(Français) : ‘laisser’.
3. (Créole) : bésé – (Français) : ‘baisser’.

NB2 : [z] n’est jamais écrit s entre deux voyelles, contrairement au français :
4. (Créole) : rézon – (Français) : ‘raison’.
5. (Créole) : kouzen- (Français) : ‘cousin’.

Exercices

Niveau 2: Mets le mot qui convient. Ils commencent tous par l’une des consonnes s, z, ch, j
Poul-la --- !
(1 consonne complexe+ une voyelle)
Kochon-la --- !
Figi a’y won. I ni gwo ---
Woy, Madyana, --- -la ka wouvè lagé mwen!

Entraîne toi aux consonnes s, z, ch, j en répétant les énoncés et groupes de mots ci-dessous :

Niveau 1:
Sis sè san sou, sizé asi sak a sik
(six sœurs sans le sou sont assises sur des sac de sucre).
Zafè a zòt sé zafè a zanmi a zòt
(Vos affaires sont celles de vos amis)

Niveau 2 :
Parole guadeloupéenne : Zòt sé la fanmi zòtèy

An ka chanté pou santé a’w ‘je chante à ta santé’

Jijé (juger) - Sijé (intellectuel) - Sizé (s’asseoir)

Sousé - Sous - Souch
Chouk é - Chous

Chaché saché-la (cherchez le sachet) - Chenn é jenn (chaîne et jeune)

Kouskouch / Kouchkouch (même sens) - Kouskous (Sans différent) - Bous é bouch

Kous (course) - é Kouch (lit)
Gòj ‘gorge’ - Gòch ‘gauche’

La consonne simple H

au début du mot
au sein du mot
En position finale du mot
H
Hak
‘rien’
Hanni
‘geindre; hennir’
Lahan
‘argent’
La consonne ‘h’ ne s’emploie pas en finale

En créole guadeloupéen, la consonne h est articulée devant voyelle, contrairement au français standard où elle est aspirée (on ne l’entend pas). Comparer la prononciation de hélé (créole) et héler (français standard).

En créole guadeloupéen, la consonne h est toujours en compétition avec une autre consonne. Elle n’a jamais de valeur par elle-même, comme ci-dessous :

h est en compétition avec r devant les voyelles non arrondies
halé = ralé
‘tirer, traîner’
hanni = ranni
‘geindre’
hélé = rélé
‘crier; hurler’
h est en compétition avec w devant les voyelles arrondies
hont = wont
‘avoir honte’
hotè = wotè
‘hauteur’
h est en compétition avec j devant voyelle
lahan = lajan
‘argent’
h est en compétition avec ch devant voyelle
an ho = an cho
‘chaud (e)
'
(Lorsque h sourd est employéà la place de ch, traditionnellement, on dit que le locuteur s’exprime comme s’il a une patate chaude à la bouche).

Les consonnes L, R, W, Y

Attention 1:Les consonnes l, r, w, y ont ceci de particulier qu’elles sont les seules consonnes du créole à être utilisées en 2ème position après une autre consonne dans la séquence ‘Consone+Consonne+Voyelle’.
Attention 2: Les consonnes r, w ont ceci de particulier qu’elles ne sont pas utilisées en position finale du mot et de la syllabe, sauf quelques exceptions pour w .

au début du mot
au sein du mot
En position CCV (*)
En position finale du mot
L
Lari
(rue)
Balé
(balai)
Flè
(fleur)
Boul
(boule; ballon)
R
Rat
(rat)
Baré
(barrer, bloquer)
Fré
(nouvelle; frais)
R ne s’emploie pas en fin d mot ou de syllabe
W
Waché
(gratter la guitare)
Awa !
(non!)
Bwè
(boire)
W ne s’emploie pas en position finale du mot (ou de la syllabe)
- Laplas mawché ‘le marché’ ; Law ‘service militaire’
Y
Yo
(ils, elles, eux)
Ayen
(rien)
Byé
(bière)
Boutèy
(bouteille)

(*) : CCV : Consonne-Consonne-Voyelle

A propos de R

CONSEILS PRATIQUES
En créole, la consonne ‘r’ ne s’emploie pas en finale du mot ou de la syllabe.
Autant que faire se peut, on évitera d’utiliser des termes tels pèrmi. On veillera à préserver une certaine cohérence phonétique de la langue. En me référant au conseil pratique ci-dessus, j’ai la possibilité de dire et d’écrire :
1. pèmi ‘permis’
2. bèso ‘berceau’

Des mots tels pati (partir, partie), fèmé (fermer) sont conformes à cette cohérence phonétique.

A propos de la relation entre R et W : approfondissement.

CONSEILS PEDAGOGIQUES
Devant les voyelles arrondies, la consonne ‘r’ peut être difficile à gérer dans les apprentissages. En effet, devant les voyelles arrondies ou, o, ò, on, aucun locuteur de la Caraïbe ne prononce ‘r’. Tous prononcent ‘w’:
Wouj (rouge), Won (rond) , Wou (roue), Woté (ôter, roter).
Devant les voyelles non arrondies (i, é, è, a, an, en) la consonne ‘r’ s’emploie lorsque le mot le réclame :
Rézon (raison), Rézen (raisin), Ras (ras), Rasin (racine, légume), Rété (arrêter, rester), Rakoun (raton laveur).

A propos de W

L’état des lieux :
Les propos précédents n’impliquent pas que w soit toujours un appendice de r .
La consonne w s’emploie sans que cela soit dans une compétition avec une autre consonne comme ci-dessous.
C’est le cas devant les voyelles non arrondies (i, é, è, a, en, an) :
Wi ‘oui’, Wé ‘rusé(e), Wè ‘ouais’, awad ‘fade’, Wawa ‘marchandises invendues’, Wanni-wannan ‘jargon’, Waka 'applaudissement; vocalise’, Dawa ‘sortilège’.

REMARQUE PRATIQUE
Tout comme r, la consonne w ne se trouve pas après une voyelle en finale de syllabe ou de mot. Les mots tels pèwmi, bèwso ne répondent pas à cette cohérence des sons du créole. Pour respecter une telle cohérence, l’idéal serait de dire :
Pèmi ‘permis’, bèso ‘berceau’.

CONSEILS PRATIQUES
En réalité w n’a aucun problème avec aucune voyelle,
- que cette dernière soit ‘non arrondie’:
Ex. Wawa
- que cette dernière soit arrondie :
Ex. Wouj ‘rouge’, Wòz ‘rose’, etc…
C’est r qui en créole a un problème d’allergie. Il ne tolère pas de voyelles arrondies après lui :
Ex. Ravèt ‘cafard’
Mais, Wouj ‘rouge’

Exercices

Alors, r ou w ?
On - ON (un rond; un cercle; un tour)
- OTÉ pat a’w (Ne touche pas!)
An paka manjé pen –ASI (je ne mange pas de pain non frais)
On G-O loto (une grosse voiture)*

A propos de Y

L’état des lieux :
Depuis les propositions du Gerec en 1976 jusqu’en 2001, devant une consonne (CV+C) l’usage a été d’écrire :
Pyé, Pyè, lapya, byè, pyès.
De même, en début du mot, on trouve un son palatal de même nature phonétique :
Yé, yè, yo, yenyen, yaya, yoyo.
De même en position finale, il y a le son palatal de même nature phonétique :
Bay (baril), kay (ail), pay (paille).

Depuis 2001, la nouvelle proposition (Jean Bernabé, 2001) a mis en concurrence 2 formes devant en Guadeloupe :
Pyè/Piè ‘Pierre’, lapya/lapia ‘tilapia’ , byè/biè ‘bière’, pyès/piès ‘pièce; salle’.

A propos des points communs entre L, R, W, Y

Arguments didactiques
Les sons que représentent l, r, w, y sont de même nature : ils peuvent être utilisés dans le contexte syllabiques CCV:
flè, frè, bwè, byè.

Revenons aux 2 graphies possibles: byè et biè ‘bière’.
Utiliser le y en CCV permet à l’élève de mieux saisir le rôle de ce groupe de quatre consonnes dans ce contexte particulier au sein des mots créoles.
Par contre, représenter le son [y] par la voyelle i ne gêne peut-être pas la lecture, mais peut être un frein à la compréhension du phénomène CCV et du rôle commun de ces quatre consonnes au sein du système créole.

CONSEILS PRATIQUES

L’argument de la cohérence du système créole et de la maîtrise de ce système :
Pour [ l ] : Blèblè ‘encore vert (fruit)’.
Pour [r] : pripri ‘radeau’.
Pour [w] : bwabwa ‘marionnette’
Pour [y]: Fyèkè‘ ’faiblard’.

A propos de la variation entre R et W

NOTE PRATIQUE
Il arrive souvent que r soit concurrencé par w :
Frè = fwè ‘frère’
Bra = bwa ‘bras’
On accepte les 2 formes
IL Y A UNE EXPLICATION SCIENTIFIQUE A CELA :
Chez beaucoup de créolophones, dès que les consonnes f, v, p, b, sont placées devant r, ce dernier se transforme en w :
POURQUOI ?...
Les consonnes en question (f, v, p, b) partagent avec w le trait labial (utilisation des lèvres). La consonne r qui n’est pas bilabiale, victime de cette contamination bilabiale, succombe et cède sa place à w.

Mais il arrive aussi le contraire, à savoir que là où on s’attend à trouver w, on trouve r :
pradibra ‘pois de bois’ = pwadibwa
Ka fè frèt ‘il fait froid’ = Ka fè fwèt
On accepte les 2 formes
Le fait que cela soit le contraire a aussi une explication scientifique :
On appelle des formes telles pradibra, une hypercorrection. L’hypercorrection est une correction qui provient de l’impression fausse qu’a le créolophone que la forme en wa dans pwa est une forme créolisée, qui ne jouit pas du prestige du son que représente r.

Les consonnes M, N, GN, NG

au début du mot
au sein du mot
En position finale du mot
M
mòn
lim
kyouboum
N
nonm
kanna
kann
GN
gnenké
mangné
kangn
NG
ng’ ne s’emploie jamais au début des mots créoles.
zing
zing

A propos dela consonne GN

gnenké/gnanka, mangnè, bangn

L’état des lieux
La consonne
gn fait l’objet de deux graphies: gn et ny : pongnèt et ponnyèt ‘poignet’.
A la fin des années 70, la forme utilisée était ny (ponnyèt). Graduellement, s’est installée la forme
gn (pongnèt), renvoyant à la graphie française gn de ‘poignet’.
Quelques conseils vont aider à trouver l’usage le plus didactique pour l’apprentissage de la lecture chez un créolophone :

CONSEILS PRATIQUES ET PEDAGOGIQUES
Argument 1: Le son que représente la consonne
gn est une unité. Ce n’est ni g+n , ni n+y. Il est possible que la forme gn renvoie à l’unité, tandis que ny se réfère davantage à l’assemblage de 2 consonnes, ce que n’est pas le son en question. Dans ce cas, gn aurait un avantage sur ny.
Argument 2: Il est nécessaire de rappeler le principe de la graphie créole à ce stade du raisonnement : qu’en position initiale, en position médiane et en position finale, à un son correspondra une graphie et toujours la même. Or en position finale du mot, la forme ny aboutit à des symboles peu harmonieux pour la vue et dont l’assemblage est plus ardu :
Montanny, penny, banny, kanny.
C. Beaucoup d’enseignants sont réticents à l’usage de ny en position finale.
AINSI DANS TOUS LES CONTEXTES, NOUS SUGGERONS
gn : Gnenké, mangné, bangn, montangn, pengn, bangn, kangn.

L’état des lieux de la prononciation
La consonne gn fait l’objet d’une appréciation individuelle de la prononciation. Il y a des locuteurs du créole qui en Guadeloupe, prononcent y là où la majorité prononcera gn et vice-versa :
Ex. 1: Mouyé = mougné ‘mouiller, mouillé(e)’.
Ex. 2: Jak mèyè pa la ‘Jacques n’est peut-être pas présent’,
est l’équivalent de :
Jak mangnè pa la ‘Jacques n’est peut-être pas présent’.
Les deux formes sont acceptées à l’oral. Les deux formes sont acceptées à l’écrit
.

A propos dela consonne NG

zingzing ‘libellule’ ; zing ‘petit morceau (de)’ ; zonng ‘ongle, once (de), petite quantité (de)’, que l’on a tendance à écrire également zong. On trouvera également konng (congre), souvent simplifié kong.

Attention 1:
A ne pas confondre avec la consonne gn de bangn ‘bagne’.
Observation attentive des 2 consonnes : - gn (bangn) et – ng (zing)

notons :
1) La consonne ng est nasale comme m, n, gn.
2) Il s’agit d’une consonne simple, même si elle est formée de 2 lettres.

Attention 2:
La consonne ng ne se trouve jamais en début du mot, ni en créole guadeloupéen, ni dans aucune des îles voisines. Elle est toujours en finale du mot (ou de la syllabe).

Attention 3 :
La consonne ng présente une particularité de prononciation : lorsqu’elle est entre 2 voyelles, elle est suivie de la consonne [g] :
Zing (en finale) –zinggé (entre la voyelle i et la voyelle é).
Kong (en finale) – kon-ng-go (entre la voyelle on et la voyelle o).
Ces formes sont trop difficiles pour l’assemblage. C’est pour cela que beaucoup de pratiquants ont ramené l’écriture à la forme suivante: zingé et kongo.
D’autres promotionnent : zinggé, konngo.

Récapitulation de l’état des lieux

kyoké
gyaka
Yè, yo,
Ayen, pyé

Bangn
Stratégie d’apprentissage de la lecture à des créolophones non alphabétisés
mangné
Kongo
Stratégie d’apprentissage à des créolophones non alphabétisés

En créole, Les consonnes en position finale ne prennent pas de ‘e muet’.
Deux consonnes n’apparaissent jamais en position finale (sauf dans les terminaisons complexes ou nn et nm se côtoient mais restent distincts : kann ‘canne’, chanm ‘chambre’ se découpent an+n et an+m). Katéchiz et non pas katéchizm.

En créole, les consonnes en position finale ne sont jamais suivies du ‘e muet’ du français :
(Français) : carte, bague, bave, case
(Créole) : kat, bag, bav, kaz ‘maison’.

Exercices

Traduis les mots français suivants en créole: (il y a 3 lettres)
‘table’ :
‘quatre’ :
‘masque’ :
‘piste’ :
‘chaise’ :
‘ tasse’
‘page’

Enni mété’w ka li, li a’w

Lé Mèkrédi, Adidi, Lorenn ti sè a li, é Toto, ti vwazen-la, ka apwann li kréyòl.
On jou, Toto maké ‘babyé’ olyé i té maké ‘papyé’.
Lorenn maké ‘balé’ an plas a ‘palé’. Kon yé la, yo paka fè fòt konsa ankò.
Adidi konnèt tout sé konsonn-la. I paka mété gogo pou koko.
Adidi ja vin grangrèk an kréyòl. Apa li ké pwan kann pou kangn. Apa li ké mété bann pou bangn, oben konné pou kongné.
Adidi é Toto pa dakò asi ki jan pou maké mo, pas adan maké kréyòl-la, délè, ni dé mangnè pou fè. Pofésè kréyòl-la di fò pa rété asi sé diférans-lasa. Kon yé la, sé maké ka konté.
Adidi ka maké kongné, Toto ka maké konnyé. Adidi ka maké kangn, Toto pisimé kanny.
Adidi di konsa, grafi a Toto-la pé rivé fè moun mal li, lè ou ni on ny an bout a on mo.

On jou, Lorenn maké bèl men lè’w gadé i maké bol. Pofésè-la pa té dakò épi Lorenn. I di, fò mété larété la i yé: Si ou maké bèl, fò ou maké bòl. Men si ou maké bel , ou ni pou maké bol.

Sa Lorenn ka di, sa Adidi ka di

Sa Lorenn pa enmé tann la menm, sé jan Adidi ka pononsé mo. Ou téké di gransè a’y sé moun lontan. Adidi ka di ‘an sé marenn a’w. An plis di sa, i ka kriyé tisè-la Lorenn.
Li menm, li menm a’y, i ka di Adidi sé marèn a’y é non a’y sé Lorèn.
Adidi ka di, i ka sòti Lapwent pou désann Sentann. Lorenn kant a’y, ka sòti Pwentapit é i kalé Sentàn.
Men tou lé dé sè-la dakò. Toto ki lévé pa asi Tw-Rivyè ka pononsé on jan . Mi jan i ka palé:
Lorenn sé on tifi gyòk. Sé dé sè-la ka di: Lorenn sé on tifi dyòk.
Pofésè kréyòl-la di konsa, sé maké ka konté, apa babyé ka konté an kréyòl. Toutmoun-la mété yo dakò pou maké gyòk , menm si yo paka pononsé kon Toto.
Toutmoun-la kè kontan toubòlman asi sa yo désidé ansanm, ansanm.

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par Juliette Facthum Sainton
© Conseil Général de Guadeloupe , 2007
Médiathèque Caraïbe
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