|
Considération
attentive des consonnes:
Consonnes simples, unités de sonset consonnes complexes,
unités de sons
On distinguera les consonnes simples symbolisées par une
seule lettre. Il y en a 18 :
|
p,
b, m, t, d, n, k, g, f, v, s, z, j, l, r, w, y, h |
On notera des consonnes simples symbolisées par deux lettres.
Il y en a 2 :
Attention:
On notera que la prononciation de ces consonnes n’est pas
une addition des 2 lettres par lesquelles elles sont symbolisées.
Zing ‘menu morceau’
, zong ‘petite
quantité’, konggré
‘congre’.
Chi ‘oust’,
maché ‘marcher’,
kouch ‘lit’.
On identifiera des consonnes qui ne sont pas simples, dont la prononciation
est d’une certaine complexité.
Ces dernières sont symbolisées par deux lettres formant
un son complexe. Il y en a 3 :
Attention:
Une consonne complexe est une unité de son comme les consonnes
simples. Par exemple gn
dans gnak ‘infime
quantité’ est une unité de son. Ce n’est
pas l’addition de g+n.
L’observation attentive des consonnes montre les consonnes
comme suit :
au début
du mot,
au sein du mot
en position finale du mot
Attention: En
créole, en position finale du mot, toutes les consonnes sont
prononcées. Il n’y a pas de ‘e’ muet. Il
n’y a pas de consonne muette :
Chat, lachas, rat, ras, plat, plas,
kout, kous, planch, plant

W et Y
: deux consonnes importantes de la graphie du créole
|
|
En
début du mot devant voyelle |
Entre
deux voyelles |
Entre
voyelle et consonne : CCV |
En
position finale du mot |
|
W |
Woté
‘ôter, enlever’ |
Awa
‘non’ |
Mwen
‘je, me, moi’ |
ne s’emploie pas dans cette positon |
|
Y |
Yè
‘hier’
|
Mayé
‘(se) marier'
|
Pyé
'Pied’
|
Nèy
‘Nul, nulle’ |
Les 2 consonnes
w et y, que l’on a également
tendance à traiter comme des semi-voyelles, jouent le même
rôle que les consonnes l et r.
Comparons leur position respective au sein des mots ; elle est identique
:
Fyè -frè- fwé- flè
C’est cette identité de position qui conduit à
assimiler w et y comme des consonnes.
.
Les consonnes complexes ‘KY’
et ‘GY’
|
|
En
début du mot
|
Au
sein du mot
|
En
position finale du mot
|
|
KY
|
Kyouyé
‘tuer’
|
Kyakya
‘variété de poisson’
|
En
créole guadeloupéen, les 2 consonnes n’existent
pas en position finale du mot
|
|
GY
|
Gyaka
‘alerte(adjectif)’
|
Kalagya
‘danse et rythme’
|
Attention:
Ces deux consonnes sont des unités de sons. Ce ne sont pas
l’amalgame respectif de k+y et de g+y.
Plusieurs graphies : Des variétés de prononciation
en Guadeloupe, ont entraîné des variétés
de graphies:
Tch : tchouyé
– ty: tyouyé
– tj : tjouyé
– et enfin celle qui est popularisée dans l’enseignement
en Guadeloupe: kyouyé
et que nous adoptons, parce que plus populaire.
Djaka – dyaka
– et enfin celle qui est popularisée dans l’enseignement
en Guadeloupe : gyaka
et adoptée ici.
Les consonnes simples P, B, T, D, K, G, F,
V
|
|
Au
début du mot
|
Au
sein du mot
|
En
position finale du mot |
|
P |
Palé
‘parler’
|
Papyé
‘papier’
|
Fap
‘rapidement’ |
|
B |
Balé
‘balaie’
|
Babyé
‘se disputer’
|
Tab
‘table’ |
|
T |
Tayé
‘tailler’
|
Lanti
‘lentilles’
|
Kat
‘quatre; carte’ |
|
D |
Dèwò
‘dehors’
|
Madè
‘madère’
|
Rèd
‘rouge’ |
|
K |
Kas
‘casque’
|
Kako
’marron’
|
Zikak
‘icaque’ |
|
G |
Gòlèt
‘perche’
|
Mango
‘mangue’
|
Bag
‘bague |
|
F |
Fèlè
‘corps, carcasse’
|
Zafè
‘affaire’
|
Chif
‘chiffre’ |
|
V |
Vètè
‘ver de terre’
|
Ankavé
‘encavé’
|
Bav
‘bave’ |
A propos de la consonne K du créole:
Un son, une lettre et toujours la même lettre
|
Français
|
Créole |
|
-qu-
du français est égal à k
du créole
Marque, qui,
embarquer
|
Mak,
ki, baké |
|
-c-
du français devant a, o, ou, an, équivaut à
k du créole
:
Café, coco,
couture, cancan
|
Kafé,
koko,
kouti, kankan |
|
-k-
du français se rend par k
du créole
Kaki
|
kaki |
A propos de la consonne K
Un son dont la prononciation peut varier devant les voyelles i,
é, è,en
|
Kiré
‘récurer’
|
Kyiré |
|
Maké
‘écrire, marquer’ |
Makyé |
|
Kè
‘cœur’ |
Kyè |
|
Ken
‘soyons sérieux’’ |
kyen |
Attention
à la différence entre k et ky
-Tansyon ! Lè ou ka fè dèyè, ou ka KYOULÉ
-Si ou débat an dlo, ou pé rivé –OULÉ
Attention la différence entre k et ky existe
au sein de certains mots :
Une maman qui a beaucoup d’enfants, on dit d’elle qu’elle
a :
On KYOLÉ TIMOUN
Èvè lakòl, ou ka - OLÉ
.
A propos des consonnes KY et K
| OBSERVATION
1 : Devant une voyelle arrondie (o, ò, ou, on), il n’y
a jamais de compétition entre k et ky. Selon que l’on
emploie l’une ou l’autre voyelle, le sens du mot
est différent : |
|
Kyoulé
‘reculer’ |
Koulé
‘couler’ |
|
Kyou
‘cul’ |
Kou
‘cou; coup’ |
|
Kyolé
‘ribambelle’ |
Kolé
‘coller’ |
| OBSERVATION
2 : Devant les voyelles non arrondies i, é, è,
les 2 consonnes peuvent entrer en compétition : Les mots
ont toujours le même sens, que l’on emploie ky ou
k: |
|
Kyiré
= Kiré
‘récurer’ |
Ké
= Kyé
‘queue' |
Kè
= Kè
'quai’ |
A propos de la consonne G
En créole,
le son g n’est jamais comme en français sous la forme
suivante gu-
|
Français |
Créole |
|
guitare
bague |
gita
lagé
bag |
Il existe en
créole différentes prononciations du son représenté
par la consonne g
|
Lagyè
= lagè
‘guerre’ |
|
Lagyé
= lagé
‘lâcher’ |
Attention
: A propos de la lettre G en
position finale devant voyelle nasale :
La plupart des locuteurs guadeloupéens la prononcent ng,
comme dans lanng.
Le découpage de la graphie est alors la suivante : lan-ng.

Exercices
Niveau
1 : compléter en mettant la consonne qui convient,
à la place du tiret :
Un autre nom pour misyé. Il commence par b.
On BOU-
On
ne confondra pas ce mot avec celui de l’animal à cornes
:
On BOU-
Niveau
1 : compléter en mettant la consonne qui convient,
à la place du tiret :
J’ai dit : Nou ké -ANGNÉ
!
Ci-dessus, il ne s’agit pas de ce mot créole selon
lequel une personne a les jambes arquées :
-ANGNÉ
Niveau
2 : Mété bon konsonn-la an plas a tiré-la:
‘Manjé-lasa pa ni bon –OU
Ce
mot, je ne le confondrai pas avec :
An mal dòmi yè swa; -OU
an mwen ka fè mwen mal
Niveau
2 : Mété bon konsonn-la, la ou vwè
tiré-la yé la :
Si yo ba on moun on bon kou, yo ka di : yo ba’y --
AYAK
Mo-lasa pa menm biten ki lè ou ka désann kouran a
on rivyè adan on kannòt : -
AYAK
Les consonnes, S, Z, CH, J, au début
du mot, au sein du mot et en position finale du mot
| |
au
début du mot
|
au
sein du mot
|
En
position finale du mot |
| S |
sizé
‘s’asseoir ; assis’
|
bisé
‘reprendre
un morceau que le public apprécie’ |
dis
‘dix,
disque’ |
| Z |
zòfi
‘orphie’
|
kozé
‘faire
la causette’
|
kaz
‘maison’
|
| CH |
chak
‘chaque’
|
kouché
‘(se)
coucher ’
|
kouch
‘lit,
couche’ |
| J |
jouk
'joug, jusqu’à ce que, même'
|
jijé
‘a
plus forte raison si, même, juger'
|
gòj
‘gorge,
pression’
|
Ch
est une consonne simple qui utilise 2 lettres.
NB1
: ‘s’
entre deux voyelles en créole, n’est jamais prononcé
[z]. C’est différent
en français :
1. (Créole) : kousen
– (Français) : ‘coussin’.
2. (Créole) : lésé
-(Français) : ‘laisser’.
3. (Créole) : bésé
– (Français) : ‘baisser’.
NB2
: [z] n’est
jamais écrit s
entre deux voyelles, contrairement au français :
4. (Créole) : rézon
– (Français) : ‘raison’.
5. (Créole) : kouzen-
(Français) : ‘cousin’.

Exercices
Niveau
2: Mets le mot qui convient. Ils commencent tous par l’une
des consonnes s, z, ch, j
Poul-la --- !
(1 consonne complexe+ une voyelle)
Kochon-la --- !
Figi
a’y won. I ni gwo ---
Woy, Madyana, --- -la ka wouvè lagé
mwen!
Entraîne
toi aux consonnes s, z, ch, j
en répétant les énoncés et groupes de
mots ci-dessous :
Niveau
1:
Sis sè san sou, sizé asi sak
a sik
(six sœurs sans le sou sont assises sur des sac de sucre).
Zafè a zòt sé zafè
a zanmi a zòt
(Vos affaires sont celles de vos amis)
Niveau
2 :
Parole guadeloupéenne : Zòt
sé la fanmi zòtèy
An
ka chanté pou santé a’w
‘je chante à ta santé’
Jijé
(juger) - Sijé (intellectuel)
- Sizé (s’asseoir)
Sousé
- Sous - Souch
Chouk é - Chous
Chaché
saché-la
(cherchez le sachet) - Chenn é jenn
(chaîne et jeune)
Kouskouch
/ Kouchkouch (même sens) - Kouskous
(Sans différent) - Bous é bouch
Kous
(course) - é Kouch (lit)
Gòj ‘gorge’ - Gòch
‘gauche’

La consonne simple H
| |
au
début du mot
|
au
sein du mot
|
En
position finale du mot |
| H |
Hak
‘rien’
Hanni
‘geindre; hennir’
|
Lahan
‘argent’ |
La
consonne ‘h’
ne s’emploie pas en finale
|
En créole
guadeloupéen, la consonne h
est articulée devant voyelle, contrairement au français
standard où elle est aspirée (on ne l’entend
pas). Comparer la prononciation de hélé
(créole) et héler
(français standard).
En créole
guadeloupéen, la consonne h est toujours en compétition
avec une autre consonne. Elle n’a jamais de valeur
par elle-même, comme ci-dessous :
|
h
est en compétition avec r
devant les voyelles non arrondies |
|
halé
= ralé
‘tirer, traîner’
|
hanni
= ranni
‘geindre’ |
hélé
= rélé
‘crier; hurler’ |
|
h
est
en compétition avec w
devant les voyelles arrondies |
|
hont
= wont
‘avoir honte’ |
hotè
= wotè
‘hauteur’ |
|
h
est en compétition avec j
devant voyelle |
|
lahan
= lajan
‘argent’
|
|
h
est en compétition avec ch
devant voyelle |
|
an
ho = an cho
‘chaud (e)'
(Lorsque
h sourd est employéà la place
de ch, traditionnellement, on dit que le
locuteur s’exprime comme s’il a une patate chaude
à la bouche).
|
Les consonnes L, R, W, Y
Attention
1:Les consonnes l, r, w,
y ont ceci de particulier qu’elles sont les
seules consonnes du créole à être utilisées
en 2ème position après une autre consonne dans la
séquence ‘Consone+Consonne+Voyelle’.
Attention 2: Les consonnes r,
w ont ceci de particulier qu’elles ne sont
pas utilisées en position finale du mot et de la syllabe,
sauf quelques exceptions pour w
.
|
|
au
début du mot |
au
sein du mot |
En
position CCV (*)
|
En
position finale du mot |
|
L |
Lari
(rue)
|
Balé
(balai)
|
Flè
(fleur)
|
Boul
(boule; ballon) |
|
R |
Rat
(rat)
|
Baré
(barrer, bloquer)
|
Fré
(nouvelle; frais)
|
R
ne s’emploie pas en fin d mot ou de syllabe |
|
W |
Waché
(gratter la guitare)
|
Awa
!
(non!)
|
Bwè
(boire)
|
W
ne s’emploie pas en position finale du mot (ou de la
syllabe)
- Laplas mawché
‘le marché’ ; Lawmé
‘service militaire’ |
|
Y |
Yo
(ils, elles, eux)
|
Ayen
(rien)
|
Byé
(bière)
|
Boutèy
(bouteille)
|
(*)
: CCV : Consonne-Consonne-Voyelle
A propos de R
CONSEILS
PRATIQUES
En créole, la consonne ‘r’
ne s’emploie pas en finale du mot ou de la syllabe.
Autant que faire se peut, on évitera d’utiliser des
termes tels pèrmi. On veillera
à préserver une certaine cohérence phonétique
de la langue. En me référant au conseil pratique ci-dessus,
j’ai la possibilité de dire et d’écrire
:
1. pèmi ‘permis’
2. bèso ‘berceau’
Des mots tels
pati (partir, partie),
fèmé
(fermer) sont conformes à cette cohérence phonétique.
A propos de la relation entre R et
W : approfondissement.
CONSEILS
PEDAGOGIQUES
Devant les voyelles arrondies, la consonne ‘r’
peut être difficile à gérer dans les apprentissages.
En effet, devant les voyelles arrondies ou,
o, ò, on, aucun locuteur de la Caraïbe
ne prononce ‘r’.
Tous prononcent ‘w’:
Wouj (rouge), Won
(rond) , Wou (roue),
Woté (ôter,
roter).
Devant
les voyelles non arrondies (i, é,
è, a, an, en) la consonne ‘r’
s’emploie lorsque le mot le réclame :
Rézon (raison),
Rézen (raisin),
Ras (ras), Rasin
(racine, légume), Rété
(arrêter, rester), Rakoun
(raton laveur).
A propos de W
L’état
des lieux :
Les propos précédents n’impliquent pas que w
soit toujours un appendice de r
.
La consonne w s’emploie
sans que cela soit dans une compétition avec une autre consonne
comme ci-dessous.
C’est le cas devant les voyelles non arrondies (i,
é, è, a, en, an) :
Wi ‘oui’,
Wé ‘rusé(e),
Wè ‘ouais’,
awad ‘fade’,
Wawa ‘marchandises
invendues’, Wanni-wannan
‘jargon’, Waka
'applaudissement; vocalise’, Dawa
‘sortilège’.
REMARQUE
PRATIQUE
Tout comme r, la consonne
w ne se trouve pas
après une voyelle en finale de syllabe ou de mot. Les mots
tels pèwmi, bèwso
ne répondent pas à cette cohérence des sons
du créole. Pour respecter une telle cohérence, l’idéal
serait de dire :
Pèmi ‘permis’, bèso
‘berceau’.
CONSEILS
PRATIQUES
En réalité w
n’a aucun problème avec aucune voyelle,
- que cette dernière soit ‘non arrondie’:
Ex. Wawa
- que cette dernière soit arrondie :
Ex. Wouj ‘rouge’,
Wòz ‘rose’,
etc…
C’est
r qui en créole
a un problème d’allergie. Il ne tolère pas de
voyelles arrondies après lui :
Ex. Ravèt ‘cafard’
Mais, Wouj ‘rouge’

Exercices
Alors, r ou
w ?
On - ON (un rond;
un cercle; un tour)
-
OTÉ
pat a’w (Ne touche pas!)
An paka manjé pen –ASI
(je ne mange pas de pain non frais)
On G-O loto (une grosse
voiture)*
A propos de Y
L’état
des lieux :
Depuis les propositions du Gerec en 1976 jusqu’en 2001, devant
une consonne (CV+C) l’usage a été d’écrire
:
Pyé, Pyè,
lapya, byè,
pyès.
De même, en début du mot, on trouve un son palatal
de même nature phonétique :
Yé, yè,
yo, yenyen,
yaya,
yoyo.
De même en position finale, il y a le son palatal de même
nature phonétique :
Bay (baril), kay
(ail), pay (paille).
Depuis 2001,
la nouvelle proposition (Jean Bernabé, 2001) a mis en concurrence
2 formes devant en Guadeloupe :
Pyè/Piè ‘Pierre’, lapya/lapia
‘tilapia’ , byè/biè ‘bière’,
pyès/piès ‘pièce; salle’.
A propos des points communs entre L, R, W,
Y
Arguments
didactiques
Les sons que représentent l,
r, w, y sont de même nature : ils peuvent
être utilisés dans le contexte syllabiques CCV:
flè, frè,
bwè, byè.
Revenons aux
2 graphies possibles: byè
et biè ‘bière’.
Utiliser le y en CCV
permet à l’élève de mieux saisir le rôle
de ce groupe de quatre consonnes dans ce contexte particulier au
sein des mots créoles.
Par contre,
représenter le son [y] par la voyelle
i ne gêne peut-être pas la lecture,
mais peut être un frein à la compréhension du
phénomène CCV et du rôle commun de ces quatre
consonnes au sein du système créole.
CONSEILS
PRATIQUES
L’argument
de la cohérence du système créole et de la
maîtrise de ce système :
Pour [ l ] : Blèblè
‘encore vert (fruit)’.
Pour [r] : pripri
‘radeau’.
Pour [w] : bwabwa
‘marionnette’
Pour [y]: Fyèkè‘
’faiblard’.
A propos de la variation entre R et
W
NOTE
PRATIQUE
Il arrive souvent que r
soit concurrencé par w
:
Frè = fwè
‘frère’
Bra = bwa
‘bras’
On accepte les 2 formes
IL Y A UNE EXPLICATION SCIENTIFIQUE A CELA :
Chez beaucoup de créolophones, dès que les consonnes
f, v, p, b, sont
placées devant r,
ce dernier se transforme en w
:
POURQUOI ?...
Les consonnes en question (f, v, p,
b) partagent avec w
le trait labial (utilisation des lèvres). La consonne r
qui n’est pas bilabiale, victime de cette contamination bilabiale,
succombe et cède sa place à w.
Mais il arrive
aussi le contraire, à savoir que là où on s’attend
à trouver w,
on trouve r :
pradibra
‘pois de bois’ = pwadibwa
Ka fè frèt
‘il fait froid’ = Ka fè fwèt
On accepte les 2 formes
Le fait
que cela soit le contraire a aussi une explication scientifique
:
On appelle des formes telles pradibra, une hypercorrection.
L’hypercorrection est une correction qui provient de l’impression
fausse qu’a le créolophone que la forme en wa
dans pwa est une forme créolisée,
qui ne jouit pas du prestige du son que représente r.
Les consonnes M, N, GN, NG
| |
au
début du mot
|
au
sein du mot
|
En
position finale du mot |
| M |
mòn
|
limyè |
kyouboum |
| N |
nonm
|
kanna
|
kann |
| GN |
gnenké
|
mangné
|
kangn
|
| NG |
’ng’
ne s’emploie jamais au début des mots créoles.
|
zinggé |
zing |
A propos dela consonne GN
gnenké/gnanka,
mangnè,
bangn
L’état
des lieux
La consonne gn
fait l’objet de deux graphies: gn
et ny : pongnèt
et ponnyèt
‘poignet’.
A la fin des années 70, la forme utilisée était
ny (ponnyèt).
Graduellement, s’est installée la forme gn
(pongnèt), renvoyant à la graphie française
gn
de ‘poignet’.
Quelques conseils vont aider à trouver l’usage le plus
didactique pour l’apprentissage de la lecture chez un créolophone
:
CONSEILS
PRATIQUES ET PEDAGOGIQUES
Argument 1: Le son que représente
la consonne gn
est une unité. Ce n’est ni g+n , ni
n+y. Il est possible que la forme gn renvoie à
l’unité, tandis que ny
se réfère davantage à l’assemblage de
2 consonnes, ce que n’est pas le son en question. Dans ce
cas, gn
aurait un avantage sur ny.
Argument 2: Il est nécessaire de
rappeler le principe de la graphie créole à ce stade
du raisonnement : qu’en position initiale, en position médiane
et en position finale, à un son correspondra une graphie
et toujours la même. Or en position finale du mot, la forme
ny aboutit à
des symboles peu harmonieux pour la vue et dont l’assemblage
est plus ardu :
Montanny, penny, banny,
kanny.
C. Beaucoup d’enseignants sont réticents à l’usage
de ny en position finale.
AINSI DANS TOUS LES CONTEXTES, NOUS SUGGERONS gn
: Gnenké, mangné,
bangn, montangn, pengn,
bangn, kangn.
L’état
des lieux de la prononciation
La consonne gn fait
l’objet d’une appréciation individuelle de la
prononciation. Il y a des locuteurs du créole qui en Guadeloupe,
prononcent y là
où la majorité prononcera gn
et vice-versa :
Ex. 1: Mouyé
= mougné ‘mouiller,
mouillé(e)’.
Ex. 2: Jak mèyè
pa la ‘Jacques n’est peut-être pas présent’,
est l’équivalent de :
Jak mangnè
pa la ‘Jacques n’est peut-être pas présent’.
Les deux formes sont acceptées à l’oral. Les
deux formes sont acceptées à l’écrit.
A propos dela consonne NG
zingzing
‘libellule’ ; zing
‘petit morceau (de)’ ; zonng
‘ongle, once (de), petite quantité (de)’, que
l’on a tendance à écrire également zong.
On trouvera également konng
(congre), souvent simplifié kong.
Attention
1:
A ne pas confondre avec la consonne gn de bangn
‘bagne’.
Observation attentive des 2 consonnes : - gn (bangn)
et – ng (zing)
notons
:
1) La consonne ng
est nasale comme m, n, gn.
2) Il s’agit d’une consonne simple, même si elle
est formée de 2 lettres.
Attention
2:
La consonne ng ne
se trouve jamais en début du mot, ni en créole guadeloupéen,
ni dans aucune des îles voisines. Elle est toujours en finale
du mot (ou de la syllabe).
Attention
3 :
La consonne ng présente
une particularité de prononciation : lorsqu’elle est
entre 2 voyelles, elle est suivie de la consonne [g]
:
Zing (en finale) –zinggé
(entre la voyelle i et la voyelle é).
Kong (en finale) –
kon-ng-go
(entre la voyelle on et la voyelle o).
Ces formes sont trop difficiles pour l’assemblage. C’est
pour cela que beaucoup de pratiquants ont ramené l’écriture
à la forme suivante: zingé et kongo.
D’autres promotionnent : zinggé, konngo.

Récapitulation
de l’état des lieux
|
kyoké
|
gyaka
|
Yè,
yo,
Ayen, pyé
|
Bangn
Stratégie d’apprentissage
de la lecture à des créolophones non alphabétisés |
|
mangné
|
Kongo
Stratégie d’apprentissage
à des créolophones non alphabétisés |
|
|
En créole,
Les consonnes en position finale ne prennent pas de ‘e muet’.
Deux consonnes n’apparaissent jamais en position finale (sauf
dans les terminaisons complexes ou nn et nm se côtoient mais
restent distincts : kann ‘canne’, chanm
‘chambre’ se découpent an+n
et an+m). Katéchiz et non
pas katéchizm.
En créole,
les consonnes en position finale ne sont jamais suivies du ‘e
muet’ du français :
(Français) : carte, bague, bave, case
(Créole) : kat, bag, bav, kaz ‘maison’.
Exercices
Traduis les
mots français suivants en créole: (il y a 3 lettres)
‘table’
:
‘quatre’
:
‘masque’
:
‘piste’
:
‘chaise’ :
‘
tasse’
‘page’

Enni
mété’w ka li, li a’w
Lé Mèkrédi,
Adidi, Lorenn ti sè a li, é Toto, ti vwazen-la, ka
apwann li kréyòl.
On jou, Toto maké ‘babyé’
olyé i té maké ‘papyé’.
Lorenn maké ‘balé’
an plas a ‘palé’.
Kon yé la, yo paka fè fòt konsa ankò.
Adidi konnèt tout sé konsonn-la. I paka mété
gogo pou koko.
Adidi ja vin grangrèk an kréyòl. Apa li ké
pwan kann pou kangn.
Apa li ké mété bann
pou bangn, oben konné
pou kongné.
Adidi é Toto pa dakò asi ki jan pou maké mo,
pas adan maké kréyòl-la, délè,
ni dé mangnè pou fè. Pofésè kréyòl-la
di fò pa rété asi sé diférans-lasa.
Kon yé la, sé maké ka konté.
Adidi ka maké kongné,
Toto ka maké konnyé.
Adidi ka maké kangn,
Toto pisimé kanny.
Adidi di konsa, grafi a Toto-la pé rivé fè
moun mal li, lè ou ni on ny
an bout a on mo.
On jou, Lorenn
maké bèl
men lè’w gadé i maké bol.
Pofésè-la pa té dakò épi Lorenn.
I di, fò mété larété la i yé:
Si ou maké bèl,
fò ou maké bòl.
Men si ou maké bel
, ou ni pou maké bol.
Sa
Lorenn ka di, sa Adidi ka di
Sa Lorenn pa
enmé tann la menm, sé jan Adidi ka pononsé
mo. Ou téké di gransè a’y sé moun
lontan. Adidi ka di ‘an sé marenn
a’w. An plis di sa, i ka kriyé tisè-la Lorenn.
Li menm, li menm a’y, i ka di Adidi sé marèn
a’y é non a’y sé Lorèn.
Adidi ka di, i ka sòti Lapwent
pou désann Sentann.
Lorenn kant a’y, ka sòti Pwentapit
é i kalé Sentàn.
Men tou lé dé sè-la dakò. Toto ki lévé
pa asi Tw-Rivyè ka pononsé on jan . Mi jan i ka palé:
Lorenn sé on tifi gyòk.
Sé dé sè-la ka di: Lorenn sé on tifi
dyòk.
Pofésè kréyòl-la di konsa, sé
maké ka konté, apa babyé ka konté an
kréyòl. Toutmoun-la mété yo dakò
pou maké gyòk
, menm si yo paka pononsé kon Toto.
Toutmoun-la kè kontan toubòlman
asi sa yo désidé ansanm, ansanm.
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