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Introduction
Les Confréries
sont des organisations religieuses d'origine hispaniques qui servaient
à multiplier le travail et les tâches de l'église
catholique.
Une de ses fonctions
était celle de veiller aux célébrations des
festivités du Saint Patron de la Communauté, et aider
`a la collaboration entre ses membres ou cofrades afin de leur garantir
un enterrement digne. Les Confreries avaient, par conséquent,
un profil de société mutualiste.
A Saint-Domingue
Ces formes religieuses
de l'église ont étés transferées également
a la Colonie de Saint-Domingue. Des documents témoignent
de la formation de la Confrérie de la Pure Conception de
Maríe vers les années de 1502 -1503. C'est-à-dire,
que comme partie du processus de création d'institutions
hispaniques en Amérique, l'église transfère
aussi ses Confréries, appelées Conseils municipaux
`a Cuba.
Nous possédons
en outre deux patrimoines de l'Humanité additionnels : La
ville coloniale de Saint-Domingue (déclaré, par son
importance historique, patrimoine de l’Humanité par
l’ UNESCO en 1990), et le Théâtre Populaire Danzante
des Guloyas de San Pedro de Macorís (déclaré
en 2005), comme expression Orale et Intangible.
Critères
Les critères
généraux qui ont étés choisis pour les
dites déclarations, sont en rapport en premier ordre, à
l’ évaluation d’ une tradition menacée
de disparaître et qui constitue au meme temps un élement
important de l'identité du groupe auquel elle appartient.
D'autre part,
la pièce choisie, bien qu'étant en danger d'extinction
doit être une expression culturelle vivante, et être
en même temps un fait socio-culturel diversifié : il
faut qu’il possède un sens économique, social,
culturel et philosophique.
En prenant en
considération pour le contexte qu'on traite des facteurs
modification et changement d'origines variées comme la globalisation
(dans ses composants négatifs pour les cultures traditionnelles,
les migrations, les processus d'urbanisation, l'impact environnemental,
le tourisme désorganisé, la foklorización de
la culture, la crise économique, la modernisation et autres
considérations également perturbatrices pour les expressions
culturelles traditionnelles.
Dans cette phase
initiale, d’ une importance particuli`ere est le plan d'action
qui doit accompagner les programmes de travail lesquels poursuivent,
non seulement la réévaluation du fait culturel en
question, mais aussi les mesures qui doivent accompagner ces actions
afin de protéger et sauvegarder la tradition.
Cet aspect méthodologique
est d’une importance capitale, car il garantit des stratégies
de travail claires pour aborder pendant 10 ans les compromis qui
en dériveraient.
En ce moment
on a les cadres de références théoriques qui
réguleraient les interventions dans les communautés
porteuses de la tradition culturelle reconnue, mais en même
temps un probl`eme se pose sur le cadre juridique dans lequel devraient
être conduites les actions de protection et sauvegarde. Le
processus s’avère d’autant plus complexe qu’
il revele `a son tour de nouvelles mani`eres d'interagir avec la
création du fait culturel intangible lequel, a été
considéré pendant longtemps sans propriété
ni droits individuels, mais plutôt collectifs.
Il va sans
dire que parler de droits d’auteur dans tout ce qui touche
aux expressions culturelles est un sujet tr`es sensible. Ce cadre
juridique est construit en ce moment avec les États membres,
mais chaque pays peut signer des accords qui prennent en considération
le respect de la tradition et de nouvelles manières de mettre
en rapport avec les ressources que beaucoup de ces expressions culturelles
peuvent produire, en restant dans la majorité des cas, exclues
de leurs bénéfices pour ne pas exister procédures
et règles claires et écrites.
D'autre part,
l'UNESCO reconnaît le groupe ou l'instance culturelle qui
apparaît comme symboliquement représentative de la
tradition, même si le dit goupe ou instance poss`ede plus
d’une expression.
Nous savons
que la Confrérie des Congos de l'Esprit Saint, est une parmi
plus de 100 groupes de nature égale dans le pays. Toutefois,
pour de multiples raisons, beaucoup de d'entre elles subjectives,
une seule est choisie qui est considerée comme fidèlement
représentative de l'ensemble.
Cependant, au
moment de reconnaître ou de nommer, cet organisme de culture
internationale, désigne un nom, un lieu, une tradition, des
responsables, une histoire orale, un contexte, une situation particulière,
un diagnostic spécifique, et, évidemment, si la tradition
garde indéfectiblement des liens avec d'autres manifestations
de la culture qui lui sont famili`eres, il ferait alors partie d'un
complexe culturel. Ceci étant cela serait cette tradition
en tant que telle qui serait reconnue, non pas l’ensemble.
On éviterait ainsi la dispersion, la confusion et la désagrégation
en ce qui concerne les plans et les stratégies `a établir
lors de sa récupération.
Justification
Dans les premières
Confréries les esclaves n’en faisaient pas partie.
Il leur avait été interdit de s’ y intégrer.
Ceux-ci se sont vus alors dans l’obligation d‘en créer
les leurs, avec des caractéristiques légèrement
différentes de celles des Espagnols. Il s’ensuit que
ces confréries des noirs ont intégré des éléments
du catholicisme et de leurs religions et croyances ancestrales.
Importance
Avec le temps
ces confréries de noirs se sont transformées en des
expressions de sincretismo, mais aussi en mécanisme de résistance
devant le processus de christianisation et colonisation auquels
ils étaient soumis.
Ces confréries
ont permis également la survie de traces culturelles africaines
dans notre société d'aujourd'hui. Un exemple le constitue
la force qui ont le culte aux morts et la musique. Assez singulier
est également le rôle qui joue la confrérie
dans la reproduction culturelle du groupe et dans ses identités
locales.
On parle des
identités au pluriel, parce que la tradition se manifeste
dans différentes communautés dans lesquelles on trouve
les caractéristiques de base d’une expression culturelle
determinée, nuancée dans beaucoup de cas, par des
composants particuliers de la zone.
Dans notre pays
il existe deux importantes confréries qui ont à leur
tour des ramifications : la Confrérie des Congos de l'Esprit
Saint, laquelle a ses racines dans la Communauté de Villa
Mella et d’autres endroits dans la partie nord et ouest de
la capitale, et l'autre Confrérie est celle de San Juan Bautista,
qui influence le sud du pays jusqu'à San Juan de la Maguana.
Grâce
à ces deux manifestations de confrérie encore actives
aujourd'hui, il est possible d'étudier leur importance dans
les croyances populaires dominicaines, ainsi comme leur valeur au
niveau du support du groupe ou des groupes qui la pratiquent.
Fonction
Les confréries
ont aujourd'hui différentes fonctions ; d'une part elles
entretiennent la tradition avec les Fêtes Patronales ou fêtes
célébrées dans les villages ou petites villes
`a l’ occasion de l’ anniversaire d’ un Saint.
A Villa Mella elles accompagnent la célebration de la Vierge
du Rosaire. Mais leur responsabilité avec la Communauté
et ses membres ne finit pas là. Elles assistent aussi à
des pérégrinations comme celle du le Christ Saint
des Miracles de Bayaguana en décembre de chaque année.
Elles cél`ebrent aussi au son du tambour, le jour des saints
ou les veillées, auxquelles beaucoup des cofrades sont attachés.
Mais, peut-être
serait-il le contact avec les tambours en remémoration ou
au-revoir aux défunts, une de ses principales fonctions.
Celle-ci a lieu soit `a la demande du défunt avant de décéder,
soit par décision familiale, ou à l'initiative de
la confrérie elle-même, au cas où le décedé
en ait fait partie.
Dans le cas
de la veillée de mort ou Banque, nous sommes face à
une véritable ritualización, chargée d’une
grande richesse symbolique et de grands composants culturels d'ascendance
africaine. On y trouve également beaucoup d’ elements
d'ascendance hispanique faisant de la Confrérie, comme observé
déjà avant, une manifestation fortément syncrétique.
Dans le culte
aux morts le cofrade exprime sa dévotion au plus haut dégrée.
Pour la cérémonie on peut utiliser des atabales ou
des morceaux de bois ou bien les Congos (qui sont en soi des types
d'instruments musicaux).
Dans tous les
cas il existe une différence dans le contact, les rythmes
et l’ organologíe.
La cérémonie
de la Banque consiste en une rencontre pendant toute une journée
des amis, parents et voisins pour remémorer le défunt.
Dans ces cérémonies de remémoration et d’au-revoir,
on chante, on joue de la musique, on boit de l'alcool, du café,
on discute sur des sujets d’actualité, de nouvelles
rélations se nouent, on rit, mais peut de fois il y a des
disputes.
Les 21 coups
de remémoration sont frappés, on prépare un
autel ou túmulo pour honorer le défunt, on lui fait
des offrandes. Un parent peut ^etre possédé par le
défunt qui exprimera sa satisfaction ou mécontentement
de la cérémonie. Dans tous les cas c’est le
défunt qui est le centre de la cérémonie. La
convocation est motif de rencontre pour et les conversations sont
des plus diverses.
Ce type de rencontre
reproduit les valeurs culturelles du groupe, renforce le support
de l'identité culturelle et sa mémoire sociale.
Situation
actuelle
En ce moment
ces manifestations culturelles, comme d'autres qui se produisent
par ailleurs, sont menacées de disparaître `a cause
de plusieurs facteurs.
Dans le cas
de la Confrérie des Congos de l'Esprit Saint de Villa Mella,
nous devons tout d’ abord signaler qu'elle n'est pas la seule
dans le secteur, bien qu'en effet elle réunit certains critéres
comme homogénéité, compactage, cohérence,
systematicité.
Dans d'autres
peuplés on donne des manifestations de la confrérie,
ou avec des atabales ou avec les "congos" proprement dit
(qui est l'ensemble organologique et le rythme musical) qui se produit
autour de groupes de musiciens, comme dans les Communautés
des Botaos de Yamasá, les Guarícanos et la Victoire,
entre autres. Ceux-ci ne conservent cependant pas, dans beaucoup
de cas, les grandes lignes et caractéristiques de ceux de
la communauté de Mata los indios de Villa Mella.
Dans tout cet
univers, des changements de différente nature se produisent
: urbains, économiques, sociaux et culturels, qu'affectent
lentement les mentalités des habitants et par conséquent
des expressions culturelles les plus significatives comme est le
cas de la Confrérie des congos de l'Esprit Saint de Villa
Mella.
Il est également
notoire comment les nouvelles générations, surtout
dans les communautés où la tradition ne conserve pas
la même homogénéité que dans la Communauté
de Mata los indios, elles sont dissociées de la tradition
familiale. Ici on invoque plusieures raisons qui vont depuis considérer
que cela ne leur apport déjà rien, jusqu'à
la considérer, dans quelques cas, comme une pratique «
incorrecte » ou « retardée » ou «
du passé ».
Logiquement
ces groupes de cofrades, ne possèdent pas une stratégie
de rapprochement ou de confrontation devant l’avalanche des
changements qui se produissent et qui constituent une ménace
`a leur survie.
Dans le cas
concret de Villa Mella, il est indéniable que cette région
s'est transformée en secteur d'expansion urbaine par excellence
de la ville de Saint-Domingue, ce qui entraîne un ensemble
de conséquences qui doivent sérieusement être
analysées, pour que des mesures soient prises afin d’éviter
que soit étouffée la tradition au profit du développement.
Devant de tels
faits, le Musée de l'Homme dominicain, avec l'appui décidé
du Secrétariat d'État `a la Culture, le bureau de
représentation de l'UNESCO dans le pays et un groupe de chercheurs,
a décidé de présenter à l'UNESCO cette
tradition comme pièce du patrimoine oral et intangible de
l'Humanité.
D’une
grande valeur culturelle pour les groupes concernés cette
tradition était déjà, à la fin des années
2000, en danger d'extinction. Elle a donc fait partie d’un
ensemble de traditions culturelles qui ont participé `a une
élection qui a eu lieu au mois de Mai 2001. La Confrérie
des Congos de l ‘Esprit Saint de Villa Mella a fait partie
des 19 pi`eces choisies, parmi plus de 57 participants au niveau
mondial, comme faisant partie du patrimoine oral intangible de l’
humanité.
Dangers
Pour que l'initiative
de l'UNESCO, ait un effet ultérieur et à la fois des
résultats tangibles, la reconnaissance accordée doit
être concise et nécessaire dans sa nature. Naturellement
ce type de résolution produit à son tour quelques
conflits interprétatifs rélatifs `a la portée
et `a la nature de la reconnaissance.
Normalement
les groupes porteurs, fatigués de déambuler dans l’
attente d’ une aide, esp`erent que la reconnaissance est un
prix qui leur apporterait des bénéfices matériels
immédiats, ce qui n'est pas certain. –
- L’entrée
à une reconnaissance de type unirverselle (comme un «
passage `a la fame ») produit des désequilibres éloignés
du processus naturel avec lequel était articulé ce
type de tradition `a l’ origine.
- Ces expectatives
produissent des conflits internes et des luttes de pouvoir, qui
n'existaient pas au préalable.
- La reconnaissance
est à l'origine de l'apparition de nouveaux mes ies ou intermédiaires.
- Parfois les
groupes porteurs ne donnent pas de l'importance à l'application
de plans et de programmes de récupération et transmission
de l'héritage.
- Cette dénomination
et ses implications, surtout matérielles, produissent des
oligarchies culturelles qui surgisent de l'ensemble et créent
des jalousies et des confrontations inutiles, qui devraient être
évités.
- Il peut se
produire aussi un protagonisme exagéré de la part
des organismes bureaucratiques de l'État responsables de
l’application des projets et faire avorter les fins.
- Un mauvais
maniement de la projection sociale de ces groupes venus de l'anonymat
national, peut dévier l'intention et la spontanéité
originale et réduire tout à un niveau matériel,
commercial et publicitaire. Les objectifs du départ se trouveront
alors entravés.
- Par ailleurs
nous savons que les pays industrialisés Européens,
ne s’intéressent gu`ere au patrimoine oral et intangible.
Leur intérêt est porté sur les monuments et
les sites historiques et naturels.
Notre proposition
donc, porte en elle une faiblaisse structurelle, ce `a quoi nous
devons être préparés. -
Défis
`A l’heure
actuelle, un ensemble de conditions sont données qui permettent
d’aborder le probl`eme, tout au moins en ce qui concerne la
tradition en question, de la meilleure mani`ere possible.
Il est évident
que la déclaration de la pièce de la Confrérie
des Congos, comme patrimoine oral et intangible de l'humanité,
suppose la mise en place de ressources qui rendraient possible une
politique de préservacion adéquate et prolongée
de l’oeuvre.
Cependant, tout
ceci n’est valable que si nous partons du fait que la tradition
est en danger de disparaître à cause du manque de ressources
économiques qui fait blocage à son développement
normal. Toutefois, si nous tenons compte d'autres paramètres
en rapport avec cette pratique, nous voyons que la stratégie
doit aller plus loin qu'un simple problème économique.
Il est opportun
de signaler aussi, que cette tradition est menacée en même
temps par d'autres maux et manques qui sont d'une autre nature,
comme sont l'absence, le soutien et la reconnaissance étatique
et institutionnelle à leurs manifestations, comme est le
cas de la confrérie de Mata los indios et l'inévitable
processus d'urbanisation qui subit le secteur o`u elle siège
et qui l’affecte directement.
Egalement préoccupante
est la manière par laquelle les générations
émergentes de la communauté sont articulées
avec le groupe de confrades et comment on devrait fortifier la mémoire
sociale pour garantir des résultats optimaux et chaque fois
meilleurs.
Le prix de l'UNESCO,
à la Confrérie des Congos de l'Esprit Saint de Villa
Mella, représente un défi pour travailler une tradition,
non seulement `a partir de l’ intérêt du chercheur,
mais en pensant aussi aux acteurs du fait culturel lui m^eme, à
la communauté qui a servi de refuge, et `a la manière
multiple par laquelle la culture peut servir comme intermédiaire
pour l'obtention de ressources qui serviront `a la reproduction
de la tradition culturelle et du groupe lui-même.
Pour tout ce
qui précède et à partir d'une conduite et d'une
vision de gestion culturelle claire, les programmes et leurs objectifs
et tout projet qui tienne compte des protagonistes de la culture
comme les grands bénéficiaires de sa capacité
créative, je pense en une vision qui aboutisse `a un projet
d’ autogestion, qui multiplie le potentiel du groupe au bénéfice
de de tous et, par conséquent, du pays. -
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