| SYSTÉMATIQUE |
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| DESCRIPTION |
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Ameiva cineracea, Grand Ilet de Petit-Bourg, Basse
Terre (syntype, MHNH 9902).
Photo extraite de l’ouvrage de Michel BREUIL (2002) «Histoire
Naturelle des Amphibiens et Reptiles terrestres de l’Archipel
Guadeloupéen Guadeloupe St Martin Saint Barthélemy» ©
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La
première mention de cette espèce a été faite
par le Père Breton (1647, 1665, 1666) sous le nom caraïbe «d’anaoli» (= «anoli» = «anolys»)
qui en fit une brève description (1658) :
« Ils sont de la grosseur et de la longueur des lezars que
l’on voit en France : Mais ont la tête plus longuette,
la peau jaunâtre & sur le dos ils sont des lignes rayées
de bleü, de vert et de gris, qui prennet depuis le dessus
de la tête, jusques-au bout de la queüe ».
Le
Père Du Terte (1667), nous en offre une description
autrement plus précise, sous le nom « d’anolis » :
« Ils portent un pied ou un pied et demi de longueur, le
plus gros n’atteint jamais la grosseur du bras. Leur ventre
est de couleur gris cendré, le dos tanné tirant sur
le roux, le tout rayé de bleu, la tête toute marquetée
comme les autres lézards, mais leur bec est un peu plus
effilé. »
Trois
individus ont été collectés en 1914
et 3 spécimens sont aujourd’hui conservés dans
des muséums dont :
- le type MCZ 10577 conservé au Muséum ()
- le syntype MNHN 9902 conservé au Muséum National
d’Histoire Naturelle à Paris.
L’améive de la Guadeloupe est un téiidé d’une
taille moyenne de 150 mm (du bout du museau à la fente cloacale).
Le nom de l’espèce cineracea vient de la coloration
de la partie dorsale d’un gris cendré parcourue par
ailleurs par trois bandes longitudinales grises néanmoins
plus foncées. Les flancs de cet animal sont bleutés
alors que la tête ainsi que la queue tendent vers un vert
olive. La partie ventrale de l’animal est de couleur jaune
paille à blanche avec quelques nuances bleutées des
flancs et des côtés de la tête.
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Planche
de Reptiles du livre de Rochefort (1658) : « Histoire
Générale des Antilles … » © Bibliothèque
Centrale M.N.H.N Paris 1999. |
| Planche
de Reptiles du livre de Du Tertre (1667) : « Histoire
Générale des Isles habitées par… » © Bibliothèque
Centrale M.N.H.N Paris 1999. |
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| DISTRIBUTION
GÉOGRAPHIQUE |
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Selon
Du Tertre (1654-1667) :
« (…)
On ne trouve pas d’anolis dans tous les quartiers de
l’île de la Guadeloupe, mais seulement vers le
grand cul-de-sac. Dans les autres îles, on en trouve
partout. »
Il était largement distribué sur la Grande Terre
et à la Basse Terre ainsi que sur les îles et dépendances
avoisinantes (Désirade, Les Saintes, Petite Terre, Marie
Galante) jusqu’à une époque récente.
Sa répartition s’est peu à peu réduite
au Grand Ilet, îlot situé au large de la commune de
Petit Bourg. Les causes exactes de cette régression restent
encore mal connues mais il est très probable que l’introduction
de la mangouste, des chiens, chats et rats y ait grandement contribué.
Cette dernière population d’améive a été malheureusement
décimée par le Cyclone de 1928 (Honegger, 1981).

Grand îlet se présentait, à l’heure des
observations et descriptions récentes de cette espèce
(1914-1915), comme une dalle corallienne qu’avait colonisée
une végétation basse.
Aujourd’hui il se résume à un îlot d’à peine
150 m de long pour 50 m de large, situé à quelques
600 m de la côte. © IGN

Carte de répartition de l’Améive de la
Guadeloupe : Celle-ci était limitée à la
Guadeloupe continentale et ses dépendances les plus
proches : Désirade, Les Saintes, Petite Terre, Marie
Galante. |

Carte de localisation de l’améive de la Guadeloupe
avec l’emplacement des fossiles de cette espèce
ayant été retrouvés lors de fouilles archéologiques.
En effet, des os de lézard trouvés à la
Désirade et à Terre de Bas ont été attribués
par Grouard (2001) à l’améive de la Guadeloupe
Ameiva cineracea. D’autres ossements et squelettes ont été trouvés
vers les communes d’Anse Bertrand, du Moule, de St François
(Pointe des Châteaux), de Baillif et St Louis de Marie
Galante. (d’après BREUIL 2002) |
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| BIOLOGIE |
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Quelques détails sur la biologie de l’améive
de la Guadeloupe nous sont fournit par Du Tertre (1667) :
« Ils
sont toujours dans la terre et n’en sortent qu’à la
plus chaleur du jour ; alors qu’ils viennent ronger
les os et les arêtes de poissons que l »on jette
devant la porte. Ils mangent parfois de l’herbe, principalement
les potagères. Si l’on en tue quelques-uns,
les autres les mettent en morceaux et les mangent. »
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| DATE
et CAUSES de la DISPARITION |
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La disparition de la dernière colonie d’améive date de
1928 après le passage du cyclone qui ravagea l’île cette
année-là.
Les
facteurs ayant valablement contribué et conduit à la disparition
de l’améive de la Guadeloupe restent encore mal connus. On ne
peut en effet qu’émettre des hypothèses :
- la destruction de l’habitat littoral a sans doute été un
facteur de régression : Marie Galante a connu une destruction
du milieu très marquée au point où Iguana
delicatissima a disparu entre le débarquement de Christophe
Colomb et l’arrivée des premiers naturalistes (Breuil
2002).Mais Breuil fait remarquer à ce sujet que l’Ameiva
plei a lui parfaitement résisté et est devenu par
endroit très anthropophile.
-
Les prédateurs qui ont été introduits par
l’homme (mangouste, chiens, chats et rats) ont certainement
contribué à sa disparition dans certaines îles
-
La houle cyclonique a probablement eu raison des populations
d’améives de îles basses du Grand et du Petit
Cul-de-Sac marins et de celle de Petite Terre (Breuil 2002). En
effet, sur nos îles des Petites Antilles, les fonds marins
sont vite importants au large, la marée cyclonique est plus
faible, ne dépassant guère 2 à 3 mètres
lors de passages d'ouragans intenses, sauf dans les zones de lagon
et de " culs-de-sac " marins plus exposées. Ainsi,
le cyclone de 1928 en Guadeloupe a généré une
montée des eaux estimée entre 3 et 4 mètres
sur les îlets de la baie de Pointe-à-Pitre.
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