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ABOLO (ou AMÉIVE de GUADELOUPE) Ameiva Cineracea (Barbour et Noble, 1915)
Description - Distribution géographique - Biologie - Date et causes de la disparition
voir aussi : Les REPTILES dans la Caraïbe
Le GRAND AMÉIVE
L'HOLOTRIPIDE ROQUET
SYSTÉMATIQUE
Règne : Animal
Phylum : Cordés
Subphylum : Vertébrés
Classe : Reptiles
Ordre : Sauamates
Famille : Téiidés
Genre : Ameiva
Espèce : Cineracea
Nom latin :
Ameiva Cineracea
Nom commun français :
Abolo,
Améive de Guadeloupe
Nom commun anglais :

DESCRIPTION



Ameiva cineracea, Grand Ilet de Petit-Bourg, Basse Terre (syntype, MHNH 9902).
Photo extraite de l’ouvrage de Michel BREUIL (2002) «Histoire Naturelle des Amphibiens et Reptiles terrestres de l’Archipel Guadeloupéen Guadeloupe St Martin Saint Barthélemy» ©

La première mention de cette espèce a été faite par le Père Breton (1647, 1665, 1666) sous le nom caraïbe «d’anaoli» (= «anoli» = «anolys») qui en fit une brève description (1658) :

« Ils sont de la grosseur et de la longueur des lezars que l’on voit en France : Mais ont la tête plus longuette, la peau jaunâtre & sur le dos ils sont des lignes rayées de bleü, de vert et de gris, qui prennet depuis le dessus de la tête, jusques-au bout de la queüe ».

Le Père Du Terte (1667), nous en offre une description autrement plus précise, sous le nom « d’anolis » :

« Ils portent un pied ou un pied et demi de longueur, le plus gros n’atteint jamais la grosseur du bras. Leur ventre est de couleur gris cendré, le dos tanné tirant sur le roux, le tout rayé de bleu, la tête toute marquetée comme les autres lézards, mais leur bec est un peu plus effilé. »

Trois individus ont été collectés en 1914 et 3 spécimens sont aujourd’hui conservés dans des muséums dont :
- le type MCZ 10577 conservé au Muséum ()
- le syntype MNHN 9902 conservé au Muséum National d’Histoire Naturelle à Paris.

L’améive de la Guadeloupe est un téiidé d’une taille moyenne de 150 mm (du bout du museau à la fente cloacale). Le nom de l’espèce cineracea vient de la coloration de la partie dorsale d’un gris cendré parcourue par ailleurs par trois bandes longitudinales grises néanmoins plus foncées. Les flancs de cet animal sont bleutés alors que la tête ainsi que la queue tendent vers un vert olive. La partie ventrale de l’animal est de couleur jaune paille à blanche avec quelques nuances bleutées des flancs et des côtés de la tête.

Planche de Reptiles du livre de Rochefort (1658) : « Histoire Générale des Antilles … » © Bibliothèque Centrale M.N.H.N Paris 1999.
Planche de Reptiles du livre de Du Tertre (1667) : « Histoire Générale des Isles habitées par… » © Bibliothèque Centrale M.N.H.N Paris 1999.


DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE

Selon Du Tertre (1654-1667) :

« (…) On ne trouve pas d’anolis dans tous les quartiers de l’île de la Guadeloupe, mais seulement vers le grand cul-de-sac. Dans les autres îles, on en trouve partout. »

Il était largement distribué sur la Grande Terre et à la Basse Terre ainsi que sur les îles et dépendances avoisinantes (Désirade, Les Saintes, Petite Terre, Marie Galante) jusqu’à une époque récente. Sa répartition s’est peu à peu réduite au Grand Ilet, îlot situé au large de la commune de Petit Bourg. Les causes exactes de cette régression restent encore mal connues mais il est très probable que l’introduction de la mangouste, des chiens, chats et rats y ait grandement contribué.

Cette dernière population d’améive a été malheureusement décimée par le Cyclone de 1928 (Honegger, 1981).


Grand îlet se présentait, à l’heure des observations et descriptions récentes de cette espèce (1914-1915), comme une dalle corallienne qu’avait colonisée une végétation basse.
Aujourd’hui il se résume à un îlot d’à peine 150 m de long pour 50 m de large, situé à quelques 600 m de la côte. © IGN


Carte de répartition de l’Améive de la Guadeloupe : Celle-ci était limitée à la Guadeloupe continentale et ses dépendances les plus proches : Désirade, Les Saintes, Petite Terre, Marie Galante.

Carte de localisation de l’améive de la Guadeloupe avec l’emplacement des fossiles de cette espèce ayant été retrouvés lors de fouilles archéologiques. En effet, des os de lézard trouvés à la Désirade et à Terre de Bas ont été attribués par Grouard (2001) à l’améive de la Guadeloupe Ameiva cineracea. D’autres ossements et squelettes ont été trouvés vers les communes d’Anse Bertrand, du Moule, de St François (Pointe des Châteaux), de Baillif et St Louis de Marie Galante. (d’après BREUIL 2002)

 


BIOLOGIE

Quelques détails sur la biologie de l’améive de la Guadeloupe nous sont fournit par Du Tertre (1667) :

« Ils sont toujours dans la terre et n’en sortent qu’à la plus chaleur du jour ; alors qu’ils viennent ronger les os et les arêtes de poissons que l »on jette devant la porte. Ils mangent parfois de l’herbe, principalement les potagères. Si l’on en tue quelques-uns, les autres les mettent en morceaux et les mangent. »

 


DATE et CAUSES de la DISPARITION


La disparition de la dernière colonie d’améive date de 1928 après le passage du cyclone qui ravagea l’île cette année-là.

Les facteurs ayant valablement contribué et conduit à la disparition de l’améive de la Guadeloupe restent encore mal connus. On ne peut en effet qu’émettre des hypothèses :

- la destruction de l’habitat littoral a sans doute été un facteur de régression : Marie Galante a connu une destruction du milieu très marquée au point où Iguana delicatissima a disparu entre le débarquement de Christophe Colomb et l’arrivée des premiers naturalistes (Breuil 2002).Mais Breuil fait remarquer à ce sujet que l’Ameiva plei a lui parfaitement résisté et est devenu par endroit très anthropophile.

- Les prédateurs qui ont été introduits par l’homme (mangouste, chiens, chats et rats) ont certainement contribué à sa disparition dans certaines îles

- La houle cyclonique a probablement eu raison des populations d’améives de îles basses du Grand et du Petit Cul-de-Sac marins et de celle de Petite Terre (Breuil 2002). En effet, sur nos îles des Petites Antilles, les fonds marins sont vite importants au large, la marée cyclonique est plus faible, ne dépassant guère 2 à 3 mètres lors de passages d'ouragans intenses, sauf dans les zones de lagon et de " culs-de-sac " marins plus exposées. Ainsi, le cyclone de 1928 en Guadeloupe a généré une montée des eaux estimée entre 3 et 4 mètres sur les îlets de la baie de Pointe-à-Pitre.

 

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