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Pour
le calypso comme pour les steeldrums, il est délicat d'opposer une
tradition à une forme modernisée ; Ces genres doivent
leur existence au bouleversement d'une forme antérieure et leurs
histoires respectives sont parsemées de toutes sortes d'innovations
(instrumentales, musicales, contextuelles) ; Comment alors distinguer
le traditionnel du moderne, lorsque la nouveauté est
par la suite régulièrement réutilisée ? Tous deux issus du carnaval,
ils s'en sont partiellement affranchis tout en lui restant fortement
corrélé. Organisés en compétitions nationales, ils constituent en
fait ce que les ethnologues appellent une tradition inventée.
On peut néanmoins dégager quelques genres s'écartant particulièrement
du contexte original.
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Le
calypso a donné naissance au début des années 80 à une nouvelle
forme plus commerciale appelée Soca (contraction de
SOul music et de CAlypso) interprétée
par des brass bands. Utilisant largement les instruments
électroniques tels que la boite à rythmes ou le synthétiseur,
le genre se caractérise par une ligne de basse mélodique et très
amplifiée, et un texte bien moins développé que dans le calypso.
Ce type de musique, diffusée pendant le carnaval par des sound
systems (camions couverts d'énormes haut-parleurs), a presque
supplanté les steelbands lors du défilé [ ].
Quoique mélodiquement et harmoniquement très simple, la soca a intégré
des gammes rappelant certaines musiques traditionnelles, créant
ainsi des sous-catégories telles que le Soca Parang,
musique de Noël d'influence vénézuélienne [ ],
ou le Chutney Soca (d'influence indienne) [ ].
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Les
steelbands ont comme on l'a vu très tôt emprunté des répertoires
étrangers [ ].
Par ailleurs, l'arrangeur Ray Holman, connu pour son influence
jazz, a contribué à renouveler le style musical et surtout à faire
accepter la composition (et non seulement l'arrangement) des
morceaux de Panorama.
Plus récemment, la compétition biennale World Pan Festival
présente des calypsos, mais aussi des pièces classiques ou des compositions
[ ].
Elle accueille des groupes venus d'Europe, d'Amérique du
nord et bien-sûr des Caraïbes, préalablement sélectionnés
lors des préliminaires régionales.
Les steelbands se sont en effet répandus dans bien des régions du
monde ; d'abord diffusés dans les Caraïbes (notamment anglophones),
ils ont ensuite gagné les pays de forte immigration trinidadienne
: Angleterre, Etats-Unis, Canada, puis d'autres pays tels que la Suisse,
la Suède, la Finlande ou le Japon. La France connaît actuellement
un essor impressionnant de ce type d'orchestre, avec des groupes aussi
bien Antillais que métropolitains comme Calyps'Atlantique,
Calypsociation, Sun Pan Caraïbe ou Pan
à Paname [ ]
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Festival
: Les Desperadoes dirigés par Pat Bishop en 1988.
Extrait du livre "The Steelband Movement", Stephen Stuempfle.
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Par
ailleurs, l'instrument est de plus en plus utilisé par des solistes
dans des formations de jazz. Si ces jazzmen se produisent plutôt
a l'étranger, nombreux sont ceux qui viennent de Trinidad, où ils
sont souvent arrangeurs pour steelband. Len Boogsie Sharp s'est
ainsi illustré aux cotés de Monty Alexander, Wynton Marsalis, Grover
Washington Jr., Art Blakey, et bien d'autres célébrités [ ].
Othello Molineaux [ ],
Rudy Smith, Robert Greenidge, Liam Teague, et
Ken Professor Philmore [ ],
poursuivent également des carrières de solistes. |
Len
Boogsie Sharp rencontre Wynton Marsalis. Extrait du livre "The
Steelband Movement", Stephen Stuempfle.
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Ken
Philmore jouant du quadrophonic, 1988.
Extrait du livre "Forty years in the steelbands", George Goddard.
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Othello
Molineaux.
Extrait du cd "It's About Time", Othello Molineaux.
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D'autres
jazzmen ont émergé des pays d'importation du steeldrum, comme l'Américain
Andy Narrel [ ],
ayant également arrangé pour le Panorama à Trinidad, ou Guillaume
Kervel et les frères Lalsingué en France. |

Andy Narrel. Extrait du cd "Island Stories", Caribbean Jazz Project.
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