| ACQUARD,
Jean Charles Paul Régis |
| Statut
juridique avant 1794
: Libre de couleur |
Fonction
en 1802
: Négociant |
| Couleur
: Mulâtre |
Sachant
signer
: Oui |
Jean Charles
Paul Régis Acard ou Acquart est peut être le fils naturel du Bordelais
Acquart, établi à Basse-Terre en 1763. C'est avant tout un marin,
c'est d'ailleurs la profession mentionnée dans son testament, qui
a fait fortune au point d'être considéré comme opulent par Lacrosse.
Ses opérations consistent en l'armement de bâtiments corsaires comme
le Sarrasin, en 1797, la Jeune créole, l'Harmonie ou la Diomède en
1799-1800, l'achat et la revente de bateaux. Régis Acquart investit
ses profits dans l'immobilier de rapport. Il achète à Pointe-à-Pitre
un bâtiment d'une valeur locative annuelle de 30.000 £. Ce complexe
marchand dispose de onze entrées sur le quai Tabanon et est voisin
de la maison de son beau-frère Hyppolite René Jarry. Régis Acquart
acquière puis revend deux appentis à Basse terre pour la somme de
17.160 £.
Profitant des séquestrations des biens des émigrés, il loue à la République,
une maison dans la rue du Grand Jardin à Basse-Terre. L'enrichissement
de Régis Acquart est impressionnant. Lors de la rédaction de son testament,
il lègue 200.000 £ à sa propre fille Sosote Régis Acquart. Il donne
à sa fille de confiance (sa future épouse) Julienne André, 33.000
£ avec tous ses meubles, linges de table, lit, argenterie, effets
et marchandises de sa maison en reconnaissance des services et soins.
Il donne à son frère Modeste Acquart la somme de 10.000 £, son bureau
et tout son linge à homme. Il institue comme légataire universels
à parts égales, sa mère ses frères et sœurs, demeurant dans les îles
neutres. L'ampleur des legs particuliers donne une idée de la valeur
de l'ensemble du patrimoine.
A Pointe-à-Pitre, lors de l'arrestation de Lacrosse, il favorise le
ralliement de Basse-Terre à la rébellion. Possédant de nombreux bateaux,
il parvient à s'enfuir de la Guadeloupe. Les autorités militaires
soupçonnent Régis Acquart de s'être réfugié à Saint-Thomas (une île
neutre) et demandent au gouverneur de cette île de leur livrer dans
une lettre datée du 14 novembre 1802. Régis Acquart est suspecté d'avoir
avec sa goélette fourni des armes aux révoltés de Saint-Domingue et
de la Guadeloupe. Le 12 février 1804, les biens de Régis Acquart sont
confisqués. L'inventaire de ceux-ci montre qu'il possède une goélette
et une dizaine de maisons à louer situées au cœur de la rade de Pointe-à-Pitre.
Le 10 avril 1806, ses biens lui sont restitués et il apparaît comme
la victime de préventions injustes. |
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de la page)
|
| BERNIER,
Pierre Louis |
| Naissance
: ?, Rivière-Salée (Martinique) |
Décès
: ? |
| Statut
juridique avant 1794
: Libre de couleur |
Fonction
en 1802
: Commissaire du gouvernement à Basse-Terre |
| Couleur
: Sang-mêlé paraissant blanc |
Sachant
signer
: Oui |
Pierre
Louis Bernier est mulâtre libre originaire de Rivière-Salée en Martinique,
est une des grandes figures du négoce de Basse-Terre. Dans le recensement
de 1796, il est qualifié de blanc, alors qu'il est "réputé homme de
couleur" et même qualifié de mulâtre. C'est certainement un homme
très clair de peau, voire blanc car rien ne permet de soupçonner son
origine, selon Lacour.
Il apparaît comme interprète de la langue anglaise à Basse-Terre en
1796. Bernier a une profession lucrative car en tant qu'interprète
il traduit les protestations des capitaines des bateaux capturés par
les corsaires. Peu à peu, il s'insère dans le monde du négoce et de
la course. En avril 1799, il est interprète sur le corsaire la Résolue
et prend une participation de 8.400 £ auprès de l'armateur Louis Plet.
En septembre de la même année, Bernier est l'armateur principal de
la Résolue. Il est alors qualifié de négociant. Il investit ses profits
dans l'immobilier en achetant un emplacement à Basse-Terre, rue du
Sable (actuelle rue Maurice Marie-Claire) avec une maison, des bâtiments
et différents objets, le tout pour une valeur de 52.800 £. Contrairement
à ce qu'affirme Lacrosse, Bernier est un homme riche.
Le 18 avril 1802, la fille de Pierre Louis Bernier se marie. Ses apports
lors de son contrat de mariage permettent d'estimer la fortune de
son père. Sa dot est constituée de 13.200 £ en espèces, de divers
effets, pour 35.800 £ et une portion de la maison acquise par son
père rue du Sable.
Parallèlement à une vie économique chargée, Bernier participe activement
à la vie politique de la Guadeloupe. En octobre 1799, il soutient
le renvoi de Desfourneaux. Ce notable de couleur apparaît comme capitaine
de la garde nationale en 1800. Il est également membre de la municipalité
de Basse-Terre, à partir du 2 mars 1800. Le 12 juin 1800, Bernier
nommé agent municipal (maire) à Basse-Terre. Le 9 brumaire an IX,
il est nommé commissaire (ou délégué) du gouvernement à Basse-Terre
Le 8 août 1801, il assure seul les fonctions municipales après la
dissolution de l'administration de la ville par Lacrosse.
Il se rallie à Pélage, le 27 octobre 1801. Le 16 février 1802, il
s'oppose à la levée de troupes organisée par Massoteau et Delgrès.
Le 10 mai 1802, il se soumet à Richepance et essaie de convaincre
Delgrès de faire de même, les 13 et 14 mai. Le 23 septembre 1802,
Lacrosse ordonne sa déportation pour la France, à bord de l'aviso
l'Enfant-Prodigue. Il laisse dans la colonie sa femme et ses enfants,
sous la protection du négociant blanc, André Négré. Bernier règle
les détails de ses affaires. Il vend un emplacement qu'il possède
à la rue du Sable à Basse-Terre et donne procuration au négociant
Jean-Baptiste Seignoret. Arrivé à Lorient, Bernier quitte ce port
pour Paris, le 28 janvier 1803, pour être jugé par le tribunal criminel
de la Seine. |
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de la page)
|
| BOUDET |
| Naissance
: 9 février 1769, Bordeaux |
Décès
: 14 septembre 1809, Bohème |
| Statut
juridique avant 1794
: Blanc |
Fonction
en 1802
: Général de division |
| Couleur
: Blanc |
Sachant
signer
: Oui |
Jean Boudet est né le à Bordeaux. Il part de l'Ile de Ré pour la Guadeloupe
avec le grade de lieutenant-colonel, aux côtés de Victor Hugues, le
21 avril 1794. Il débarque à la Pointe des Salines et s'empare du
fort Fleur d'Epée. Il est nommé chef de brigade, le 18 juin 1794.
Le 14 décembre 1795, il devient général de brigade et commandant en
chef de l'armée de Guadeloupe. Il se marie, le 28 décembre 1794, à
Pointe-à-Pitre avec Marie Joseph Elisabeth Augustine Darboussier.
Il est nommé général de division, le 20 octobre 1796, par Victor Hugues
et Lebas. C'est Boudet qui a la tête de quelques dragons réprime la
rébellion du Lamentin, en décembre 1797. Il est rentré en France en
avril 1799.
Le 11 décembre 1801, il quitte Brest aux côtés de Leclerc pour Saint-Domingue.
Le 28 avril 1802, il est envoyé par Leclerc en Guadeloupe à la demande
du Conseil provisoire. Il y débarque, le 28 mai 1802. Il revient à
Saint-Domingue et y sert jusqu'en septembre 1802. Il participe aux
campagnes d'Autriche de 1805 et 1809. Il meurt en Bohème, le 14 septembre
1809. |
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de la page)
|
| CABANIS,
Louis |
| Statut
juridique avant 1794
: Libre de couleur |
Fonction
en 1802
: Secrétaire de la municipalité de Pointe-à-Pitre |
| Couleur
: Mulâtre |
Sachant
signer
: Oui |
Louis
Cabanis est charpentier à Pointe-à-Pitre, lorsque commence la Révolution.
En 1793, il est membre de la Commission générale extraordinaire aux
côtés des républicains les plus avancés. Il s'oppose à la modération
du gouverneur Collot. Il fait partie du Comité de sûreté en décembre
1793 et appartient au Corps représentatif révolutionnaire. Après la
prise de la colonie par les Anglais, il est déporté et arrive à l'île
d'Aix, le 2 août 1794. Nous ignorons la date de son retour en Guadeloupe.
Il devient secrétaire de la municipalité de Pointe-à-Pitre, après
le 21 octobre 1801. Il est le beau-frère d'Ignace, selon Lacrosse.
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de la page)
|
| CAUDOU,
Eugène |
| Naissance
: ?, Grand-Bourg (Marie-Galante) |
Décès
: ? |
| Statut
juridique avant 1794
: Libre de couleur |
Fonction
en 1802
: Capitaine des grenadiers du 3ème bataillon |
| Couleur
: Mulâtre |
Sachant
signer
: Oui |
Eugène Caudou ou Codou est un mulâtre libre qui vit à Grand-Bourg,
avant l'abolition de l'esclavage. En octobre 1801, il est lieutenant
de la compagnie de grenadiers du 3ème bataillon. Il soulève sa compagnie
contre Cabesse, son capitaine qui est arrêté. Codou est à la tête
de la compagnie de grenadiers qui a foncé la baïonnette au corps contre
Lacrosse et ses aides de camp dans la journée du 24 octobre. Il est
promu capitaine des grenadiers par Pélage.
Dans la nuit du 6 au 7 mai, il suit Ignace. Selon Lacour, il survit
aux défaites d'Ignace et de Delgrès et poursuit la résistance dans
les montagnes de la Basse-Terre, avec Palerme, Noël Corbet et Jacquet.
Au début d'octobre 1802, il se soumet et obtient un passeport pour
quitter la colonie. |
(Haut
de la page)
|
| CORBET,
Noël |
| Naissance
: ?, Basse-Terre |
Décès
: ? |
| Statut
juridique avant 1794
: Libre de couleur |
Fonction
en 1802
: Adjudant major de la garde nationale à Pointe-à-Pitre |
| Couleur
: Libre de couleur |
Sachant
signer
: Oui |
Noël Corbet,
est natif de la paroisse Saint-François de Basse-Terre. Il est métis
libre de naissance, fils de la mulâtresse libre Geneviève Corbet et
d'un blanc. Il est cordonnier avant l'abolition de l'esclavage. En
août 1793, accusé d'avoir provoqué une révolte d'esclaves à Sainte-Anne,
il est finalement mis hors de cause. Il est capitaine au 2ème bataillon
en 1795-1796. Il participe au renvoi de Desfourneaux, en octobre 1799.
Le 9 octobre 1799, Noël Corbet, adjudant major de la garde nationale
à Pointe-à-Pitre, est député par la municipalité de Pointe-à-Pitre
pour savoir si les habitants de Sainte-Anne adhèrent à la nomination
du général Paris comme agent provisoire.
Le 10 septembre, le neveu de Noël Corbet, le conscrit Joseph Lagarde
dit Josie tient des propos séditieux contre Lacrosse. Il est jugé
le 4 octobre, condamné à mort et exécuté. Joseph Lagarde est le frère
du citoyen de couleur Jean-Baptiste Lagarde, marié à la métisse Elisabeth
Corbet, sœur de Noël Corbet. Cette exécution a certainement exacerbé
les sentiments de haine que pouvait avoir Noël Corbet contre Lacrosse.
Dans la rébellion d'octobre 1801, il se montre particulièrement hostile
à Lacrosse. Noël Corbet et participe aux côtés de Louis Delgrès à
l'arrestation du capitaine de port de Basse-Terre, un Blanc, le 5
janvier 1802. Le 7 mai, il annonce à Delgrès le désarmement des troupes
de couleur sur l'habitation Stiwenson aux Abymes. Il échappe à la
répression de mai 1802. Il poursuit la lutte dans les bois jusqu'au
début d'octobre 1802. Il se soumet alors aux autorités coloniales
et obtient un passeport pour quitter la Guadeloupe. Les autorités
militaires françaises le soupçonnent de s'être réfugié à Saint-Thomas
(une île neutre) et demandent au gouverneur de cette île de le leur
livrer dans une lettre datée du 14 novembre 1802. |
(Haut
de la page)
|
| CORNEILLE,
Joseph Victor Côme |
| Naissance
: ?, Le Moule |
Décès
: ? |
| Statut
juridique avant 1794
: Libre de couleur |
Fonction
en 1802
: Membre du conseil provisoire de gouvernement de la Guadeloupe |
| Couleur
: Mulâtre |
Sachant
signer
: Oui |
Joseph Victor Côme Corneille fils est un mulâtre libre, fils légitime
de Côme Corneille et Anne Flore Laumau. Son père possède une petite
habitation à Sainte-Anne. En 1793, il est membre de l'administration
municipale et de la société populaire de Basse-Terre. Il participe
à la fédération modérée de Saint-Anne, le 2 août 1793. Pourtant, il
se montre hostile, au gouverneur modéré Collot, l'année suivante.
De 1794 à 1799, il est commissaire (ou délégué) auprès de la municipalité
des différents dirigeants de la Guadeloupe.
Le 21 mars 1799, il est élu électeur par l'assemblée primaire de Sainte-Anne
et participe à l'élection des députés de la Guadeloupe, le 10 avril
suivant. Corneille fils est nommé administrateur du département, le
19 janvier 1800. Le 8 mars 1800, Corneille fils est à nouveau promu.
Il est nommé commissaire du gouvernement auprès de l'administration
centrale. Par cette fonction, il devient le premier fonctionnaire
de l'île après les agents des Consuls. En cas de décès de l'un de
ceux-ci, Corneille fils le remplacerait. Pourtant, à la mort de Baco,
le 30 décembre 1800, les agents des Consuls Jeannet et Bresseau refusent
de lui donner le poste d'agent vacant, sous prétexte qu'il est de
couleur, fait susceptible d'entraîner une commotion dans la colonie.
D'ailleurs pour le consoler ou pour éviter ses protestations, Corneille
fils est nommé notaire public, le 22 janvier 1801. Ce descendant d'esclave
devient ainsi le premier notaire de couleur de la Guadeloupe !
Il participe avec Darboussier et Piaud à la rédaction du Précis des
événements qui ont donné lieu au renvoi, en France, du Contre-amiral
Lacrosse, en novembre 1801. Le 10 novembre du même mois, il est désigné
par Pélage comme membre du Conseil provisoire de gouvernement. Il
est chargé de la haute police et de la culture. Il est considéré comme
néo-jacobin par Lacrosse. Embarqué, le 29 juin 1802, pour revenir
en France avec Pélage, il débarque à Brest, le 18 août 1802. Il est
mis en accusation comme prévenu d'avoir pris part à la révolte qui
a éclaté à la Guadeloupe. Il est transféré avec ses compagnons à Paris,
par ordre du 20 octobre 1802.
Il participe à la rédaction du Mémoire pour le chef de brigade
Magloire Pélage, et pour les habitans de la Guadeloupe (Paris,
Desenne, Thermidor an XI, août 1803, 2 tomes). Le 11 octobre 1803,
il écrit, avec Frasans, Piaud et Pélage, une lettre au Premier consul,
lui annonçant l'envoi de leur mémoire justificatif. Il est mis en
liberté par ordonnance du tribunal criminel de la Seine en date du
23 novembre 1803. En 1810, il vit toujours à Paris au 64 de la rue
Montmartre, à l'Hôtel d'Angleterre, qualifié de propriétaire, il héberge
la veuve Pélage. |
(Haut
de la page)
|
| COUPRIE,
Louis |
| Statut
juridique avant 1794
: Libre de couleur |
Fonction
en 1802
: Lieutenant de la garde nationale à Basse-Terre |
| Couleur
: Mulâtre |
Sachant
signer
: ? |
Louis
Coupery ou Couprie est mulâtre. Il est certainement apparenté à Valentin
et Sophie Coupery négociants et peut-être un enfant naturel du Blanc
Louis Couprie, pharmacien et chimiste Il est lieutenant de garde nationale
de Basse-Terre, en 1800. Le 11 mai 1802, il défend le bas du bourg
de Basse-Terre, contre les troupes de Richepance, mais il est repoussé.
Les autorités militaires françaises soupçonnent Coupery de s'être
réfugié à Saint-Thomas (une île neutre) et demandent au gouverneur
de cette île de le leur livrer dans une lettre datée du 14 novembre
1802. |
(Haut
de la page)
|
| DANOIS,
Pierre |
| Statut
juridique avant 1794
: Libre de couleur |
Fonction
en 1802
: Membre du Conseil provisoire du gouvernement de la Guadeloupe |
| Couleur
: Sang-mêlé très clair de peau |
Sachant
signer
: Oui |
Pierre
Danois, est Il est mentionné dans un document comme homme de couleur,
mais très blanc. Il est déporté en France, après la conquête des Iles
du Vent (Martinique, Guadeloupe et Sainte-Lucie) par les Anglais en
1794. Il est signataire de la Pétition des patriotes des îles Martinique,
Guadeloupe et Sainte-Lucie à la Convention le 1er vendémaire an III
(22 septembre 1795). C'est un négociant, riche qui possède de nombreux
magasins.
Le 25 décembre 1799, Danois est nommé administrateur municipal de
Pointe-à-Pitre. Il participe à l'assemblée des notables qui se tient
le 21 octobre 1801 et devient commissaire civil provisoire. Deux jours
plus tard, il est témoin du mariage de Pélage. Le 10 novembre 1801,
il est choisi par Pélage pour participer au Conseil provisoire de
gouvernement de la Guadeloupe. Au sein du Conseil, il s'occupe du
commerce et des relations extérieures. Lacrosse lui attribue les mots
suivants : "le gouvernement pouvait se dispenser d'envoyer des
agens à la Guadeloupe, que la colonie se régirait bien elle même".
En mai 1802, il se soustrait aux forces de Richepance. Lacrosse écrit
au gouverneur de Saint-Thomas, le 21 octobre 1802, pour réclamer son
arrestation. |
(Haut
de la page)
|
| DAUPHIN,
Victor |
| Statut
juridique avant 1794
: |
Fonction
en 1802
: Lieutenant |
| Couleur
: Noir |
Sachant
signer
: Oui |
Dauphin
est simple fusilier du bataillon des Antilles, en novembre 1794. Il
se distingue lors de la reconquête de Sainte-Lucie en 1795 et devient
officier. Il est fait prisonnier par les Anglais en 1796. Après un
séjour dans les prisons anglaises, il est échangé et arrive en France
à la fin de 1797. En garnison à l'Ile d'Aix avec le grade de lieutenant,
à partir de 1798, il se rend à Paris au cours de l'été 1799. Arrivé
en Guadeloupe en décembre 1799, il sert comme lieutenant à la suite
de la garnison de Pointe-à-Pitre.
Après le 22 octobre 1801, le lieutenant Victor Dauphin remplit la
fonction de commissaire général de la police. Cette charge est rapidement
supprimée et Dauphin est en garnison à Basse-Terre. Le 15 février
1802, il fait partie des officiers de couleur qui arrêtent et déportent
une quinzaine d'officiers blancs à Basse-Terre. Dauphin participe
aux combats autour de Basse-Terre et de Matouba. Il est fait prisonnier,
puis jugé et condamné à mort, le 31 mai 1802, à Basse-Terre. |
(Haut
de la page)
|
| DELACROIX,
Irénée |
| Naissance
: 21 mai 1774, Gravelines (Nord) |
Décès
: ? |
| Statut
juridique avant 1794
: Blanc |
Fonction
en 1802
: chef de bataillon |
| Couleur
: Blanc |
Sachant
signer
: oui |
Il a été
élevé en Angleterre et sert dans la Marine Royale à partir de 1786.
Il devient lieutenant en 1791. Il sert en Italie en 1796-1797, en
Egypte en 1798-1799, à nouveau en Italie en 1800. Il devient chef
de bataillon en 1801. Il participe aux difficiles combats de Basse-Terre
contre les rebelles et mène l'attaque contre l'habitation d'Anglemont,
le 28 mai 1802. Le 23 avril 1803, il est nommé chef d'état-major de
l'armée de Guadeloupe par Lacrosse. Mais, quelques jours plus tard,
Ernouf (successeur de Lacrosse) l'envoie à Saint-Domingue doutant
de sa moralité. Ernouf l'accuse d'avoir voulu faire un complot pour
cacher ses malversations et prendre le pouvoir en Guadeloupe. A Saint-Domingue,
Rochambeau (successeur de Leclerc) le nomme colonel de la 7e ½ brigade.
Il est autorisé à quitter pour revenir en France, le 4 juin 1803.
De retour à Paris, le 28 novembre 1803, il demande à servir dans l'armée
d'Angleterre. Il n'obtient pas sa réintégration et il s'exile aux
Etats-Unis, peu après le général Moreau, auquel il est attaché. Là,
il se marie.
En octobre 1813, il devient major général commandant en chef l'armée
du Nord de la République fédérative du Texas. Il revient en Europe
après l'abdication de Napoléon Ier. En janvier 1816, il devient major-général
de l'armée des Pays-Bas. A partir de 1816, il demande à être réintégré
dans l'armée française avec le grade de général, sans obtenir satisfaction.
Nous perdons sa trace après 1820, toutefois, son frère, André-Auguste
Delacroix sert et se marie en Guadeloupe. Il se marie avec une demoiselle
Lépinard et a une de nombreux descendants en Guadeloupe qui se ont
unis à des personnes de couleur. |
(Haut
de la page)
|
| DELGRES,
Louis |
| Naissance
: 2 août 1766, Saint-Pierre (Martinique) |
Décès
: 28 mai 1802, Grand Parc (Saint-Claude) |
| Statut
juridique avant 1794
: Libre de couleur |
Fonction
en 1802
: Chef de bataillon, commandant l'arrondissement de Basse-Terre |
| Couleur
: Métis |
Sachant
signer
: Oui |
Louis Delgrès est, selon l'hypothèse la plus probable, le fils naturel
de la mulâtresse Elisabeth Morin dite Guiby et de Louis Delgrès, Blanc
créole martiniquais de Saint-Pierre qui fut receveur du Roi et directeur
des Domaines du Roi à Tobago. C'est donc un métis. Nous sommes convaincus
que ce dernier est le père du métis car aux archives nationales il
existe deux dossiers : celui de Louis Delgrès père (le receveur) et
celui de Louis Delgrès fils (le chef de bataillon).
|
|
Ces
documents établissent quasi formellement la filiation entre les deux
hommes. Le métis Louis Delgrès vit avec ses parents en Martinique
puis à Tobago. Il entre dans la milice, le 10 novembre 1783. Il en
est nommé sergent, le 8 septembre 1791. Patriote, il s'exile en Dominique
après la prise du pouvoir par les royalistes en Martinique. Il participe
à l'élection des députés des Iles du Vent à la Convention, le 28 octobre
1792.
En décembre 1792, il rejoint les rangs des républicains et monte à
bord de la Félicité, le navire de Lacrosse. Il est alors élu provisoirement
lieutenant par ses concitoyens. Il sert sous les ordres de Rochambeau
et est nommé capitaine à titre provisoire. Capturé par les Anglais
lors de la prise de la colonie en mars 1794, il est déporté en France.
Arrivé à Brest, il reçoit son brevet de lieutenant, lors de la formation
du Bataillon des Antilles, le 27 novembre 1794.
Il arrive en Guadeloupe, en compagnie des commissaires de la Convention
Goyraud et Lebas, le 6 janvier 1795. Le 21 mars 1795, il quitte la
Guadeloupe, pour partir à la reconquête de Sainte-Lucie. Il se distingue
dans cette campagne. Il est grièvement blessé, le 22 avril 1795. Il
hisse le drapeau tricolore au morne Rabot, le 19 juin suivant. Il
est nommé capitaine par Goyraud, le 25 juin. Le lendemain, il embarque
pour Saint-Vincent, où il combat aux côtés des Caraïbes noirs.
Il est fait prisonnier par les Anglais, le 16 juin 1796. Conduit dans
les prisons britanniques, il est échangé et débarque au Havre, le
21 septembre 1797, après être parti de Portchester. En janvier 1798,
il est en garnison avec Palerme dans les casernes Martinville à Rouen.
Puis, il est envoyé à l'île d'Aix où il retrouve Pélage. Un document
de septembre 1799, indique qu'il est un excellent militaire et qu'il
sait très bien lire, écrire et calculer. Ces indications révèlent
la qualité de l'éducation donnée à Louis Delgrès par son père naturel
blanc. En septembre 1799, il est en congé à Paris . Le 1er octobre,
il est nommé chef de bataillon. Destiné à accompagné les agents Jeannet,
Laveaux et Baco en Guadeloupe, il refuse cette nouvelle affectation
car il lui est dû des arriérés de sa solde. Finalement, Victor Hugues
lui fait une avance et il part en Guadeloupe, le 16 novembre 1799.
Il y arrive le 11 décembre. Il est aide de camp de Baco.
En octobre 1801, il est aide de camp du capitaine général Lacrosse.
Ce dernier le qualifie de sans-culotte, ce qui indique son profond
engagement révolutionnaire. A Basse-Terre, lors de l'insurrection
du 21 octobre, il accompagne Lacrosse à Pointe-à-Pitre et se rallie
aux rebelles, le 24 octobre, lorsque le capitaine général est emprisonné.
Il est nommé chef de la place de Basse-Terre par Pélage. Le 5 janvier
1802, il destitue des fonctionnaires blancs, accusés de correspondre
avec Lacrosse. Deux jours plus tard, il devient chef de l'arrondissement
de Basse-Terre. Les 15-16 février, en collaboration avec Massoteau,
il fait arrêter des officiers blancs. Il est le chef de la résistance
qui s'organise à partir du 10 mai 1802, dans la région de Basse-Terre.
Le 28 mai 1802, Delgrès meurt après avoir ordonné l'explosion de l'habitation
Danglemont à Matouba. Selon la tradition orale, mise par écrit par
Auguste Lacour en 1858, Delgrès jouerait du violon et aurait eu pour
compagne Marthe-Rose dite Toto. En 1919, pour la première fois apparaît
un portrait crayonné de Delgrès dans un ouvrage du journaliste guadeloupéen
Oruna Lara : La Guadeloupe dans l'histoire, p. 155. Rien ne permet
de confirmer l'authenticité de ce portrait. En 1989, le Conseil général
de Guadeloupe a donné son nom au Fort Saint-Charles. |
(Haut
de la page)
|
| DORIA
|
| Naissance
: ? |
Décès
: 10 mai 1802, Baillif |
| Statut
juridique avant 1794
: |
Fonction
en 1802
: Capitaine |
| Couleur
: Noir |
Sachant
signer
: Oui |
Doria fils est simple fusilier du bataillon des Antilles, en novembre
1794. Il se distingue lors de la reconquête de Sainte-Lucie en 1795
et devient officier. Il est fait prisonnier par les Anglais en 1796.
Après un séjour dans les prisons anglaises, il est échangé et arrive
en France à la fin de 1797. En garnison à l'Ile d'Aix, à partir de
1798, il se rend à Paris au cours de l'été 1799.
Arrivé en Guadeloupe en décembre 1799, il sert comme lieutenant à
la suite de la garnison de Pointe-à-Pitre. Il devient capitaine pendant
la rébellion. Il participe activement aux combats de mai 1802 contre
Richepance. Il est fait prisonnier, puis jugé à Basse-Terre, le 5
juin 1802, et certainement condamné à mort. |
(Haut
de la page)
|
| FRASANS,
Hyppolite |
| Naissance
: vers 1761, Lyon |
Décès
: ? |
| Statut
juridique avant 1794
: Blanc |
Fonction
en 1802
: Membre du conseil provisoire de gouvernement de la Guadeloupe |
| Couleur
: Blanc |
Sachant
signer
: Oui |
Hyppolite Frasans, homme de loi, déporté en septembre 1797 pour ses
gazettes, notamment les Annales universelles, l'une des feuilles qui
soutenaient avec énergie la cause de la royauté. Il est déporté à
Cayenne, puis passe en Guadeloupe, où il exerce la profession d'avocat.
Le 19 janvier 1800, il devient membre du tribunal civil de Pointe-à-Pitre.
En 1800, il est adjoint du curateur aux successions vacantes de Pointe-à-Pitre.
Il devient commissaire civil provisoire, le 21 octobre 1801, puis
membre du Conseil provisoire de gouvernement, le 10 novembre 1801.
Il est chargé de la marine et des finances. Déporté de Guadeloupe,
avec Pélage, le 29 juin 1802, il est enfermé à Brest, le 18 août 1802.
Il est transféré avec ses compagnons à Paris, par ordre du 20 octobre
1802.
Il participe à la rédaction du Mémoire pour le chef de brigade
Magloire Pélage, et pour les habitans de la Guadeloupe (Paris,
Desenne, Thermidor an XI, août 1803, 2 tomes). Le 11 octobre 1803,
il écrit, avec Pélage, Piaud, Corneille, une lettre au Premier consul,
lui annonçant l'envoi de leur mémoire justificatif.
Frasans est aussi l'auteur d'un Précis pour Hypolite Frasans, habitant-propriétaire
à la Guadeloupe (Paris, imprimerie de Porthmann, rue Neuve des
Petits-Champs, brumaire an XII, octobre-novembre 1803, 57 p). Frasans
et les autres prévenus sont élargis par une ordonnance du tribunal
pénal de la Seine du 26 novembre 1803. A partir de 1810, il publie
en Guadeloupe, un ouvrage périodique dans lequel il exprime ses vœux
pour la restauration de Louis XVIII. Une fois celle-ci effectuée,
Frasans demande la légion d'honneur dans une lettre, datée de Paris
du 23 septembre 1814. Une lettre du 30 décembre 1814 du ministre de
la marine au chevalier Hyppolite Frasans indique que, le 27 décembre,
le roi l'a nommé chevalier de la légion d'honneur. |
(Haut
de la page)
|
| GEDEON,
Pierre (dit LAFRONTIERE) |
| Naissance
: en Guadeloupe |
Décès
: ? |
| Statut
juridique avant 1794
: ? |
Fonction
en 1802
: Commandant du 3ème bataillon, puis commandant de la place
de Basse-Terre |
| Couleur
: Mulâtre |
Sachant
signer
: Oui |
Pierre
Gédéon dit Lafrontière, effectue toute sa carrière militaire en Guadeloupe.
Il est capitaine dans le deuxième bataillon stationné à Basse-Terre,
en 1796. Il arrête plusieurs comploteurs à Capesterre, lors des révoltes
de cultivateurs qui secouent la Guadeloupe en décembre 1797. Il assiste
à la déclaration de naissance de l'enfant de Joseph Ignace, le 14
novembre 1798, à Pointe-à-Pitre. Il participe activement au renvoi
de Desfourneaux, en octobre 1799. En octobre 1801, il est capitaine
dans le 3ème bataillon stationné à Pointe-à-Pitre.
Il est avec Ignace et Pélage, l'un des principaux acteurs de la journée
du 21 octobre 1801. Le 23 octobre, il est témoin du mariage de Magloire
Pélage. Il est promu chef du 3ème bataillon par celui-ci. Il remplace
Massoteau comme commandant de place, en mars 1802. Blessé à la jambe,
il ne participe pas aux combats de mai 1802. Il est renvoyé par Lacrosse
en France, le 6 mars 1803. |
(Haut
de la page)
|
| GOBERT,
Jacques Nicolas |
| Naissance
: 1er juin 1760, Pointe-à-Pitre |
Décès
: 17 juillet 1808, Guarroman (Andalousie) |
| Statut
juridique avant 1794
: Blanc |
Fonction
en 1802
: Général de brigade |
| Couleur
: Blanc |
Sachant
signer
: oui |
Ce blanc
créole est sous-lieutenant de l'Ecole du génie à Mézières, le 1er
janvier 1780. Alors qu'il est à Calais, il est élu par l'Assemblée
coloniale de Guadeloupe deuxième suppléant de la sénéchaussée de Marie-Galante,
à la fin de 1789. Il devient chef de bataillon, le 18 août 1792. Il
sert dans l'armée du Nord dans les années 1792-1793. IL est affecté
en 1794 à l'armée des Côtes de Brest. Le 30 juin 1795, il est chef
d'état-major de Hoche à Quiberon. Le 20 septembre 1799, il est nommé
général de brigade. Il participe en 1800 à la campagne d'Italie. Il
est envoyé à Brest pour organiser l'expédition Richepance, le 8 janvier
1802. Il quitte Brest pour la Guadeloupe, le 1er avril 1802. Il participe
au siège du fort Saint-Charles en mai 1802 et remporte la victoire
de Baimbridge sur les troupes d'Ignace, le 26 mai 1802.
Il repart pour la France, le 15 septembre 1802. Il est promu général
de division, le 27 août 1803. Il participe à la campagne d'Espagne
de 1808 et est blessé mortellement à Baylen, le 16 juillet 1808. Son
tombeau, par David d'Angers, est au cimetière du Père-La-Chaise à
Paris. Des bas-reliefs évoquent la campagne de Guadeloupe de mai 1802.
Le nom du général Gobert est inscrit au côté Ouest de l'Arc de Triomphe
de l'Etoile. Natif de la Guadeloupe, Gobert a de bonnes connaissances
du terrain et des mœurs de la population de la Guadeloupe. C'est lui
qui suggère à Richepance d'utiliser une partie des troupes de couleur
commandées par Pélage pour lutter contre Delgrès. |
(Haut
de la page)
|
| GRIPON,
François Mondésir |
| Naissance
: ? |
Décès
: début juin 1802, Basse-Terre |
| Statut
juridique avant 1794
: Libre de couleur |
Fonction
en 1802
: Membre de la municipalité de Basse-Terre |
| Couleur
: Mulâtre |
Sachant
signer
: Oui |
François
Mondésir Gripon est le frère de Louison Gripon, officier de l'armée,
fils naturel de la négresse affranchie, Françoise Gripon et du Blanc
Louis Gripon. Sa mère est locataire d'un terrain dans la fabrique
des Capucins dans la rue de traverse (actuelle rue Bébian) à Basse-Terre.
Elle partage la jouissance de ce terrain avec ses deux fils Louison
et Mondésir. Ce mulâtre libre est tailleur d'habits avant la Révolution.
A partir de la proclamation de la République en janvier 1793, il joue
un rôle politique important. Il est le premier signataire d'une adresse
en faveur de Lacrosse, le 3 mars 1793. Il est membre de la commission
générale extraordinaire de la Guadeloupe en 1793. Il est, comme son
frère, membre de la société populaire de Basse-Terre, en 1793-1794.
Ses prises de position en font plutôt un républicain avancé, hostile
au gouverneur modéré Collot qui le fait pourtant capitaine de la seconde
compagnie du bataillon des gardes nationales, le 24 mai 1793.
Le 28 février 1800, il vient en aide à l'agent du Directoire Laveaux,
néo-jacobin et menacé de déportation par ses collègues Jeannet et
Baco.
Il est commissaire-priseur à Basse-Terre, lorsqu'éclate la rébellion
du 21 octobre 1801. Lacrosse ordonne son arrestation et le place à
bord du brick Les Trois Sœurs. Libéré le 25 octobre, il devient membre
de l'administration municipale de Basse-Terre, aux côtés de Bernier,
André Artaud, Edouard Lamode et du noir Boniface. En mai 1802, il
se range aux côtés de Delgrès. Condamné à la pendaison par la commission
militaire, mise en place par Richepance. Il est pendu à Basse-Terre
au début de juin 1802. |
(Haut
de la page)
|
| IGNACE,
Joseph |
| Naissance
: vers 1769, Capesterre |
Décès
: 26 mai 1802, Baimbridge (Abymes) |
| Statut
juridique avant 1794
: Libre de couleur |
Fonction
en 1802
: Commandant du 2ème bataillon |
| Couleur
: Mulâtre |
Sachant
signer
: Oui |
Selon
l'hypothèse la plus vraisemblable, Ignace, mulâtre, natif de Capesterre,
est le fils d'une négresse libre appelée Robertine et d'un blanc,
dont le nom est inconnu. En 1790, il se marie à Petit-Bourg avec la
métisse libre Sophie. Il apparaît dans le contrat de mariage comme
mulâtre libre et appelé simplement Ignace. Ignace est donc libre de
couleur avant l'abolition de l'esclavage. Sa mère lui donne trois
esclaves lors du contrat de mariage. Au début de 1792 à l'époque où
la colonie est administrée par les aristocrates, il est geôlier de
sa commune natale.
|
|
A la fin de 1792, Ignace est mentionné comme fervent partisan des
royalistes à Trois-Rivières (commune voisine de Capesterre). Un arrêté
du 5 septembre 1793, donne la possibilité aux libres de couleur de
choisir un nom de famille. Bénéficiant de cette mesure, Ignace prend
comme patronyme Ignace et utilise le prénom de Joseph. Ignace semble
absent de Guadeloupe en 1793 et 1794.
Le 24 février 1795, Rose, âgée de quatre, fille de Sophie Ignace,
décède à Saint-Pierre (paroisse du Mouillage). Il est possible que
cette Sophie Ignace soit la femme de Joseph Ignace. Le couple aurait
alors émigré avec les royalistes en 1793, en Martinique. Cette hypothèse
expliquerait que Joseph Ignace n'apparaisse pas dans les sources en
1793 et 1794. Joseph Ignace aurait profité de la reconquête de la
Guadeloupe par Victor Hugues, pour rentrer dans la colonie. Il apparaît
comme lieutenant du 2ème bataillon stationné à Basse-Terre, le 16
mars 1795.
En 1798, toujours en garnison à Basse-Terre, il est capitaine du 4ème
bataillon. Transféré à Pointe-à-Pitre, en 1798, il est capitaine du
1er bataillon qui devient le 2ème, en juillet 1801. Le 14 novembre
1798, à Port-de-la-Liberté (Pointe-à-Pitre), Joseph Ignace reconnaît
son fils naturel Joseph-Chéry, d'une union illégitime avec Louise-Emilie.
En mai 1800, il est membre du conseil de guerre. Un document de juin
1801, indique que pendant sa carrière militaire, les enfants mineurs
d'Ignace ont pour tuteur officieux, Jean François Fabien, petit-fils
de Jean-Baptiste Fabien, aubergiste dans le bourg de Capesterre. Ignace
est à l'origine de la journée du 21 octobre 1801. C'est encore lui
qui arrête Lacrosse, le 24 octobre. Il est ensuite nommé, chef du
2ème bataillon, stationné à Pointe-à-Pitre.
A l'arrivée de Richepance, il commande la garde d'honneur chargée
d'accueillir le général français, le 6 mai 1802. Il refuse de se soumettre
à Richepance et s'échappe dans la nuit du 6 au 7 mai. Il rejoint Basse-Terre,
en passant par Petit-Canal et la Côte-sous-le-Vent. Il participe aux
combats de Basse-Terre et du Fort Saint-Charles, du 10 au 22 mai.
Il est vaincu à la bataille de Baimbridge par les troupes de Gobert.
Sur le point d'être fait prisonnier, il se suicide, le 26 mai 1802.
Contrairement à une idée trop répandue, Ignace n'est pas noir, mais
mulâtre. Il n'est pas esclave, mais libre de couleur. Il sait d'ailleurs
signer et écrire. |
(Haut
de la page)
|
| ISSERIS,
Louis |
| Statut
juridique avant 1794
: ? |
Fonction
en 1802
: Sous-lieutenant de la garde nationale à Basse-terre |
| Couleur
: Mulâtre |
Sachant
signer
: ? |
Louis Isseris, dit Grand Bâton, mulâtre, est sous-lieutenant de la
garde nationale de Basse-Terre, en 1800. Le 14 mai 1802, il commande
sur l'habitation l'Espérance et est mis en déroute par les troupes
de Richepance. |
(Haut
de la page)
|
| JACQUET,
Jacques |
| Statut
juridique avant 1794
: Libre de couleur |
Fonction
en 1802
: Capitaine du 1er bataillon à Basse-Terre |
| Couleur
: Métis |
Sachant
signer
: Oui |
Jacques
dit Jacquette Jacquet est un métis affranchi. Il est le fils naturel
de Bibianne, une esclave mulâtresse du père Antoine, curé de la paroisse.
Il est tailleur d'Habits au Moule au début de la Révolution. En 1793,
il est député du Moule à la Commission Générale Extraordinaire. Il
appartient aux républicains les plus avancés et s'oppose vigoureusement
au gouverneur modéré Collot. Il participe à la défense de l'île en
avril 1794 contre les Anglais. Déporté en France, il revient en Guadeloupe
avec le bataillon des Antilles, le 8 janvier 1795, il est alors capitaine
d'une compagnie.
En garnison à Basse-Terre en 1801-1802, il est en poste à Dolé en
mai 1802. Vainqueur, le 11 mai, il est battu le 22 du même mois. Jacquet
poursuit la résistance en se réfugiant dans les montagnes de la Basse-Terre,
après la défaite de Matouba. Au début de décembre 1802, Jacquet, obtient
de Vermont, avec l'accord de Lacrosse, un passeport pour quitter la
colonie |
(Haut
de la page)
|
| KIRWAN,
Alexandre |
| Naissance
: ? |
Décès
: 23-27 mai 1802, Matouba |
| Statut
juridique avant 1794
: Blanc |
Fonction
en 1802
: Chef de bataillon |
| Couleur
: Blanc |
Sachant
signer
: Oui |
Alexandre Kirwan est arrivé en Guadeloupe en même temps que Victor
Hugues en juin 1794. Il est alors officier d'infanterie. Le 17 juillet
1794, il est nommé membre de la commission militaire, chargée de juger
tous les accusés de délit contre la liberté du peuple. Au début de
1800, il est capitaine dans le bataillon de la Réunion, stationné
à Basse-Terre qui devient le 1er bataillon en juin 1801. Il est fait
chef de bataillon par Pélage. Il prend fait et cause pour Delgrès
en mai 1802. Selon Lacour, apprenant la mort de son ami le juge Amaury
tué par une bande de pillards noirs, il se suicide entre le 23 et
le 28 mai 1802. |
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de la page)
|
| LACROSSE,
Jean-Baptiste Raymond |
| Naissance
: 5 septembre 1765, Mailhand (Lot-et-Garonne) |
Décès
: 10 septembre 1829, Mailhand (Lot-et-Garonne) |
| Statut
juridique avant 1794
: Blanc |
Fonction
en 1802
: Capitaine général de la Guadeloupe |
| Couleur
: Blanc |
Sachant
signer
: Oui |
Jeune
noble, il devient officier de marine. Lieutenant de vaisseau, il est
chargé d'annoncer la proclamation de la République aux possessions
françaises des Iles du Vent (Guadeloupe, Martinique, Sainte-Lucie).
Les deux premières étant entré dans la Contre-révolution, Lacrosse
s'installe à Sainte-Lucie, au début de décembre 1792. Grâce à un habile
travail de propagande, il parvient à soulever les patriotes et les
libres de couleur des villes qui renversent les royalistes. Le 1er
janvier 1793, il est promu capitaine de vaisseau.
|
|
Il
arrive triomphalement en Guadeloupe, le 5 janvier 1793 et proclame
officiellement la République. Les républicains de l'île lui confie
le gouvernement provisoire de l'île qu'il est obligé, le 18 mars 1793,
d'abandonner, au général Collot, nommé officiellement gouverneur de
la colonie. Pendant les deux mois de son séjour, Lacrosse encourage
la création de sociétés populaires suivant le modèle du Club des Jacobins.
Lacrosse favorise la diffusion des idées jacobines parmi les Petits
Blancs et les libres de couleur.
Lacrosse se rend ensuite en Martinique, où il participe activement
à la vie des clubs politiques qui se créent sous son influence. En
mai 1793, Lacrosse lutte avec succès contre les anglo-émigrés. Il
s'oppose au pouvoir autoritaire de Rochambeau, avant de repartir pour
la France, le 4 octobre 1793. Incarcéré en raison de ses origines
nobles, il est réintégré dans son grade en janvier 1795.
Il commande plusieurs vaisseaux entre 1796 et 1800. Il est promu contre-amiral,
le 22 septembre 1796. Un arrêté du 6 février 1801 nomme Lacrosse capitaine
général et préfet colonial de la Guadeloupe. Il arrive en Guadeloupe,
le 30 mai 1801. Sa politique vexatoire entraîne les journées des 21
et 24 octobre 1801 qui entraînent son renvoi de la Guadeloupe. Lacrosse
est renvoyé pour la France à bord d'un navire danois dans la nuit
du 5 au 6 novembre 1801. Capturé par un navire anglais, les autorités
coloniales britanniques lui permettent de se rendre en Dominique.
Là, il commence une intense propagande contre ceux qu'il qualifie
de rebelles.
Après la prise de Maire-Galante, le 13 février 1802, il s'installe
dans cette île. De retour en Guadeloupe, après la victoire de Richepance
sur les rebelles, le 4 août 1802. Il reprend ses fonctions, le 3 septembre
1802. Le 8 mai 1803, il quitte la Guadeloupe pour revenir en France.
Lacrosse est préfet maritime du Havre du 24 septembre 180é au 23 octobre
1804. Il devient commandant en chef de la flotte d'invasion de l'Angleterre
au camp de Boulogne, le 23 octobre 1804. Il est préfet maritime de
Rochefort, du 24 mars 1811 au 26 avril 1812. Il est admis à la retraite,
le 1er janvier 1816. |
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de la page)
|
| LESCALLIER,
Daniel |
| Naissance
: 1743, Lyon |
Décès
: 1822, ? |
| Statut
juridique avant 1794
: Blanc |
Fonction
en 1802
: Préfet colonial réfugié en Dominique |
| Couleur
: Blanc |
Sachant
signer
: Oui |
Daniel
Lescallier commence sa carrière par un séjour à Saint-Domingue en
1764, puis il est commissaire à la Grenade et en Guyane. Au cours
de son séjour guyanais, il favorise les affranchissements et tente
de réformer le travail des esclaves sur les plantations possédées
par Lafayette.
Rentré en France en 1788, il fait un rapport sur cette expérience
du travail libre des esclaves : Réflexions sur le sort des Noirs
dans nos colonies (Paris, 1789, 71 p). En 1789, il entre à la
Société des Amis des Noirs. Il est adjoint au Comité de marine en
1790. Il est envoyé, le 18 août 1791,commissaire civil aux Mascareignes
(Ile Maurice et Réunion). Il rentre en France en 1797 et est nommé
à la tête du bureau des colonies.
Il le véritable inspirateur des options prises par les Français en
matière coloniale. En 1798, il est membre de la deuxième Société des
Amis des Noirs et des colonies. Il entre au Conseil d'Etat après le
coup d'état de Bonaparte. En 1801, il est nommé préfet colonial de
la Guadeloupe, mais ne pouvant prendre ses fonctions à cause de la
rébellion, il rejoint Lacrosse à la Dominique. Il rentre en France,
en 1803. |
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de la page)
|
| MASSOTEAU |
| Naissance
: ?, Guadeloupe |
Décès
: ? |
| Statut
juridique avant 1794
: Libre de couleur |
Fonction
en 1802
: Capitaine du 2ème bataillon |
| Couleur
: Sang-mêlé descendant de Caraïbes |
Sachant
signer
: Oui |
Massoteau
est natif de la Guadeloupe. Il se dit descendant de Caraïbe. Il est
mentionné dans un document comme homme de couleur, mais très blanc.
Il est donc très clair de peau. Nous ignorons tout de sa vie, avant
1794. Comme Delgrès et Pélage, il appartient au Bataillon des Antilles
dont il est capitaine. Il quitte Brest, le 27 novembre 1794 et arrive
en Guadeloupe, en compagnie des commissaires de la Convention Goyraud
et Lebas, le 6 janvier 1795. Il reste dans l'île à la tête d'une compagnie.
En septembre 1798, il est capitaine d'une compagnie du 1er bataillon,
détachée à Trois-Rivières. Aide de camp de Jeannet, puis de Lacrosse
en 1801, il dirige également une compagnie du 2ème bataillon. Il ne
participe pas à la journée du 21 octobre 1801.
Il est l'un des rares hommes de couleur à être qualifié d'anarchiste
(néo-jacobin) par Lacrosse. Pélage donne à Massoteau le commandement
du fort Saint-Charles. Le 7 janvier 1802, il prend le commandement
de la place de Basse-Terre, laissé vacant par Delgrès. En mars 1802,
il est relevé de ses fonctions par Gédéon, car Pélage considère que
Massoteau et Delgrès agissent de manière trop autonome, à Basse-Terre.
Il reprend le commandement d'une compagnie du 2ème bataillon à Pointe-à-Pitre.
Dans la nuit du 6 au 7 mai 1802, il refuse de se soumettre à Richepance.
Il prend le bateau en compagnie d'Ignace à Petit-Canal, mais disparaît
en mer. Il s'est peut-être noyé. Cependant, une lettre de Lacrosse
au gouverneur de Saint-Thomas du 21 octobre 1802, demande l'arrestation
de Massoteau. Ce dernier se serait réfugié, avec Danois, dans cette
colonie danoise. |
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de la page)
|
| MENTOR,
Jean-Louis |
| Naissance
: vers 1761 |
Décès
: ? |
| Statut
juridique avant 1794
: Libre de couleur |
Fonction
en 1802
: Commissaire-priseur et sous-lieutenant |
| Couleur
: Noir |
Sachant
signer
: Oui |
Jean Louis
Mentor, ne doit pas être confondu avec le député noir de Saint-Domingue
au Conseil des Cinq-Cents (1797-1799) Etienne Victor Mentor fils,
dont il pourrait être le frère. Son père est Joseph Mentor, maître
maréchal-ferrant. Il est né à Pointe-à-Pitre vers 1775. Il s'engage
dans le 2ème bataillon, le 19 juillet 1794. Il est caporal, le 15
janvier 1795, sergent, le 28 août 1796, sous-lieutenant, le 21 mars
1799. Il reçoit ce jour-là son brevet de sous-lieutenant de la part
de Desfourneaux.
Au début de 1800, il est sous-lieutenant dans le 2ème bataillon, stationné
à Pointe-à-Pitre. Mentor est l'un des deux Noirs, avec Palerme, parmi
les principaux moteurs de la rébellion. Il est accusé d'être un néo-jacobin
et prévenu d'exciter habituellement à la révolte, les Noirs et les
mulâtres. Le 25 juin 1802, Ménard lui ordonne de se rendre à bord
du Redoutable pour passer en France et se mettre à la disposition
du ministre de la marine.
Il est déporté de Guadeloupe vers la France, avec Pélage, le 29 juin
1802. Il reprend du service en étant sous-lieutenant à Mantoue en
1803, année où il est mis à la retraite. Il écrit une lettre de Mantoue
le 28 décembre 1803, dans laquelle il affirme qu'il est sous-lieuteant
à la suite du bataillon des Pionniers Noirs. |
(Haut
de la page)
|
| MONNEREAU |
| Naissance
: ?, Martinique |
Décès
: 11 juin 1802, Basse-Terre |
| Statut
juridique avant 1794
: Blanc |
Fonction
en 1802
: Adjudant de place |
| Couleur
: Blanc |
Sachant
signer
: Oui |
Nous ignorons
tout de Monnerau avant le 10 mai 1802. Lacour affirme que c'est un
blanc de la Martinique. Le 22 mai 1802, après l'évacuation du fort
Saint-Charles par Delgrès, il empêche que l'ordre de Delgrès de faire
sauter le fort soit exécuté. Il est condamné à mort le 11 juin 1802
pour avoir rédigé la proclamation du 10 mai 1802. Il accepte d'endosser
toute la responsabilité de ce texte et il est exécuté le même jour
à la batterie républicaine à Basse-Terre. |
(Haut
de la page)
|
| NICOLO |
| Naissance
: ? |
Décès
: ?, Basse-Terre |
| Statut
juridique avant 1794
: Libre de couleur |
Fonction
en 1802
: |
| Couleur
: Mulâtre |
Sachant
signer
: |
Cet officier
de l'armée de Guadeloupe est considéré par Lacrosse comme un des principaux
rebelles ayant participé à son renvoi. Nicolo participe à la rébellion
armée et meurt en luttant contre les troupes de Richepance, le 10
mai 1802, à Baillif. |
(Haut
de la page)
|
| PALERME |
| Statut
juridique avant 1794
: ? |
Fonction
en 1802
: Capitaine et commandant de la place de Pointe-à-Pitre |
| Couleur
: Noir |
Sachant
signer
: Oui |
Palerme
ou Paleme est certainement, avant l'abolition de l'esclavage, un nègre
libre car il sait lire et écrire. Il apparaît pour la première fois
à Sainte-Lucie en 1793. C'est un des principaux sans-culottes de l'île.
Il est commissionné capitaine par le délégué Goyraud, le 2 juin 1795.
Fait prisonnier par les Anglais en 1796, il est libéré l'année suivante.
En janvier 1798, il est en garnison avec Delgrès dans les casernes
Martinville à Rouen et réclame avec lui l'arriéré de sa solde. Le
16 novembre 1799, il quitte l'île d'Aix pour la Guadeloupe, en compagnie
de Jeannet, Pélage et Delgrès. Il y arrive le 11 décembre. Le 22 janvier
1800, Palerme devient capitaine à la suite des corps composant la
garnison de Pointe-à-Pitre. Après, le renvoi de Lacrosse, il devient
commandant de la place de Pointe-à-Pitre.
Il refuse de se soumettre à Richepance et suit Ignace dans la nuit
du 6 au 7 mai 1802. Le 10 mai, il repousse avec le mulâtre Jacquet,
l'attaque des troupes de Merlen à Dolé. Le lendemain, il repousse
les Français au delà de Trois-Rivières, mais il échoue au Palmiste,
où Merlen prend sa revanche. Le 18 mai, il attaque à partir du Palmiste
pour obliger les Français à lever le siège du fort Saint-Charles.
Après son échec, il est rejoint par Ignace à Dolé, le 22 mai au soir.
Il se dirige avec lui vers Baie-Mahault. Là, il est vaincu par Gobert
et se réfugie dans les bois du Lamentin. Il poursuit la résistance.
Dans une lettre du 12 septembre 1802, Lacrosse désigne Palerme comme
le chef des vagabonds rebelles, de Basse-Terre. Dans un rapport du
17 février 1803, Lacrosse affirme que Palerme reste à prendre. En
avril 1803, Lacrosse demande au gouverneur de Saint-Barthélémy si
Palerme ne s'est pas réfugié dans cette colonie alors suédoise. |
(Haut
de la page)
|
| PELAGE,
Magloire |
| Naissance
: mars-avril 1766, Lamentin (Martinique) |
Décès
: 7 avril 1810, Estella (Espagne) |
| Statut
juridique avant 1794
: Esclave |
Fonction
en 1802
: Président du Conseil provisoire qui dirige la Guadeloupe |
| Couleur
: Câpre |
Sachant
signer
: Oui |
Magloire
Pélage est le fils du citoyen Leblanc, mulâtre et de la négresse Fanchine.
Ce n'est pas à proprement parlé un mulâtre, mais un câpre. Sa physionomie
est sombre. Suivant la condition juridique de sa mère, il est né esclave.
Sa propriétaire refuse de l'affranchir car il est un bon maçon. Cependant,
elle lui permet de servir dans la milice. Son nom apparaît dans le
corps des volontaires libres de la Martinique qui participe à la guerre
d'Indépendance américaine. Pélage s'engage (certainement avec l'autorisation
de sa maîtresse) dans le 1er bataillon des chasseurs de la Martinique
en février 1793. Il devient sergent le 1er avril suivant.
En juin 1793, il est blessé à la cuisse à la bataille du Morne Vert-Pré
qui oppose les troupes républicaines aux anglo-émigrés. Le 12 octobre
1793, il est promu au grade de lieutenant. Il est fait prisonnier
par les Britanniques, le 25 mars 1794, lors de la prise de la Martinique
et déporté en France. Débarqué à Saint-Malo, il est envoyé à Brest,
le 1er septembre 1794. Le 21 octobre suivant, il est nommé capitaine
de grenadiers par Lion, député de la Guadeloupe à la Convention. Le
17 novembre 1794, il part pour la Guadeloupe, il est le capitaine
des grenadiers du bataillon des Antilles.
Il arrive en Guadeloupe, en compagnie des commissaires de la Convention
Goyraud et Lebas, le 6 janvier 1795. Le 21 mars 1795, il quitte la
Guadeloupe, pour partir à la reconquête de Sainte-Lucie, effectuée
le 19 juin suivant. Pendant les combats, il est blessé à la main droite
à la bataille du Rabot, le 22 avril 1795. Il est nommé chef de bataillon
par Goiraud, le 3 juillet 1795. Il occupe, ensuite, un poste administratif
en étant commandant temporaire du quartier du Gros Ilet. Il est blessé
grièvement au bras gauche dont il perd l'usage, le 27 avril 1796,
lors de la reconquête de l'île par les Anglais, puis fait prisonnier,
le 27 mai 1796. Il est interné dans les prisons en Angleterre à Portsmouth.
A l'occasion d'un échange de prisonniers, il est libéré et arrive
à Fécamp, le 6 octobre 1797. Il est envoyé ensuite en garnison à Rouen.
En novembre 1797, Pélage commande un détachement de 182 hommes, formé
de troupes rentrées de Sainte-Lucie et de la Grenade. Il est nommé
à Brest par ordre du ministre du 18 décembre 1797. Puis il est nommé
commandant de la place de Morlaix (Finistère), où il se trouve en
poste, le 6 juillet 1798. Le 15 septembre 1798, il est muté avec tous
les militaires de couleur à l'île d'Aix. Le 24 août 1799, il est promu
au grade de chef de brigade et destiné à être employé à la Guadeloupe
par ordre du ministre du 12 octobre 1799. Le 16 novembre, il quitte
l'île d'Aix pour la Guadeloupe. Il y arrive le 11 décembre. Il est
accompagné de Delgrès, Victor Dauphin, Palerme, Doria fils et Louison
Gripon. Il est aide de camp de l'agent du Directoire Jeannet. Il joue
un rôle décisif en éclairant les hommes de couleur sur les insinuations
de Laveaux contre les Blancs et en permettant son renvoi, les 28 février
et 1er mars 1800. Grâce à ce comportement, il est nommé commandant
de l'arrondissement de la Grande-Terre, le 27 juillet 1800.
Il participe à la rébellion du 21 octobre 1801. Nommé le jour même,
Le 23 octobre, Pélage, malgré les événements, se marie avec Anne Charlotte
Mantet, martiniquaise de couleur native de Fort-Royal. Le négociant
et adjoint municipal Pierre Danois, le lieutenant Nicolas Ollivier,
les capitaines Louison Gripon et Pierre Gédéon assistent à l'union
à 7 heures du matin. Le jour même, il accepte de devenir commandant
en chef de l'armée. Le lendemain, après l'arrestation de Lacrosse,
il devient dépositaire du pouvoir. Le 10 novembre, il choisit cinq
administrateurs provisoires pour gouverner la Guadeloupe, sous le
nom de Conseil provisoire. Toutes les communes ratifient cette décision
par le plébiscite des citoyens actifs entre les 12 et 26 novembre.
Le Conseil provisoire n'attend pas l'approbation de tous les cantons
pour commencer à fonctionner et tient sa première séance, le 15 novembre
1801.
Pélage dirige la Guadeloupe jusqu'à l'arrivée de Richepance, le 6
mai 1802. Il combat aux côtés des troupes venues de métropole, à partir
du 12 mai dans l'attaque de Basse-Terre et du Fort Saint-Charles (aujourd'hui
Fort Louis Delgrès). Le 26 mai 1802, il participe activement à la
défaite d'Ignace à Baimbridge.
Embarqué, le 29 juin 1802, pour revenir en France sur le vaisseau
le Fougueux, il débarque à Brest, le 18 août 1802. Il est mis en accusation
comme prévenu d'avoir pris part à la révolte qui a éclaté à la Guadeloupe.
Il est transféré avec ses compagnons à Paris, par ordre du 20 octobre
1802. Rochambeau demande que Pélage lui soit envoyé à Saint-Domingue,
par une lettre expédiée du Cap, le 10 mars 1803. Pélage participe
à la rédaction du Mémoire pour le chef de brigade Magloire Pélage,
et pour les habitans de la Guadeloupe, Paris, Desenne, Thermidor an
XI, août 1803, 2 tomes. Le 11 octobre 1803, il écrit, avec Frasans,
Piaud, Corneille, une lettre au Premier consul, lui annonçant l'envoi
de leur mémoire justificatif. Il est mis en liberté par ordonnance
du tribunal criminel de la Seine en date du 23 novembre 1803. Pélage
est admis au traitement de réforme de son grade, le 8 mars 1804, à
compter du jour de son débarquement en France (18 août 1802). De 1804
à 1808, Pélage vit de sa pension de retraite à Paris. Il écrit plusieurs
lettres au ministère de la guerre pour pouvoir servir dans l'armée.
Il est remis en activité pour être employé comme adjudant commandant
à l'armée d'Espagne, le 12 septembre 1808.
Il participe à la guerre d'Espagne. Une lettre du ministre de la guerre
à Pélage du 27 octobre 1808 indique qu'il est nommé adjudant-commandant
à l'armée d'Espagne et qu'il doit se rendre à Bayonne. Il commande
l'arrondissement d'Estella en Navarre et y décéde, le 7 avril 1810.
Une lettre de Georges Joseph Dufour, gouverneur de la Navarre au ministre
de la guerre en date du 9 mai 1810, indique que Pélage est mort des
fatigues de la guerre et qu'il laisse une femme et trois enfants en
bas âge presque dans la misère.
Le 30 juillet 1810, il est accordé une pension viagère de 450 livres
à la veuve de Pélage. Celle-ci touche la pension jusqu'en 1826. En
1814, la veuve Pélage confie l'éducation ses filles à la veuve Trélon
née de La Vacquerie, une institutrice. La veuve Pélage rentre en Guadeloupe
avec sa plus jeune fille et les deux autres restent plusieurs années
chez leur institutrice. Le 3 décembre 1834, le gouverneur de la Guadeloupe
accorde la veuve Magloire Pélage, sur son lit de mort, une pension
de 1855,70 francs. Le 25 juin 1835, le gouverneur arrête que la pension
donnée à la veuve Pélage, alors décédée, est réversible à ses trois
filles issues de son mariage avec le colonel Pélage, sous la condition
qu'au décès de l'un des enfants, la pension sera réversible aux deux
autres, et que le dernier vivant jouisse de la totalité de la pension.
Le 17 novembre 1858, la dernière fille survivante de Pélage, Victorine
Joménée veuve Pautin vit dans un état voisin de l'indigence à Saint-Thomas,
malgré la pension de 1.800 francs que la Guadeloupe continue de lui
verser et qui suffit à peine à payer un gîte, réclame l'arriéré de
la pension militaire due par le ministère de la guerre à sa mère entre
1826 et 1834. Le 21 janvier 1859, sa demande est rejetée par le ministère
de la guerre. |
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|
| PIAUD,
Pierre |
| Statut
juridique avant 1794
: Blanc |
Fonction
en 1802
: Secrétaire général du conseil de gouvernement
provisoire de la Guadeloupe |
| Couleur
: Blanc |
Sachant
signer
: Oui |
Piaud est ancien membre du tribunal révolutionnaire de Rochefort en
1793. Il est accusateur public pendant le gouvernement de Victor Hugues
(1794-1798). Il est qualifié de "guillotineur" par Lacrosse. Assez
fortuné, grâce à la location des biens des émigrés. Il participe au
renvoi de Desfourneaux en octobre 1799. Il devient secrétaire général
du général Paris, alors au pouvoir (fin 1799). Puis, il est capitaine,
adjoint d'état major du général Paris. Il n'est pas compris dans la
nouvelle organisation militaire fixée par Lacrosse décidée le 20 juin
1801.
Il est accusé d'avoir incité à l'assassinat des officiers et des fonctionnaires
favorables à Lacrosse, lors de la journée du 21 octobre 1801. Il participe
à la rédaction du Précis des événements qui ont donné lieu au renvoi,
en France, du Contre-amiral Lacrosse, en novembre 1801. Piaud
devient secrétaire général du Conseil provisoire, le 10 novembre 1801.
Il est déporté de Guadeloupe vers la France, le 29 juin 1802, avec
Pélage. Incarcéré à Brest, puis à Paris, il est libéré grâce à une
ordonnance du tribunal pénal de la Seine du 26 novembre 1803. |
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| PLET,
Louis |
| Statut
juridique avant 1794
: Libre de couleur |
Fonction
en 1802
: Négociant |
| Couleur
: Mulâtre |
Sachant
signer
: Oui |
Louis Plette ou Plet, mulâtre, est un des plus riches armateurs de
corsaires de Basse-Terre. Il est l'armateur de La Résolue et du Hasard.
Cet opulent célibataire lègue des dizaines de milliers de livres à
différentes femmes de couleur lorsqu'il rédige son testament. Louis
Plet s'est constitué grâce à la course une très importante fortune.
Il est notamment en relation d'affaires avec Pierre Louis Bernier.
Suite aux journées des 21-24 octobre, Louis Plet est envoyé à Pointe-à-Pitre
par Bernier pour aller à Pointe-à-Pitre pour s'informer et prendre
des ordres de Pélage. Louis Plet écrit son testament, le 10 mai 1802,
au moment, où les Français attaquent Basse-Terre. Embarqué, le 29
juin 1802, pour revenir en France avec Pélage, il débarque à Brest,
le 18 août 1802. Il est mis en accusation comme prévenu d'avoir pris
part à la révolte qui a éclaté à la Guadeloupe. Irénée Delacroix intervient
en sa faveur en écrivant au ministre de la marine et des colonies
pour le disculper, en juillet 1802. |
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de la page)
|
| PRUDHOMME |
| Statut
juridique avant 1794
: Libre de couleur |
Fonction
en 1802
: Aide de camp de Pélage |
| Couleur
: Mulâtre |
Sachant
signer
: |
Prudhomme
est décrit comme mulâtre par Lacrosse et comme blanc lorsqu'il est
déporté en France, avec Pélage, le 29 juin 1802. Il a certainement
comme Bernier l'apparence d'un blanc. Prudhomme est à la fois négociant
et corsaire, à Basse-Terre. Ses affaires ont du être florissantes
à un moment, car il fait une banqueroute frauduleuse de 160.000 livres,
peu de temps avant le 21 octobre 1801. Il est en prison, au moment
de l'insurrection. Libéré, il devient aide-de-camp de Pélage.
En mai 1802, il se soumet à Richepance. Il sert de d'intermédiaire
dans la négociation qui s'établit entre le général français et Delgrès,
le 10 mai. Fait prisonnier par les révoltés, il est libéré le 22 mai,
lors de l'évacuation du fort Saint-Charles. Il devient membre de la
commission militaire établie par Pélage chargée de juger les rebelles.
Il est déporté en France, avec Pélage. |
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| RICHEPANCE |
| Naissance
: 25 mars 1770, Metz |
Décès
: 3 septembre 1802, Basse-Terre |
| Statut
juridique avant 1794
: Blanc |
Fonction
en 1802
: Général de division |
| Couleur
: Blanc |
Sachant
signer
: Oui |
Engagé
comme enfant de corps à 4 ans dans le régiment de Conti cavalerie.
Il devient chasseur à cheval à 15 ans. Il devient sous-lieutenant
en 1791, puis chef d'escadron en 1794.Il est promu général de brigade
en 1796. Il sert en Allemagne en 1796-1797. Il devient général de
division en 1800 et sert sous les ordres de Moreau contre l'Empire
d'Autriche la même année. Il joue un rôle décisif dans la victoire
d'Hoenlinden, le 3 décembre 1800. Il devient général en chef de
l'armée expéditionnaire de Guadeloupe, le 4 mars 1802. Il part de
Brest, le 1er avril 1802. Il doit lutter contre les forces commandées
par Delgrès dans la région de Basse-Terre en mai 1802. Il ordonne
une sévère répression (condamnation à mort des chefs et déportation
des rebelles). Il prend le titre de capitaine général, le 14 mai
1802 et gouverne la Guadeloupe jusqu'à sa mort, le 3 septembre 1802.
Il supprime la citoyenneté pour les hommes de couleur et le salaire
pour les cultivateurs, le 17 juillet 1802. Le nom du général Richepance
est inscrit au côté Est de l'Arc de Triomphe de l'Etoile.
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de la page)
|
| SABES,
Henry |
| Statut
juridique avant 1794
: ? |
Fonction
en 1802
: Officier |
| Couleur
: Mulâtre |
Sachant
signer
: ? |
Henry
Sabès, mulâtre, commande la batterie républicaine, située entre la
Rivière des Pères et la Rivière aux Herbes, lorsque le 11 mai 1802,
il est attaqué et vaincu par les troupes de Richepance. |
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|
| SERIZAT,
Charles Catherin |
| Naissance
: 21 avril 1756, Lyon |
Décès
: 8 juin 1802, Pointe-à-Pitre |
| Statut
juridique avant 1794
: Blanc |
Fonction
en 1802
:Général de brigade |
| Couleur
: Blanc |
Sachant
signer
: |
Il est soldat et corsaire sous l'Ancien Régime. Il est nommé général
en chef de l'armée de Guadeloupe, le 4 décembre 1801. Il s'empare
de Marie-Galante, le 13 février 1802. Il participe à la campagne de
mai 1802 contre Delgrès. Parti de Pointe-à-Pitre, le 11 mai 1802,
il fait sa jonction avec le chef de bataillon Merlen, au Palmiste,
le 13 mai 1802, puis avec le général Gobert, le 14 mai 1802.
Lors du siège du fort Saint-Charles du 14 au 22 mai, il est chargé
d'empêcher les troupes rebelles des camps de Dolé et du Matouba de
perturber la construction d'une tranchée et la mise en place de batterie
d'artillerie. Le 18 mai, les troupes qui sont sous commandement repoussent
les assauts de Palerme sur l'habitation Legret (L'Espérance) et ceux
d'autres rebelles sur l'habitation Ducharmoy. |
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|
| SOLITUDE |
| Naissance
: ? |
Décès
: 29 novembre 1802 ? |
| Statut
juridique avant 1794
: ? |
Fonction
en 1802
: ? |
| Couleur
: Mulâtresse |
Sachant
signer
: ? |
| Le personnage
décrit dans l'ouvrage de Schwartz-Bart est romanesque et ne correspond
pas à la réalité historique. C'est un témoignage oral transmis à l'historien
Lacour qui nous permet de connaître l'existence de cette mulâtresse.
Nous ignorons s'il s'agit d'une esclave ou d'une libre de couleur.
Si l'on en croit Lacour, elle serait venue de Pointe-à-Pitre rejoindre
les rebelles. Elle est dans le camp de Palerme, lorsque celui-ci est
attaqué par le général Gobert, le 23 mai 1802. Faite prisonnière,
elle est enceinte. Condamnée à mort, elle est suppliciée après la
naissance de son enfant, le 29 novembre 1802. |
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| TOTO,
Marthe Rose (dite TOTO) |
| Naissance
: vers 1762, La Soufrière (Sainte-Lucie) |
Décès
: 2 octobre 1802, Basse-Terre |
| Statut
juridique avant 1794
: Libre de couleur |
Fonction
en 1802
: ? |
| Couleur
: Mulâtresse |
Sachant
signer
: ? |
Marthe Rose dite Toto est considérée, selon Lacour, comme la compagne
de Delgrès. Elle est condamnée à mort le 2 octobre 1802 pour avoir
pris part activement à la rébellion et s'être retirée au fort Saint-Charles,
où elle aurait excité les Noirs à fusiller divers Blancs qui y étaient
détenus. |
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