| Répertoire
théâtral antillais |
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| Frantz
SUCCAB (Guadeloupe) |
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Biographie |
Frantz Succab fait partie d’une génération
pour qui l’écriture est d’abord un outil de combat,
destiné à former une opinion publique. Ses premiers
écrits sont donc des articles militants (1969-1980) et des
poèmes en langue créole. Il se dit de « la génération
Sonny Rupaire. »
Peu à peu, par le style et l’intention, il se détache
du stéréotype propagandiste pour suivre une démarche
plus personnelle et plus libre. Journaliste à l’hebdomadaire
satirique Le Mot phrasé, auteur de chansons pour Jacqueline
Etienne (Prix « découverte » de la SACEM en 2001)
et Swanha Desvarieux (prix d’interprétation SACEM 2005),
il écrit aussi pour le théâtre : après
« Trois voix pour un dilemme » (création en 1998
au Ciné Théâtre du Lamentin dans une mise en
scène de José Jernidier) et « D’isidans’
», lue publiquement dans le cadre de Textes en Paroles 2003,
ses deux derniers textes ont été sélectionnés
par Textes en Paroles « Conte à mourir debout »
et « Le mouroir aux alouettes ».
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Bibliographie |
- Trois voix pour un dilemme, 1998
- D’isidans’,2003
- Conte à mourir debout, 2005
-Le mouroir aux alouettes, 2006
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Pièces
de théâtre :
| D’isidans |
Création |
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Langue |
Français |
Edition |
Manuscrit |
Lieu
de l'action |
Mis en lecture en 2003 lors de la manifestation Textes en Paroles |
Synopsis |
« A l’heure où tout le monde
tente de recouvrer la mémoire, je n’ai pas envie
de troubler le travail des historiens.
A travers deux personnages en un, je tente de livrer notre dualité,
notre ambivalence : des mots et leur écho qui, à
travers le chant, tente de conduire les mots plus loin que les
mots. Une approche subjective d’une histoire qu’on
pourrait reconstituer comme un puzzle, avec des phobies, des émotions,
des réminiscences, des questionnements.
Une femme se laisse emporter par ses propres mots, ses désirs
enfouis, ses blessures ouvertes. Elle se construit ses mythes
et ses héros. Son histoire est un divan d’où
elle laisse parler son âme à deux voix. » (Frantz
Succab)
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| Conte
à mourir debout |
Création |
Juillet
1976, tournée communale en Martinique avec la compagnie l'Existence |
Langue |
Français
et créole |
Edition |
Manuscrit |
Metteur
en scène |
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Synopsis |
Roberval, le grand tanbouyé, sait qu’il
va mourir et qu’avec lui basculera dans l’au-delà
tout un pan de la tradition : sa femme Bertilia partage ses derniers
moments, amis et voisins évoquent sa mémoire, avec
l’aide d’un Chroniqueur (animateur de radio) venu
enquêter sur le personnage.
La pièce repose l'idée suivante : on ne sait
jamais si Roberval est encore vivant ou déjà mort.
Surtout pas de scène d’agonie, ce serait trop simple,
mais voilà le passage entre vie et mort indiscernable,
recouvert par la rumeur, les bruits qui courent, les racontars,
les histoires, bref la parole qui vit. Relayée par ce
chroniqueur, dont on ne sait pas trop s’il est le fossoyeur
de la tradition ou sa seule chance de resurgir un jour. Peut-être
qu’il court encore, le mort debout.
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Le
mouroir aux alouettes |
Création |
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Langue |
Français et Créole |
Edition |
manuscrit |
Metteur
en scène |
« Tu as déjà accompli le nombre
de pas que tu devais sur la terre…Ouais…Afòs
di adyé pou lé tanbouyé, pou lé maléré
é dyab é sé kòn, ou obliyé
té ni on adyé ki té ja la pou’w. ».
Tel est le thème que Jomo, vieux comédien, ressasse
en se remémorant ses tirades préférées.
Il est dans une maison privée de convalescence accueillant
des gens aisés du 3ème âge. Il joue, par habitude
ou autoprotection, ou pour faire passer le temps. Autour de lui,
deux autres pensionnaires, M. De Mesdeuil, un blanc créole
issu ex-patron, ancien camarade de lycée perdu de vue pendant
longtemps, Man Delira, qui dans une autre vie fut sage-femme.
L’infirmière Séréna fait l’interface
entre tous, regard professionnel coutumier des fins de vie, générosité,
bon sens, et certainement des douleurs intimes. Le cabotinage
de Jomo suscite dans son entourage un constant jeu de rôles.
Chacun voile ou dévoile sa vérité.
L’arrivée impromptue de King DJ un jeune rappeur-toaster,
venu demander au vieux comédien des conseils artistiques,
va précipiter les contradictions. Dès lors, Jomo
évolue entre les autres personnages, singulièrement
De Mesdeuil, au fil des problématiques qu’il provoque
: Est-on sincère ? Déguise-t-on des vérités
trop douloureuses ? Jusqu’à quel point cherche-t-on
à justifier son destin? Le contexte dramatique conditionne
tous les retournements et les remises en questions : la mort arrive,
on sait quand, ni qui sera le premier à partir.
Tous tentent de dévider le fils emmêlés du
passé. Tous, à l’exception du jeune King DJ,
qui a traversé la scène comme une comète,
le champ de l’avenir lui étant ouvert, et Man Délira,
atteinte de la maladie d’Alzheimer, la maladie de l’oubli
ou de l’effacement, qui survit seule, conversant avec les
ombres, indifférente au temps qui passe… Autant de
malentendus, de ratages, de rendez-vous manqués d’un
pays qui se cherche.
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