Espace Musique Chano Pozo - Médiathèque Caraïbe

Sommaire du Répertoire

Discographie sélective de la musique haïtienne
(rassemblée à partir du fonds discographique de la Médiathèque Caraïbe,
à l'occasion de la journée "Mieux Connaître Haïti" organisée en partenariat avec le coreca, le 27 mars 2010 à LAMECA)

Sélection et notes : Gustav Michaux-Vignes
cote LAMECA : 25


Extraits musicaux (fonds LAMECA)____

01 Dessalinienne (hymne national d’Haïti / jazz)
02 Minouch (cadence-rampa / jazz)
Alix « Buyu » Ambroise (Blues in Red, 2004)
Alix "Buyu" Ambroise est saxophoniste, haïtien et new-yorkais. Fort d'une solide formation de jazz, il réinterprète avec son sextet le répertoire musical vodou et populaire haïtien dans des arrangements très jazz contemporain.
Cet album est également sa contribution à la célébration du bicentenaire de l'indépendance d'Haïti.
Ici, après une interprétation harmonisée jazz de l’hymne national d’Haïti, « La Dessalinienne », il reprend « Minouch », morceau composé par le père de la cadence-rampa, Wéber Sicot, saxophoniste alto comme lui-même.

03 Papa Loko
Toto Bissainthe (Chante Haïti, 1977)
Figure tutélaire de la chanson haïtienne, Toto Bissainthe EST Haïti, tout comme sa grande sœur en musique, Martha Jean-Claude, qui elle aussi a dû se résoudre à l’exil. Elle a développé une esthétique musicale unique, fécondée par l’héritage populaire et ancestral du répertoire musical et symbolique vodou.
Loko est le père de tous les prêtres du vodou (oungan et mambo). Le nom Loko proviendrait d’Iroko (le fromager, l’arbre sacré) d’où l’étroite relation de Papa Loko avec les arbres et les feuilles.

04 Nibo (méringue de carnaval)
Ludovic Lamothe (Lomax in Haïti, 1937)
Cette œuvre pour piano est interprétée par l’haïtien Ludovic Lamothe, son auteur, à Port-au-Prince le 20 décembre 1936. C’est Alan Lomax qui procède à l’enregistrement à l’occasion de la campagne de collecte musicale qu’il effectue en Haïti de 1936 à 1937.
Ludovic Lamothe, tête de file du courant de mizik savant, est issu d’une famille bourgeoise de Port-au-Prince très versée dans l’art. Sa démarche artistique est dans le sillage du mouvement indigéniste des années 1930 haïtiennes qui valorise la culture populaire afro-haïtienne. Musicalement cela se traduit par la rencontre des expressions culturelles afro-haïtiennes du monde rural et de la culture populaire et classique des villes.
« Nibo » est élue meilleure méringue de carnaval de 1934, l’année où les américains quittent Haïti. La pièce fait référence au lwa Gédé Nibo, maitre des tombes et de la frontière entre la vie et la mort.

05 Kè’m pa soté (mizik rasin)
Boukman Ekspéryans (Vodou Adjae, 1991)
A la fin des années 1980, les groupes Boukman Ekspéryans, Foula et Sanba-yo sont les fers de lance d’un nouveau genre musical appelé Mizik rasin, au confluent du rock et des musiques vodou. Celui-ci se caractérise par un fort réinvestissement de l’identité afro-haïtienne et par une posture contestatrice, au moment de la chute des Duvalier.
Le rara « Kè’m pa soté », composé pour le carnaval de 1990 dénonce la campagne de répression contre l’opposition annoncée en janvier de la même année par le président du moment, le général Prosper Avril. La chanson sera censurée, ce qui ne l’empêchera pas d’être un énorme tube.

06 Le chant de liberté
Beethova Obas (Le chant de liberté, 1990)
Premier morceau du premier album de Beethova Obas. Toute l’ambition de son programme artistique est annoncée, jamais démentie jusque là : une liberté de ton et une liberté musicale qui font de lui l’un des plus grands paroliers et compositeurs contemporains d’Haïti. On retrouve dans les chœurs notre Chantale Laurent nationale.

07 Kadia Bossou (vodou)
Pierre Cheriza (Les 101 Nations du Vodou, 2004)
Maitre tambour et prêtre vodou (Oungan) de 5ème génération, Pierre Chériza Fénélus arrive en France en 1964 comme percussionniste de la pièce d’Aimée Césaire « La Tragédie du Roi Christophe ». Après une longue carrière internationale comme enseignant influent et musicien de scène, il retourne en Haïti en 1990. Parmi les nombreux percussionnistes qu’il a formés, on peut citer le guadeloupéen Christian Nicolas.
Ici il chante pour Bossou, représenté sous les traits d’un taureau, symbole de la force.

08 Coumbite (Suite n°1 )

Frantz Casseus (Haitian dances, 1954)
Frantz Casseus appartient à cette grande tradition haïtienne de compositeurs de formation classique qui adaptent ou intègrent à leurs œuvres le répertoire musical traditionnel d’Haïti. Ici un des mouvements (Coumbite) de sa prestigieuse Suite n°1 pour guitare élaborée à partir de la structure mélodique et rythmique de la musique vodou.

09 Coumbite (Mèsi Bon Dyé)
David Walters (Awa , 2006)
Le martinico-sainte-lucien reprend ici un thème de la Suite n°1 de Frantz Casseus dans son style electro/folk/hip-hop si caractéristique.

10 Mwen pa ka Lagé 'w
Emeline Michel (Reine de Coeur, 2007)
Martha Jean-Claude et Toto Bissainthe ne sont plus, mais Haïti a encore une diva : Emeline Michel, auteur-compositeur- interprète. Ici un extrait de son neuvième album, conçu entre l’Afrique et Haïti avec 35 musiciens de tous les horizons. Dans « Mwen pa ka Lagé 'w » elle chante le patriotisme eternel pour Haïti.

11 An lakou la
Krèy (A la rèpriz, 2005)
Les guadeloupéens du groupe Krèy, fins musiciens de gwoka, sont dans une démarche musicale résolument ouverte. Ici ils reprennent un standard ternaire du répertoire vodou qu’ils associent aux rythmes de gwoka woulé et menndé.

12 Adieu Madras (méringue)
Amos Coulanges (Fresques Caraïbes, 1998)
Amos Coulanges est né à Port-au-Prince en 1954, la même année où Frantz Casseus enregistre sa Suite n°1 pour guitare. Fort d’une solide formation classique, il assure la continuité et s’inscrit dans la lignée des grands compositeurs du continent américain comme le cubain Leo Brouwer ou le brésilien Heitor Villa-Lobos.
Ici, en clin d’œil aux Antilles Françaises, il reprend un de nos classiques sous forme de variations dans un style méringue.

13 A tiou pou tiou (cadence-rampa)
Michel Desgrottes (Maestro Michel Desgrottes, 2008)
Auteur, compositeur, arrangeur, multi-instrumentiste et chef d’orchestre, l’haïtien Michel Desgrottes a marqué de sa présence la vie musicale des Antilles Françaises de la fin des années 1960. Ses œuvres phonographiques ont été principalement interprétées par son compatriote Emile Volel. Il a également composé pour les orchestres Fairness Junior et Maxel’s.
(échange avec le discographe guadeloupéen Jean-Pierre Takour)

14 Jeannette (méringue)
Fabre Duroseau (Haitian Piano, 1952)
Fabre Duroseau, digne successeur de son père le compositeur et chef d’orchestre Lyncee Duroseau, suivra une formation musicale classique comme la plupart de ses neuf frères et sœurs. Dans cet album, il interprète au piano quelques-unes des très nombreuses méringues composées par ses frères et lui-même. Ici, Jeannette, une méringue de salon (la forme la plus lente des trois types de méringues haïtiennes) composée par Antoine Duroseau.

15 Simbi Dlo (vodou-djaz)
Frisner Augustin & la troupe Makandal (The drums of Vodou, 1994)
Dans la pure tradition musicale vodou-djaz des années 40, le maitre tambourinaire Frisner Augustin reprend ici un chant pour simbi dlo (lwa des eaux douces) sur le rythme vodou yanvalou (rite rada).

16 Jako Tolokotok (chanson pour enfant)
Mimi Barthélémy (Dis-moi des chansons d’Haïti, 2007)
Mimi Barthélémy est une grande figure du conte haïtien qu’elle partage avec le monde grâce à son remarquable travail d’adaptation sur scène et dans les livres. Accompagnée de son complice, le guitariste saint-claudien (Guadeloupe) Serge Tamas, elle interprète ici une très ancienne chanson haïtienne qui n’est destinée aux enfants qu’en apparence !

17 Déblozay
Bélo (Référence, 2008)
Une voix cassée avec ce qu’il faut de chaleur, servant une musique au croisement de la soul, du folk, du jazz et du dancehall/reggae, Bélo chante en créole, l’homme, son pays Haïti et un impératif de l’espoir. Petit frère en musique de Wyclef Jean, né comme lui à Croix des Bouquets (Haïti).

18 Palé’m mal (mizik rasin)
RAM (Aïbobo, 1996)
Fidèle et permanente figure du mouvement musical Mizik rasin, RAM se produit régulièrement à l’hôtel Olofsson de Port-au-Prince, propriété de son leader Richard Morse. Ici, le rythme vodou mayi (rite rada) structure les arrangements modernes d’un chant traditionnel vodou.

19 28 décembre 1977 (hip-hop)
Kery James (Si c’était à refaire, 2002)
Ce franco-haïtien né aux Abymes le 28 décembre 1977 est une figure majeure du rap hexagonal. Ce beau récit en forme d’autobiographie commence aux Abymes et s’arrête avec l’islam, qui lui a évité de plonger définitivement dans les abîmes.

20 Twa fèy (méringue)
Ti-Coca (Haïti, 1999)
Sémillant représentant contemporain de la musique troubadou, Ti-Coca adapte ici en méringue lente un standard du vodou hommage au lwa Agwé, dieu de la mer.

21 Alyenkat (chanson engagée)
Manno Charlemagne (Konviksyon, 1984)
Chantre haïtien de la chanson contestataire et engagée, c’est en 1978 que Manno Charlemagne arrive audacieusement sur la scène musicale haïtienne, en plein régime Duvalier. Le titre « Alyenkat » (alien card = carte de séjour) est un brulot anti-impérialiste efficace tout en humour.

22 Graj Toussaint Louverture
Franck Nicolas (Jazz Ka Philosophy, 2006)
Quatre de nos meilleurs jazzmen (Alain Jean-Marie, Magic Malik, Jacques Schwarz-Bart et Franck Nicolas) s’unissent pour tirer en musique le portrait des héros de la Caraïbe francophone. Joby Julienne et Sonny Troupé sont de la partie tout en jazz-ka.

23 Choukoun

Carlton Rara (Peyi Blue, 2008)
Ce jeune franco-haïtien percussionniste, auteur-compositeur, frotte les rythmes vodou à ses diverses influences musicales. Ici, il revisite ce classique de la fin du 19ème siècle haïtien. Le saint-claudien (Guadeloupe) Serge Tamas l’accompagne à la guitare.

24 Rouj é Bleu (hip-hop)
Wyclef Jean (Carnival II: Memoirs of an Immigrant, 2007)
La star internationale du hip-hop, tout à la fois haïtien et new-yorkais, signe là un chant d’amour pour le drapeau haïtien sur fond d’indignation face aux épreuves que traverse son peuple. Ce passage est extrait du titre « Touch Your Button Carnival Jam ».

25 Maroulé
Grupo Vocal Desandann (Descendants, 1999)
Issue de la tradition cubaine des chorales profanes, cette formation de l’Oriente cubain est exclusivement composée de descendants d’Haïtiens. Ils proclament en chanson la fierté de leur héritage.

26 Haïti
Alain Jean-Marie (Biguine reflections Délirio, 2000)
Haïti pensée en musique par un maitre guadeloupéen du piano jazz créole.

27 Haïti
28 Koudlo

Melissa Laveaux (Camphor and Copper, 2008)
Née à Montréal de parents haïtiens, cette jeune chanteuse et guitariste a grandi à Ottawa l’anglophone. Sa musique, aux couleurs plutôt folk, se chante en anglais, français et… créole avec « Koudlo » qui remporte à Ottawa en 2006 le prix Songs From the Heart.

29 Accolade (compas-direct)
Bossa Combo (Accolade, 1978)
C’est avec cet album que Bossa Combo se fait connaître en Guadeloupe. Le succès est immédiat !
Avec le titre « Accolade », le groupe inaugure aux Antilles la mode des medleys. Tous les orchestres mettent à leur répertoire un medley de leur composition (La Perfecta, Les Aiglons, Skah Shah…).
Véritable chant d’amour à l’excellence du compas-direct, le titre « Accolade » reprend les tubes majeurs du genre de la fin des années 1970 (« Palé Palé’w » de DP Express, « Sara » des Loups Noirs, « Arété » des Frères Déjean, « Fanm Kolokent » de Coupé Cloué, « Anba Anba » de Tabou Combo…).
(échange avec le discographe guadeloupéen Jean-Pierre Takour)

30 Pa sispann révé (hip-hop)
Barikad Crew (Jiskobou, 2008)
Le groupe de hip-hop le plus populaire d’Haïti. Fondé en 2002, il connaît une ascension fulgurante. Toute la jeunesse se reconnaît dans leur texte qui dépeint fidèlement la réalité, entre révolte, espoir et parfois impuissance.
En juin 2008, il perd quatre de ses membres dans un terrible accident de voiture à Port-au-Prince. Mais le groupe se redresse fièrement avec la sortie de leur 2ème album « Jiskobou ».

31 Tanbou Guinen
Dominik Coco (Lakou Zaboka Project, 2003)
La musique du saintannais (Guadeloupe) Dominik Coco, est dans sa démarche très voisine de la mizik rasin haïtienne. Ici, le clin d’œil musical à Haïti prend la forme d’un rara.

32 Yo vin gadé'm pou yo pòté'm alé (rara)
Rara La Belle Fraîcheur de l’Anglade (cd-audio accompagnant l'ouvrage d'Elizabeth A. McAlister, Rara ! Vodou, Power, and Performance in Haiti and Its Diaspora, 1992)
Rara désigne la musique et le groupe de personnes qui la joue, la chante et la danse dans les rues et les carrefours en période de carême. Parce que célébrant les ancêtres et les dieux, le chercheur Gage Averill définit le rara comme du vodou en mouvement.
Ici on apprécie la forme responsoriale du chant et le jeu en hoquet des trompes (vaksin), propre à la musique rara.

Sommaire du Répertoire

www.lameca.info
Accueil www.lameca.org

 

 

www.lameca.info